Le ciel change sans cesse.

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Le film débute comme un cliché de carte postale : un couple parti en road-trip dans le grand ouest américain, on pense tout de suite à l’évasion où se mêle liberté et bonheur. Les apparences sont trompeuses, la caméra se rapproche au plus près du couple qui mène une vie confortable mais qui recèle un secret. Une scène explose et Romy (Diane Kruger) quitte violemment son mari, décidé à laisser parler son instinct après l’avoir longtemps ignoré. De là elle entame un road movie comme cheminement existentiel, un lâcher prise dans un complet dénuement.

Utopie naïve vs utopie optimiste.

Certains verront là une utopie naïve peut-être par cynisme ou manque de regard, tandis que ceux qui sauront voir le film y verront une utopie optimiste portée par la foi en son récit de reconstruction.
Le récit cherche en permanence à trouver un rayon de lumière au cœur des situations les plus brutales ou désespérées.

Splendeur d’image.

Une réalisation au plus près des visages et des corps confrontés à l’immensité de l’espace, alternant entre gros plans sur les protagonistes et séquences larges permettant aux décors infinis de s’imposer à l’écran. La caméra suit les personnages de près afin de distiller leurs états d’âmes, sentiments et réactions. Des sourires perdus et des regards déterminés de l’actrice emmènent le film avec une empathie communicative.
La photographie en lumière naturelle donne au long métrage son identité formelle pleine de sincérité.

Touchant et authentique

En parallèle, l’histoire qu’elle raconte, servie par une musique impeccable et envoûtante, permet d’aborder de nombreuses thématiques fortes, comme le couple, l’amour, le respect de la nature, la maternité, les traditions anciennes et la quête de liberté.

De plus Fabienne Bertaud se distingue dans cette peinture de la société américaine actuelle. Les relations entre les individus, la crise économique qui frappe le pays, l’immensité et le vide des espaces, la marchandisation à outrance et les rêves. "Une extraction des archétypes par l’exploitation des grands espaces californiens aux décors si cinénégiques."

Troisième long métrage de Fabienne Berthaud qui continue son approche intimiste sur la thématique de la renaissance de femmes brisées.
Elle a mêlé les influences (auteurs américains Cormac McCarthy ou Jim Harrison).

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