Vroum vroum!

Avis sur Speed Racer

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Adapté d'un anime japonais à succès des années 60, Speed Racer est le nouveau bijou des frères Wachowski. Neuf ans après leur film révolutionnaire Matrix, les deux frangins nous reviennent avec une oeuvre complètement décomplexée, qui risque fortement de partager les spectateurs. En effet, le long-métrage est doté d'un style totalement hors-norme, puisqu'il lorgne sur le visuel des dessins-animés et des comic strips de l'époque - dont notamment celui dont il s'inspire - durant la totalité du film. Dès les logos des studios, le ton nous est donné, puisque l'écran est littéralement envahi de couleurs criardes, annonçant aussi aux spectateurs la carte du second degré, sur lequel le film va constamment surfer. Rappelant quelque peu les vives couleurs de Burton (Edward aux mains d'argent), l'excentricité de Speed Racer ne se limite pas uniquement au niveau visuel, mais touche également au sensoriel, essentiellement grâce aux effets sonores et à l'excellente composition de Michael Giacchino, qui sied les images à merveille.

La spécificité graphique du film aurait pu représenter un chemin de facilité pour les Wachowski, qui auraient pu entièrement se reposer sur celui-ci. Que nenni. Tout en poussant le style du long-métrage à son paroxysme, les deux frères parviennent à garder une constante fluidité dans la narration de leur film, notamment à travers des flash-backs parfaitement intégrés. A ce propos, toute la scène d'introduction, entièrement basée sur ce principe, est un pur régal, tout comme les nombreuses transitions des têtes des protagonistes qui défilent. De plus, les personnages sont pourvus d'une véritable consistance scénaristique - malgré le constant second degré du film - qui permettent d'apporter à l'oeuvre plusieurs scènes drôles et émouvantes. Le casting n'aurait pu être meilleur: Emile Hirsch, récemment révélé dans Into the Wild, incarne le naïf mais courageux Speed Racer; la séduisante Chrisitina Ricci détient le rôle de sa petite amie, qui lui sera d'une aide précieuse; Susan Sarandon, quant à elle, éblouit en mère de héros hésitant.

Le véritable intérêt du film réside cependant dans les courses automobiles. Si l'on adhère aux images volontairement éloignées de tout réalisme, le spectacle est entièrement garanti. Les bolides se lancent à une vitesse hallucinante sur des terrains vertigineux, tous plus dangereux les uns que les autres. Comme si la difficulté des circuits ne leur suffisait pas, les pilotes n'hésitent pas à se lancer des pièges à tour de rôle durant toute la course, ce qui augmente la vivacité des scènes de courses. Gourdin, bombes, lances et autres gadgets tentent d'éradiquer Speed Racer, qui se défend avec acharnement. Et c'est là que le véritable talent des Wachowski se trouve: ils sont parvenus à garder un niveau de lisibilité complètement bluffant durant ces courses, et ce, malgré la grande célérité des bolides. Ainsi, les spectateurs peuvent parfaitement jouir de la sauvagerie des courses, qui s'avèrent toutes très immersives. L'ultime épreuve, le Grand Prix, est une véritable expérience physique que les réalisateurs nous font ressentir.

Malgré quelques défaut agaçants (le petit frère et son singe s'avèrent envahissant dans la seconde partie du film), Speed Racer est une réussite époustouflante. Fort de ses courses automobiles sensationnelles, le long-métrage présente d'ores et déjà des scènes d'anthologie (telle que la scène d'introduction, une vraie leçon de cinéma à tout point de vue). Nostalgiques des Fous du Volant, amateurs de sensations fortes, n'hésitez pas plus longtemps, et allez vous épanouir devant cet impressionnant spectacle multicolore.

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