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Avis sur Sous X

Avatar François Rozel
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Alors pour commencer je voudrais cité quelque chose qui n'est pas de moi, qui vous en dira un peu plus sur cette oeuvre : "Jean-Michel Correia est né à Paris, dans le XIVe arrondissement, le 2 avril 1964. Sa mère l’a abandonné à la naissance. Trente-cinq ans après, il a fait des démarches pour savoir qui étaient ses géniteurs et s’est heurté aux lenteurs de l’administration. Il a appris que son père aimait la boxe, était antillais, et c’est tout. Puis il a reçu un coup de fil, des mois plus tard. "Nous avons fait part à votre génitrice de votre démarche, mais elle refuse que nous vous communiquions des renseignements la concernant."

Maintenant que vous savez ça, vous pouvez commencez à entrevoir un peu de ce que le réalisateur a mis dans ce film. Mais au-delà de cette intrigue auto-biographique, et du film de genre efficace, assez bien mené (qu'on peut qualifier de film de "Banlieue" ou film de "Cité" descendant du Film de Gangster et du Film Noir) ; Ce que j'ai vu pendant ces quelques 1h30... c'est une oeuvre qui respire, qui transpire, qui rit, qui hurle de sincérité. Sous X a une âme. Ce cri que pousse le personnage principal à un moment sur un balcon : " LIBERTÉÉÉ ! " Ce cri de joie, qui vient du fond des tripes, fait frissonner. Il est à l'image du film : sincère. Et quelle révélation en se penchant sur la vie du réalisateur, il a vécu cela, le retour au bercail après l'enfermement (Il est allé en prison, il est sortit, il a re-plongé dans la criminalité, il est retourné en prison, et il est ressortit). Jean-Michel Correia a passé 9 ans de sa vie en prison, et quand on voit cette oeuvre (qu'il ne devait même pas réalisé et dont il ne devait même pas incarner le personnage principal) quel choc ! Le réalisateur est très détendu en évoquant ces souvenirs, il a beaucoup de recul. Tout se résume dans sa démarche, dans sa manière de serrer les mains, dans les petits regards jeté à gauche à droite. Le personnage est plus que réel.
Et cette "back-story", on la retrouve dans un élément de mise en scène très poétique. C'est la cicatrice qu'il a sur le dos du crâne. Elle rappelle sans cesse le lourd passé du personnage. C'est alors que la "persona" du personnage se perd avec celle de l'homme. Rien n'a été facile. Après toutes ces années de prison Mr. JMC (son surnom) s'est mis au cinéma, peut être comme ça, sans savoir où ça le mènerait. Mais il n'a rien lâché. Pour nous livrer, des années après ses débuts, cette oeuvre précieuse. Le film signe le bilan de la vie de cet homme, qui à coup sûr a été empreint d'une grande violence peut être même plus grande que celle du film. Et cette violence au lieu de se graver dans la roche a décidé de se graver, dans sa chair, au dos de son crâne.

Alors bien-sûr comme je l'ait lu ici et là on peut reprocher au film la maladresse de la dernière scène d'action qui résonne de manière étrange avec l'intrigue amoureuse. Mais ceux qui ont écrit ça sont comme ceux qui ont réaliser la bande-annonce du film, ils sont sûrement emplie de cliché sur le genre et le décor (une cité de Châtenay-Malabry dans le 92) et ne font que tirer le film vers le bas avec mépris. Et puis au passage pour tous les autres dont j'ai lu les avis ou critiques, apprenez à respecter le travail d'un artiste même quand ça ne vous touche pas ou que vous aimez carrément pas du tout.

Donc, j'vous le dis, aucun film ne mérite 10/10, X en latin, la perfection n'existe pas et Sous X n'est pas un de mes films préférer, loin de là. Mais il a quelque chose de différent, quelque chose que j'ai vu dans la plupart des films du néo-réalisme italien. C'est cette sensibilité dans la façon de décrire une communauté, celle de la cité du film (c'est d'ailleurs sa propre cité et la plupart des acteurs sont sûrement des amis). Et cette manière de laisser le temps s'écouler comme dans la séquence de la journée à la fête du quartier ou lors de la soirée de retour de JJ, ça m'a aussi fait penser aux films de Manoel de Oliveira décédé l'année de sortie du film. La démarche des deux réalisateurs se ressemblent dans cette volonté de laisser les évènements se dérouler, de laisser les secondes rendre l'oeuvre plus vivante.

Et puis loin de toutes vos idées de "message du film" on retrouve la vision des choses de l'auteur, dans le plan final. Le personnage s'en va en voiture, il regarde devant lui, on ne sait pas où il va. Il ne sait sûrement pas non plus. Mais après tout, celui qui vit transporté dans l'avenir ne vit que d'illusions.

Respect et force à vous Monsieur Correia.

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