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Somewhere par ngc111

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C'est peu dire que le dernier film de Sofia Coppola était attendu. Après un très bon Virgin Suicides, après le chef-d'œuvre Lost in Translation et après l'honnête et esthétique Marie-Antoinette, on attendait de Sofia Coppola une confirmation de son fabuleux talent et un film démontrant une nouvelle fois son originalité en tant que réalisatrice.
Mais à la vue de la bande annonce les premières craintes s'élevèrent : on y entr'apercevait des thèmes récurrents (l'ennui du personnage, la rencontre dans un lieu chic qui sort ce même homme de l'apathie...) et même quelques plans rappelant inévitablement Lost in Translation. Qu'en est-il après avoir vu le film entier ?

Pas la peine de jouer sur un faux suspense, Somewhere partage bien trop de points communs avec le deuxième film de Sofia Coppola pour ne pas lui jeter la pierre sur laquelle serait inscrit "manque d'inspiration". Sans parler de "copier/coller", il y a trop de récurrences, de ficelles réutilisées d'un film à l'autre pour ne pas faire la moue en se disant qu'on attendu tant d'années pour un résultat si quelconque.
Bob Harris, star de cinéma à l'ennui profond, est remplacé par un Stephen Dorff blasé et inerte ; lui aussi se trouve "coincé" dans un somptueux hôtel et lui aussi accumule les verres d'alcool (et les filles, petite nouveauté) ; lui aussi va voir débouler une fille avec qui il va partager des émotions et des moments forts.

La différence est que cette fille est sa fille ! Celle-ci est d'ailleurs merveilleusement incarnée par Elle Fanning, la véritable réussite de ce film.
Pour le reste on retrouve l'importance de la bande son, toujours cruciale dans les films de la jeune réalisatrice, mais avec des choix plus discutables et moins cohérents que dans ses autres créations ; mais le scénario atteint cette fois un vide total (mais est-ce dérangeant pour un film racontant un moment de vie ?) malheureusement pas aussi bien porté par les dialogues que d'habitude. Idem pour les personnages secondaires, ici peu ou mal traités. La femme, que l'on entend au téléphone, ne se révèle pas aussi bien exploitée que dans Lost in., de même que les conquêtes de Stephen, ses amis...

Alors inévitablement là où le second film de Sofia Coppola parlait (entre autres) de l'ennui en étant passionnant, Somewhere parle de l'ennui tout en devenant à son tour lassant. De rares scènes soulève l'intérêt (la fameuse scène de la piscine, le bruit de la Ferrari) mais ne suffisent pas à élever cette réalisation au rang de ses prédécesseurs.
En n'ayant pas voulu prendre de risques, en ayant voulu traité les même sujets qu'auparavant et de la même façon, Sofia Coppola s'est mesurée au jeu de la comparaison et a perdu un combat qu'il est bien difficile de gagner. Faire aussi bien voir mieux que Lost in Translation était une tâche sans doute insurmontable mais surtout bien inutile... à tel point que l'on cherche encore l'intérêt de cette seconde approche qui ne survit que grâce au jeu de sa jeune comédienne et à la complicité qu'elle affiche avec son partenaire à l'écran, ainsi qu'à la beauté fascinante de certains plans et du lieu de tournage.

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