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Le chemin parcouru par les personnages de Soul, empruntant divers sentiers à contre-courant et raccourcis dans l’espace-temps, constitue la transcription matérielle d’un cheminement spirituel qui doit, à terme, confronter l’être humain à sa condition de mortel en lui demandant tout simplement de s’interroger sur les raisons, sinon la raison, que le font vivre. Rarement le substrat philosophique du studio Pixar aura été aussi élémentaire et pourtant, par cette simplicité même, d’une extrême complexité puisqu’il faut non seulement proposer une réponse mais surtout la rendre accessible à un public familial qu’il convient de ne pas perdre en route ni démoraliser. Aussi le long métrage est-il une franche réussite, l’animation prenant en charge, avec beauté et précision, la théorie pour la convertir en action et en émotion ; les séquences semblent des lieux où se réalisent des expérimentations esthétiques qui s’offrent au spectateur comme des alliages de signes à décoder, des formes prénommées Michelle qui convoquent l’univers surréaliste de Pablo Picasso aux visions futuristes d’un âge industriel omnipotent (« le grand bazar général ») rappelant le Metropolis de Fritz Lang, sorti en 1927.

La structure très souple du film, sautant avec allégresse d’un espace-temps à l’autre, rejoue sur le plan de la narration l’improvisation de la musique jazz à partir d’un thème principal donné ; en résulte une pulvérisation d’instants esthétisés dont le caractère hétéroclite peut rebuter, mais qui, chacun à leur manière, s’empare d’un fragment humain et l’examine – la vocation, la filiation, la transmission face à l’égoïsme, l’aliénation de l’individu, son auto-dévalorisation. Soul résonne ainsi avec bon nombre d’œuvres issues du répertoire Pixar – les portes de Monsters, Inc., les petits personnages inspirés d’Inside Out – tout en faisant écho avec d’autres réalisations contemporaines : comment ne pas penser à La La Land lorsque le pianiste, à mesure qu’il est absorbé par la musique qu’il joue, disparaît peu à peu de la réalité pour accéder à une zone intermédiaire, sublimement éclairée, fantasmatique ?

Nous ressortons de Soul avec l’envie de nous asseoir au piano pour, à notre tour, méditer sur le sens à donner à l’existence humaine ; une méditation qui prend ici la forme d’un conte initiatique doux et calme, ce qui est appréciable en ces temps d’effervescence épileptique ; une invitation au décentrement de soi afin de laisser entrer l’autre dans nos vies.

Fêtons_le_cinéma
8

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