"Solo", un "Nouvel espoir" pour les Star Wars Stories !!!

Avis sur Solo : A Star Wars Story

Avatar L_Otaku_Sensei
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Les critiques ne sont pas tendres avec les Star Wars de la « 3ème génération » débutée depuis fin 2015 ; pourtant, force est de constater que les nouveaux films de la franchise ont beau être majoritairement descendus en masse, cela ne les empêche pas de cartonner comme jamais, il n’y a qu’à voir les 1 333 000 000 de dollars encore rapportés par l’épisode VIII, « Les derniers Jedi » il y a quelques mois pour s’en convaincre. Plus que jamais aujourd’hui depuis le rachat du LucasFilm par Disney en 2012, « Star Wars » n’est plus une saga cinématographique mais un véritable empire marketing à lui tout seul dépassant les frontières du cinéma pour céder au côté obscur du succès et sombrer dans des motivations animées bien évidemment par un objectif lucratif avant tout. En parallèle, Disney et LucasFilm, en plus d’envisager la Postlogie (VII/VIII/IX) décidèrent de tenter le spin off. Là encore, les fans mordirent à l’hameçon en décembre 2016 avec la 1ère « Star Wars story », « Rogue One » sur la lutte du commando Rebel, le film ne manqua pas de finir 2ème au box-office mondial de l’année avec encore 1 milliards 56 millions de dollars ajoutés à la cagnotte (derrière « Capitaine America : Civil War ») ! 3 films et 3 films au-dessus du milliard, plus rien n’arrête « Star Wars » et son bulldozer plus en….Force que jamais ^^. Evidemment, le combo Disney/LucasFilm marchant du tonnerre, plus question de se contenter du magot, on relance les dés et on redistribue les cartes pour une nouvelle partie ! C’est donc avec la venue d’un 4ème film dans la troisième génération que l’Empire SW continue de contre-attaquer ! Fort du succès de « Rogue One », on remet ça avec une deuxième « Star Wars Story », le retour du spin off, et cette fois, sur l’un des personnages les plus emblématiques qui a volé le cœur des fans, le plus grand escroc play-boy de la galaxie : Han Solo !
Bon, « Solo : A Star Wars Story », 4ème film de la Troisième Génération de SW, deuxième spin off de la saga culte initiée par G.Lucas en 1977, fut d’abord confié à Phil Lord et Chris Miller (« 21/22 Jump Street », « La Grande Aventure Lego » en 2014) avant de passer entre les mains de Ron Howard, connu pour des films comme le célèbre film fantastique familial « Willow » (1988), des films avec notamment Chris « Thor » Hemsworth comme « Rush » (2013), « Au cœur de l’océan (2015) et avec Tom Hanks dans « Da Vinci Code » en 2006 et dernièrement le Thriller américain « Inferno » en 2016 .
L’histoire nous entraîne dans la jeunesse d’Han Solo, bien avant les événements d’ « Un Nouvel Espoir » et de sa rencontre avec Luke et Obi-Wan sur Tatooine.

Né sur une planète malfamée du nom de Correlia, repaire de voleurs grouillant de criminels et, ou les ressources étaient contrôlées par Lady Proxima, Han est une jeune tête brûlée qui passe son temps à voler. Lui et son amie Qi’Ra aspirent à s’enfuir de leur planète miséreuse mais lorsque les deux amants passent à l’action, Qi’ra est malheureusement attrapée pendant leur fuite par les Storm-Trooper et Han est contraint de s’enfuir seul, laissant son amie sur Correlia. Bien décidé à revenir la chercher un jour, Han s’inscrit à l’école de pilotage…de laquelle il ne manquera pas d’être bien vite renvoyé pour insubordination. Le jeune Solo se retrouve alors dans l’armée. Lorsque son chemin sur le champ de bataille croise celui d’un groupe de contrebandiers mené par Tobias Beckett, Han Solo s’engage alors dans le coup, prêt à tout pour devenir un pilote hors pair et parvenir sauver Qi’Ra sur Correlia. Dans sa quête, Han rencontrera Chewbacca, un wookie qui deviendra son futur copilote, et Lando Calrissian, escroc charmeur, possesseur de l’imposant vaisseau…le « Faucon Millenium ». A travers ce voyage dans la galaxie, Han apprendra ce que signifie être un héros qu’il y a des causes pour lesquelles il vaut le coup de se battre.
Han réussira-t-il à retourner sur Correlia pour sauver son amie ? Ou le mènera ce voyage à bord du faucon millenium ? Et surtout, quel est donc cet étrange groupe que l’on appelle « L’Aube écarlate » ? Pourquoi semblent-ils chercher la même chose que Beckett ?

Voilà pour le pitch global.
Verdict : Présenté hors compétition lors du dernier Festival de Cannes, il a fallu revoir ses attentes à la baisse au vu de la moyenne presque désastreuse du film de 2,3/5 par la Presse sur Allociné (un peu remontée maintenant). Personnellement, je déplore très fortement l’impopularité de la nouvelle trilogie qui pourtant a à mon sens peu de choses à envier aux deux autres. Après ça, autant je suis à fond dans la Postlogie, autant les spin-off de Star Wars m’excitent beaucoup moins. Ayant certes bien aimé « Rogue One » mais qui selon moi (c’est-à-dire THE minorité) reste le moins « Star Wars » des Star Wars, pour « Solo » c’était pas la méga grosse hype comme pour les 7 et 8 mais avant tout une curiosité de voir s’étendre la mythologie SW et d’explorer les « origins » d’Han Solo (avec quand même une envie de le revoir après sa disparition dans le VII ^^). Et donc « Solo », qu’est –ce que ça vaut réellement ? Eh ben franchement pas mal du tout en fait…même carrément une très bonne surprise si j’ose dire ! Très très agréablement surpris par cette deuxième « Star Wars Story » ; pas le cheval le plus côté, je ne misais pas dessus ma ça a la surprise de n’en être que plus agréable ! Franchement ce nouveau « Star Wars » a de l’allure, il a même fière allure. Alors là, faut m’expliquer pourquoi toutes ces mauvaises ondes à son encontre car le film n’est surement pas honteux. A mes yeux il s’agit même là du deuxième meilleur Star Wars qu’on ait eu avec « Le Réveil de la Force » (2015), je place même ce « Solo » au-dessus des « Derniers Jedi » !
« Solo » est au-dessus des derniers « Star Wars », je l’affirme. Pourquoi ? Eh bien parce que ce spin off de SW ose avec beaucoup de cran se distancer du Space Opéra pour pratiquement devenir un…Western !! Lorsque Star Wars rencontre les bon vieux Western de John Ford des années 40-50, les Westerns avec Clint Eastwood des années 60 avec un esprit Disneyien assez proche de « La Planète au Trésor » (2002), ça donne une « Star Wars Story » bien palpitante !! Malgré une production très chaotique et le départ du duo Lord/Miller, le réalisateur de « Da Vinci Code » a su chausser ses bottes et reprendre les rênes de la diligence en évitant tous les cactus sur son chemin !
« Solo Bravo » possède donc un scénario surprenant car narrativement le film est habilement pensé à la fois entre les codes du Western et ceux du Space Opéra et la fusion des deux genres rend le tout extrêmement succulent ! Les 2 genres coexistent et se complètent sans se battre, le film ne souffre aucunement d’une « schizophrénie » de genre ! Le plus incroyable étant qu’en s’écartant du Space Opéra, Howard a prit un très gros risque, celui de ne plus ressembler du tout à un Star Wars…et pourtant, « …Et pour quelques bombonnes de Coaxtium de plus » se trouve être à mon sens le plus « Star Wars » des SW des années 2010 ! Le paradoxe génial qui s’opère c’est que Ron Howard a réussi à récupérer l’essence de SW, l’esprit le plus « Lucasien » parmi les 4 films sortis depuis l’épisode VII…en s’écartant des traits standards de Star Wars. « Le Faucon Millenium sifflera trois fois » est donc un Star Wars contre-standard, il a des traits pourtant hors du registre conventionnel de Star Wars mais permet de retrouver une fraîcheur familière bienvenue ! Mieux prendre ses distances pour saisir l’essentiel, capter l’âme/l’essence, Howard a très bien joué ses cartes !
Pensé comme les bons vieux Westerns de la Warner, « Règlement de comptes à Kessel Corral » est un Space Opéra scénarisé et découpé comme un Western. Le film obéit à des canons scénaristiques classiques du genre du film de Cowboy donc en aucun cas il n’apporte une touche de neuf mais là ou « La Belle, le Bandit et le Wookie » réussi c’est dans sa manière de sublimer du cliché. On est dans le déjà vu, dans le conventionnel avec peu de surprises…mais il s’agit d’un conventionnalisme stylisé au moyen d’échelles de plans et de photographies typiques aux couleurs chaudes jaune-orange arides empruntés aux Westerns.

L’attaque du train transportant du coaxtium, par la troupe menée par Beckett au début est clairement un hommage au genre, la rencontre entre Han et Lando dans une partie de poker fait très « saloon », et sans oublier le recours à l’insert sur le gun laser de Solo face aux sbires de l’aube écarlate à la fin nous immerge totalement dans un Western à la Ford ou à la John Sturges.

On ressent vraiment un amour du réalisateur porté aux Westerns de la Warner/MGM. Ron Howard a vraiment su nous transmettre, à nous faire parvenir son intention esthétique qui émane à tout instant de cette « Star Wars Story ». En soit, malgré une histoire peu recherchée (que la transposition des codes du Western dans le Space Opéra ne peut malheureusement dissimuler tout entière), il est vrai que « Solo » possède peu de péripéties finalement mais si elles sont peu, c’est une stratégie pour gagner du temps et arriver à toutes les développer en 2h15. On peut aussi souligner la séquence dans

Les mines de Kessel avec la rébellion des droïdes menées par L3

Qui pourrait éventuellement se rapprocher d’un mini clin d’œil (dissimulé sous l’humour) aux films de propagande Russes de Serguei Eisenstein comme « La Grève » (1925) ou « Le Cuirassé Potemkine » (1926).
Sans cesse alimenter de références documentés et de citations conscientes des classiques du Western (essentiellement « Fordien »), côté personnages, ceux de « Solo » répondent à une logique fonctionnelle de cahier des charges

(en témoigne ceux de Val et de Rio qui sont expédiés du récit juste après la séquence de l’attaque du train),

néanmoins le jeu est investi (hormis une Emilia Clarke, la Sarah Connor de « T.Genisys », à la prestation trop « timide et sage » dans le groupe). Mission quasi impossible d’égaler Harrison « Indiana Jones » Ford en charisme et même si Alden Ehrenreich, du haut de ses 28 ans, arrive à être incroyablement à l’aise et convaincant en tant que relève dans la peau du personnage culte. Grâce à son jeu d’acteur et sa forme juvénile, l’acteur offre une seconde jeunesse au partenaire de Chewbacca et nous permet même de (re)découvrir une facette presque de dandy chez Han Solo qui devient un « kid » au révolver avec une petite classe naissante façon Clint et son pancho dans « Pour une poignée de dollars » (1964) et « …Et pour quelques dollars de plus » (1965) avec un côté beau gosse un peu à la Errol Flynn (acteur connu pour avoir joué chez Michael Curtiz dans « Robin des Bois » en 1938 ou encore « Capitaine Blood » en 1939). Déjà vu chez Woody Allen dans « Blue Jasmine » (2013) et chez les Frères Coen dans « Avé César » en 2016, Ehrenreich avec le temps qui sait, pourrait bien réellement devenir un nouvel Harrison Ford (même si pour le moment cette place reviendrait plus à Chris Pratt pour moi ^^). Sinon, QUEL PLAISIR que de voir Woody Harrelson dans un Star Wars !! Après avoir été l’antagoniste du dernier volet de la trilogie « La Planète des Singes », « Suprématie » en 2017 face à Andy « César » Serkis, l’acteur d’ « Insaisissables » (2013) tout récemment vu dans le remarqué thriller policier dramatique « Three Billboards : les panneaux de la vengeance » (récompensé au Mostra de Venise et au Festival de Toronto entre autres) endosse ici le rôle du capitaine de l’escouade Tobias Beckett pour paraître presque comme un nouveau John Wayne ! Sans oublier bien sûr Donald Glover, extra dans le rôle du roublard Lando XD !
En conclusion, non je ne comprends absolument pas et n’approuve aucunement cette douche froide de critiques négatives que se prend le film. « Solo : A Star Wars Story » est un excellent Star Wars et un excellent spin off ; là ou « Rogue One », bien que l’angle film de Guerre était pas mal trouvé, m’avait plût mais juste « bien », cette deuxième SW Story se révèle être une très très bonne surprise. Ron Howard a fait le pari fou de se distancer des codes du Space Opéra et d’opter pour un « Western spatial ». En choisissant d’être contre standard, le réalisateur a su dégainer juste puisque jamais avant l’esprit Lucasien n’avait été aussi ressenti de nouveau ! J’ai toujours peur que la machine à billets Star Wars en fasse trop mais « Solo » me rassure beaucoup, il est « Un Nouvel Espoir » pour les Star Wars Stories !!!

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