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Speed par cherycok

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Speed (1994). Voilà un film qu’une majorité de gens ayant grandi dans les années 90 ont déjà vu et revu. Un film qui, à sa sortie, avait réalisé l’impressionnant score de 350M$US de recettes à travers le monde pour un budget « d’à peine » 30M$US. Clairement, le succès était total, aussi bien critique que spectateur. Après revisionnage, force est de constater que, plus de 25 ans après, le film de Jan de Bont (Twister, Hantise) fait toujours preuve d’une efficacité redoutable. Clairement le meilleur film du réalisateur, même si certains s’accordent à dire que ce n’était pas difficile, Jan de Bont étant bien meilleur directeur photo que réalisateur. Par ces temps où le CGI à outrance est roi, Speed fait du bien. Speed fait vraiment du bien. Oui, j’assume clairement le « Les films d’action, c’était mieux avant », et je me fous qu’on me traite de vieux con ^_^

C’est le film Runaway Train (1985), lui-même inspiré par le film japonais de 1975 The Bullet Train (également appelé Super Express 109) de Junya Sato, qui a donné l’idée au scénariste Graham Yost du scénario de Speed. Le train est remplacé par un bus, avec comme idée de départ qu’une fois les 50 mph dépassés, celui-ci ne pourra plus descendre en dessous de cette vitesse à cause d’une bombe placée à l’intérieur. Les petits gars de Paramount Pictures se sont vite intéressés au projet et ont proposé à John McTiernan (Die Hard, Predator) de le réaliser. Ce dernier, trouvant que le script marchait trop sur les traces de son Die Hard, décline l’offre mais leur propose Jan de Bont qui, même s’il n’a jusque-là réalisé aucun film, a une grande expérience en termes de films d’action. Ce dernier a été en effet directeur photo sur des bobines telles que La Chair et le Sang, Die Hard, A La Poursuite d’Octobre Rouge, Black Rain ou encore L’Arme Fatale 3. Paramount jette finalement l’éponge mais le projet est récupéré par 20th Century Fox à condition qu’ils mettent dans le film des scènes d’action ailleurs que dans le bus. Yost et Jan de Bont s’exécutèrent, d’où l’intro dans l’ascenseur et le final dans le métro). Le film peut partir en tournage durant trois mois puis sort sur les écrans un peu partout dans le monde en 1994. Le succès est donc au rendez-vous au cinéma, puis également lors de sa sortie en VHS quelques mois plus tard, mais également dans de nombreuses cérémonies où il gagne des prix (BAFTA, Oscars, Jupiter Awards, …). Il n’en fallait pas plus aux producteurs pour mettre en chantier un deuxième opus, Speed 2 : Cruise Control (Speed 2 : Cap sur le Danger chez nous), qui sortira 3 ans plus tard. Une suite bien moins réussie, pour ne pas dire complètement ratée, sur laquelle nous ne nous étendrons pas.

Alors pourquoi 25 ans après, Speed premier du nom est toujours aussi efficace ? Difficile de dire si c’est la nostalgie qui parle ou si le film a réellement bien vieilli. Mais quoi qu’il en soit, alors qu’on l’a déjà vu plusieurs fois, on reste scotché devant son écran durant ces 1h50 d’action, de suspense, de tension, de rebondissements. Il est clair qu’en termes de ficelles scénaristiques, Speed n’invente strictement rien, ni même d’ailleurs en ce qui concerne ses mécaniques pour faire monter la pression. Mais pourtant il nous tient en haleine tout du long et ne laisse que peu de répit au spectateur qui a, une fois de plus, envie de voir le gentil flic sauver les otages des griffes du grand méchant diabolique qui a envie de les réduire en petits morceaux. Speed sent la tôle froissée, la poudre et les pneus qui crissent. Il n’y a pas à chier, de vrais carambolages avec des vraies voitures qui se cartouchent, ou un vrai avion qui explose, ça a quand même une autre gueule quand c’est réel que quand c’est en CGI. Pour sa première réalisation, Jan de Bont s’en sort clairement avec les honneurs et nous livre ici une œuvre culte en matière de film d’action, épaulé par un casting qui va donner de sa personne (Keanu Reeves réalise une grande partie de ses cascades lui-même). Peu importe que le divertissement soit au final assez primaire et que je m’avère être sans doute de mauvaise foi (car oui, le film a ses défauts que je n’ai pas envie de citer), nous sommes ici dans l’efficacité pure et dure, avec des scènes d’actions lisibles. Et que dire de la musique de Mark Mancina (Bad Boys, True Romance, Les Ailes de l’Enfer), elle est juste excellente.

Plus de 25 ans après, Speed n’a rien perdu de sa superbe. C’est un excellent divertissement, explosif, haletant, fun, où les scènes d’action magnifiquement exécutées compensent aisément un scénario tenant sur un ticket… de bus. Un thriller popcorn comme on aimerait en voir plus souvent. Un grand classique du cinéma d’action des années 90.

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