Marvel Corp, le rouleau-compresseur d'âmes

Avis sur Spider-Man: Homecoming

Avatar Scaar_Alexander
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Nous n'avions pas prévu de voir ce film. Les raisons étaient multiples. D'abord, un second reboot en cinq ans, ça avait quand même de sérieux airs de foutage de gueule, pour peu qu'on soit exaspéré par le manque de couilles dont fait preuve le cinéma hollywoodien actuel, que l'on peut réduire a) aux mongoloïderies superhéroïques de l'ère Disney/Marvel, sortes de poulets de batterie cinématographiques dont un sur dix ressemble à quelque chose, b) à l'obsession maladive du reboot comme dernier clou au cercueil des projets originaux et aventureux qui ne trouvent que très rarement des financeurs, et c) à ce satané besoin de remakes édulcorés dont les Amerloques ne se débarrasseront sans doute jamais. Ensuite, et c'est totalement lié, l'overdose Marvel, cancer du blockbuster amerloque des dix dernières années, machine de guerre mercantile propre à faire passer l'Hollywood des années 80 pour un havre d'artistes itinérants anticapitalistes en keffieh, plus spectaculaire incarnation, so far, de la fièvre productrice dans ce qu'elle a de plus compulsif. Pour finir, en parlant de qualité, le faible pourcentage de chances que le film soit réussi. Ces dernières années, que Marvel nous a-t-il réservé ? Avengers: Age of Ultron, pudding imbitable, Ant-Man, petit film sympa mais oubliable, et le four commercial bien mérité des 4 Fantastiques en 2015 ; en 2016, à l'exception du truculent Deadpool, Captain America: Civil War, gros machin pas du tout à la hauteur de ses ambitions, X-Men: Apocalypse, ignominie interdimensionnelle, et Doctor Strange, divertissement un poil plus caractériel mais au final flingué par un dernier tiers archi-générique ; cette année, on aura un peu rehaussé le niveau avec le monumental Logan et les très amusants Gardiens de la Galaxie 2, mais le premier est un cas de figure qui ne se reproduira pas avant un moment, et le second, comme Les Gardiens de la Galaxie, un outsider cool n'existant que grâce aux gros classiques. Autant dire, donc, qu'on était en droit de ne pas être emballé. Seulement voilà : près de deux mois plus tard, fin août, l'été n'avait VRAIMENT pas été affolant, et l'auteur de ces lignes, rien qu'un homme après tout, s'est dit… que le ciel lui pardonnera. Parce qu'il est catholique, et que Jésus n'est qu'amour. Après tout, qu'est-ce que la mode du super-héros, sinon une manifestation de l'impérieux besoin d'idoles, de sacré, et de mythologie dans une société matérialiste où « Dieu est mort » ? Et puis, 7,9/10 sur IMDb, quoi ! Hop, c'était plié. Résultat ? Meh.

À échelle réduite, méchant réussi ?

Pourtant, Spider-Man Homecoming démarrait bien, avec ce prologue entièrement dédié à un de ses atouts majeurs : le méchant Vulture. L'antagoniste du film. Oui-oui, vous avez bien entendu : on parle bien d'une production Marvel dont le méchant est un atout, comme cela arrive… une fois tous les mille ans, selon la légende (l'Octopus d'Alfred Molina, le Loki de Tom Hiddleston, le Kilgrave de David Tennant – et encore, ça, c'était dans une série, et une plutôt ratée...). Les raisons sont multiples, dont une bêtement contractuelle et assez ancienne entre Fox et Marvel, mais ce n'est pas le sujet de cette critique. Que se passe-t-il, dans ce prologue ? À la suite de la Bataille de New York, qu'on voit à la fin du premier Avengers, l'entreprise de recyclage d'Adrian Toomes obtient un des contrats de nettoyage de la ville. Mais v'là-t'y pas qu'en plein chantier, des cols blancs du tout-puissant department of damage control viennent lui annoncer, ainsi qu'à ses nombreux employés, qu'ils prennent la relève, allez, ouste. Toomes est naturellement scandalisé : non seulement c'est une rupture de contrat, mais en plus, cela mettrait toute son équipe en grande difficulté financière. Rien à cirer : face à l'État, et surtout au grand Capital, tu peux pas test. Parce que oui : le department of damage control est la propriété de… Stark Industries. En d'autres termes, comme le fait remarquer un employé de Toomes, les Avengers se paient pour nettoyer le bordel qu'ils ont eux-mêmes laissé. Vous l'avez compris, non seulement le film propose le point de vue de Monsieur Tout-le-monde sur un événement fantastico-historique (comme, dans une moindre mesure, Batman v Superman lorsqu'il adopte le point de vue de l'humain Wayne face au combat Superman/Zodd) ; mais en plus, il ose un chouïa de critique sociale : avec sa diatribe contre les élites financières et les bureaucrates corrompus, Toomes fait son électeur de Trump. Ce qui n'est pas forcément connoté négativement : être un génie super-cool placé dans le camp des gentils ne fait pas nécessairement de Tony Stark l'ami des petites gens. Quand le jeune et naïf Peter Parker reprochera à Toomes de vendre des armes, ce dernier lui rétorquera très justement que la vente d'armes, c'est un peu ce que Tony Stark faisait, à la base... ! Toomes, futur Vulture, est donc un méchant Marvel plus intéressant que la moyenne car il est guidé par des motivations compréhensibles, d'une part, et d'autre part, s'inscrit dans un cadre aussi local que réaliste. Dans Homecoming, ni sorcier intergalactique, ni robot maousse rêvant d'annihiler l'espèce humaine, ni magnat diabolique dévorant des bébés phoques en se frisant la moustache (ce qu'était visiblement le Vulture des comics…). Cette mode du méchant qui est juste méchant pour le plaisir, récemment illustré par le calamiteux La Tour sombre, fatigue très clairement tout le monde, et les scénaristes l'ont compris : Toomes est une sorte d'Heisenberg (de Breaking Bad), petit patron en pétard contre le système, et privilégiant la sécurité financière de sa famille sur tout le reste.

L'échelle du récit est donc une force du film. Si Logan doit avoir appris quelque chose aux exécutifs de Marvel, c'est que l'échelle importe peu. Le cerveau vampirisé par l'injonction au spectaculaire et leur dogme du gigantisme, lesdits exécutifs ont tendance à prendre le public pour une bande d'abrutis non pas là pour ressentir des émotions ou faire marcher leur tête, mais pour jubiler animalement face à leurs spectacles de destruction régressifs. Parce que le cinéma de Roland Emmerich, lui, nous a appris autre chose : si un film n'est pas incarné, on peut ne ressentir AUCUNE sorte d'horreur à la vision de catastrophes emportant des millions de gens (2012), et à côté de ça, verser une larme lorsque Tom Hanks, dans Seul au monde, perd son ballon de volley Wilson. Une scène en huis-clos peut écarquiller davantage les mirettes que la destruction de Manhattan. C'est bête à dire, mais ce qui compte avant tout, c'est l'humain. Quand Stark demande à Peter d'être un Spider-Man de quartier, il ne pouvait donc pas avoir plus raison. Bon, à la fin du film, le spectateur aura malgré tout droit à un crash d'avion-cargo, mais on restera quand même très loin de celui du porte-avion aérien du S.H.I.E.L.D. à la fin de Captain America: Le Soldat de l'Hiver, qui laissait le spectateur moins excité que blasé face à cette profusion d'effets numériques…

Puisqu'on est dans le positif et traitons de Vulture, mentionnons le gros twist du film, qui « fait » littéralement le dernier tiers, le SEUL bon tiers, de Homecoming, arrivant au bout d'une interminable heure et demi d'un récit sans enjeux archi-captivants sur lesquels nous reviendrons. Certes, la coïncidence sur laquelle joue le twist requiert une bonne dose de crédulité, peut sentir le réchauffé pour le connaisseur des précédents films, et aurait peut-être pleinement fonctionné sur le plan dramatique si l'on avait eu quoique ce soit à foutre du personnage de Liz (sur lequel nous reviendrons également), ET POURTANT… c'est suffisamment bien ficelé pour marcher. On est également assez surpris par la façon pas trop téléphonée dont Toomes découvre le pot aux bégonias, et la performance de Michael Keaton joue indéniablement.

Mais c'est bien, aussi, d'avoir un gentil réussi

Le problème est que l'échelle nous fait une belle jambe, si ce qui s'y passe manque de substance.

La partie super-héroïque n'est pas en cause ; de ce côté, Homecoming ne s'en sort pas trop mal. « Si tu n'es rien sans la combinaison, c'est que tu ne la mérites pas », dit Stark à Peter ; on est peut-être loin de l'iconique réplique du premier Spiderman « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » (tout comme le film de Watts n'a pas un gramme de la dimension mythologique des films de Raimi), mais ça fait quand même mouche. C'est le genre de choses qui pose en un minimum de moyens l'enjeu et l'arc d'un personnage. Voilà donc ce qui se trouve en première place dans la to-do list du héros : devenir un héros, c'est-à-dire un homme qui fait le bien et rend justice au péril de sa vie, plutôt que d'attendre la cavalerie pour risquer ses fesses au tout dernier moment.

Non, c'est Peter Parker qui pose problème. L'absence de récit des origines (« origin story ») est compréhensible : considérant que ce nouveau Peter Parker a déjà été introduit dans Captain America: Civil War, et qu'après tout, le public s'est déjà tapé deux déclinaisons des origines du personnage, les scénaristes ont jugé plus avisé d'entrer immédiatement dans le vif du sujet. Encore une fois, compréhensible. Le problème est que d'une part, Civil War ne propose pas une introduction digne de ce nom au personnage, qui y fait une apparition éclair ; et que d'autre, un reboot a pour vocation de… rebooter. Redémarrer de zéro. Pourquoi ? Parce que l'histoire a beau être la même, une myriade d'éléments ont changé. On ne regarde pas les mêmes films. Le travail est à recommencer de zéro. Or, c'est ce qu'il manque à Homecoming. Au final, le fait est qu'on a pris le temps de découvrir les deux premiers Peter Parker, et pas celui-ci, et cela manque indéniablement pour s'attacher à lui. Pourtant, nombreux ont été les éloges de cette version 2017, notamment pour l'authenticité de son côté ado. Tom Holland est le plus jeune acteur à interpréter le lycéen Peter Parker, puisque Tobey Maguire et Andrew Garfield avaient vingt-six, vingt-sept ans lorsqu'ils ont revêtu pour la première fois le costume de l'homme-araignée ; pour une fois que le jeune âge d'un personnage est justifié, sachons l'apprécier ! Sur ce plan, pourquoi pas ? Mais concrètement, que fait Peter Parker, dans le film, sinon le con dans sa combinaison, et l'autiste face aux filles canons ? Vous pourrez toujours répondre que le personnage n'a jamais été fascinant, mais quoique valent les films de Marc Webb (et leur galerie de méchants en plastique), Andrew Garfield aura réussi à donner à son Spider-Man un semblant de caractère. Le jeu limité de Tom Holland, pas un mauvais acteur comme l'a prouvé sa performance dans The Impossible mais pas le plus charismatique non plus, n'a pas aidé. Le Peter Parker de Homecoming est un cliché. Le réalisme de la partie ado ne contredit pas se fait, puisqu'il existe bien des ados qui sont des clichés sur pattes. Ce cliché s'effritera un instant, lorsque Peter se trouvera coincé sous les décombres et envisagera pour la première fois la perspective de sa mort, mais ça sera aussitôt oublié. Peter Parker est avant tout un petit gars qui fait des blagues, non-stop, même quand ce n'est pas vraiment nécessaire.

C'est pour rire !

Ce qu'il faut comprendre avant tout, c'est que Homecoming est un film pour gosses. À faire passer la version de Raimi pour un faux snuff-movie serbe. Un film pour gosse peut être fort divertissant. Mais c'est aussi limité de fait.

On en vient donc à l'humour. Gamin. Et pas dans le bon sens du terme, s'il en existe un. Évacuons l'éléphant : votre serviteur, qui se poile toujours autant devant les Monty Python, Y a-t-il un flic et Mary à tout prix après cent-huit visionnages, est très réceptif à l'humour candide des productions Pixar, et adorait initialement les gentils sarcasmes d'un Tony Stark, a dû rire une poignée de fois face à Homecoming (et les vidéos de motivation ultra-kitsch de Captain America, aussi surprenantes que fun, en constituent une bonne moitié…). La majorité des passages humoristiques du film sont d'une platitude étonnante, même pour du Marvel – on pense notamment au test des capacités de la nouvelle super-combinaison de Peter, grand moment de bouffonnerie davantage lourde que réjouissante sur lequel nous reviendrons. Il y a pire qu'un sens de l'humour pas très affûté : un sens de l'humour pas très affûté qu'on nous impose aux forceps toutes les trente secondes. L'obligation limite contractuelle du quota de blagounettes est une tare que nous déplorons depuis la « première phase » Marvel, avec Iron Man 2. Les films de Sam Raimi étaient des films d'aventures avec de jolies pointes d'humour savamment dosées ; ici, on tient l'inverse, une comédie un peu bouffonne qui s'accorde quelques moments sérieux. Le YouTuber anglophone Just Write a pondu une vidéo intéressante à ce sujet. Quand Hollywood guérira-t-il de cette maladie, et ne se sentira-t-il plus obligé d'ajouter de l'humour dans pratiquement TOUTES les scènes par peur de secouer un peu trop son public d'assistés ? DC a récemment rappelé que c'était possible avec son Wonder Woman, film un peu cucul et pas très bien fichu, mais qui avait au moins ce mérite. Mais bon, la présence de Tony Stark n'annonçait-elle pas, de toute façon, la couleur ?

Trouvez cela ringard, mais quand on va voir un film de super-héros, c'est généralement dans l'espoir d'être un peu titillé émotionnellement, si édulcoré fût-il. On n'attend pas Elephant Man, juste un spectacle où les manifestations d'héroïsme touchent un minimum. Sur ce plan, Homecoming ne fait pas vibrer le palpitant, et la plus flagrante marque de cet échec est la scène, mentionnée plus haut, où le héros s'amuse avec sa super-combinaison made in Stark industries qui le rend presque invulnérable et omniscient. Au début, on trouve cette sorte de buddy-movie plutôt fun, et se dit que tous ces gadgets vont vite saouler Peter, qui reviendra illico à sa combinaison originale, celle sans conduite assistée. On s'amuse des légers traits de caractère de l'IA Karen (ou « suit lady »), comme son obstination à proposer à Peter la fonction « instant kill », assez mémorable. Puis le temps passe, et cet élément finit par NOUS saouler, tant il est superflu, et dévie même de l'intrigue. On a évoqué la réplique « si tu n'es rien sans la combinaison, c'est que tu ne la mérites pas ». C'est une bonne réplique. Le problème est que jusqu'à cette scène, on se sera justement tapé un Spider-Man qui n'est pas grand-chose sans sa combinaison über-high-tech, une sorte d'anti-Spider-Man où toute possibilité de tension dramatique est annihilée par une combinaison susceptible de transformer en héros jetable n'importe quel loser digne de figurer dans American Pie 5. C'est presque si Tony Stark n'avait rien apporté de bon à Peter Parker, quoiqu'en pense ce dernier en authentique fanboy des Avengers…

L'intégration au MCU : une fausse bonne idée

L'intégration de Spider-Man au MCU coulait de source, à une époque où les studios n'ont plus que le mot de « multiverse » à la bouche (en espérant que le plantage d'Universal avec The Mummy calme un peu leurs ardeurs). Nombreux sont ceux qui y ont vu l'occasion de rafraîchir la franchise. Cette dimension permet effectivement à Spider-Man cru 2017 de se distinguer des versions 2002 et 2012. Le problème est que si l'innovation était synonyme d'amélioration, les professeurs de musique classique moscovites des années 1910 auraient a-do-ré la bolchévisation de leur pays. Or, non. On n'a rien contre le MCU, attention, ni contre l'idée du « multiverse » (c'est « méta »). On aime bien Tony Stark, avec sa ressemblance avec Robert Downey Jr, Captain America, avec son air de plus vieux puceau du monde, Thor, avec ses beaux cheveux qui sentent assurément bon, Hulk, avec sa tête à promouvoir la vente de maïs transgénique, ou encore Black Widow, avec ses courbes johanssonnesques pour seul putain de superpouvoir. Mais qu'apportent-ils à Spider-Man ? Que dalle. En regardant Homecoming, on n'a pas l'impression de voir un film de Spider-Man où des éléments du MCU feraient sporadiquement leur apparition pour étoffer un peu l'univers du film et mettre en valeur certains aspects du protagoniste ; on a l'impression de voir l'homme-araigné version Happy Meal, jeune et malléable, passé à la friteuse Marvel, et vendu dans un packaging très, très proche de 90% des productions du studio depuis dix ans. Quand RDJ fait son apparition, que fait-il ? Son RDJ, et personne ne se plaindra car il est super-cool, RDJ, mais vis-à-vis de Peter, il fait surtout office d'Oncle Ben sans la substance dramatique. À vrai dire, il sert surtout d'« Iron Man ex-machina » au héros… et aux scénaristes peu inspirés.

Comme l'humour omniprésent, l'intégration au MCU a tué dans l'œuf toute chance de tension dramatique. Dans les films de Raimi, Peter Parker était seul. Avec ses pouvoirs surhumains, certes, mais seul dans New York, Babylone la grande, mégalopole rétro et tentaculaire de pierre, verre et poussière ; et quand un bad guy arrivait, c'était un duel à l'ancienne. L'ère Marvel a bouleversé ça avec son goût pour les « ensemble cast » et la surabondance, ce dès Iron Man 2 (qu'on adore, décidément) et son personnage parfaitement superflu de War Machine. On s'est de nouveau fait la remarque, récemment, face à la quatrième saison de la série Arrow : en quatre ans, on sera passé d'un seul héros rendant justice dans la nuit, à… lui et tout son entourage, tous en combinaisons bien coquettes de super-héros, jusqu'à son ex et sa petite-sœur (true story), à rappeler les sueurs froides de Batman & Robin. Bien sûr, des super-héros joignant leur force, ce n'est pas nouveau. On citera forcément X-Men. Mais X-Men, c'était à part. On a cité Batman : qui en a jamais eu quelque chose à foutre de Robin ? Batman, c'est Batman, point. Retour à Iron Man : si Tony Stark n'est plus le seul à rendre justice dans son armure, il n'est plus qu'un milliardaire grande gueule que n'importe qui d'un minimum entraîné physiquement pourra remplacer. C'est une authentique désacralisation du héros dans LE genre qui ne peut pas se le permettre. Dans Homecoming, Peter Parker n'est jamais seul, jamais vraiment, même dans sa combinaison de secours à trois roubles, même dans la scène censément la plus dramatique, évoquée plus haut.

Appelez ça l'effet Marvel. Non content de n'avoir tiré aucun intérêt réel de son intégration au MCU, Spider-Man en a surtout payé le prix d'entrée : un emballage archi-générique. Le réalisateur John Watts a beau ne pas commettre de faute de goût notable, sa mise en scène n'en est pas moins terne, impersonnelle (contrairement à celle de Sam Raimi…). C'est de la mise en scène passe-partout, pro, mais c'est tout. Le MCU, plutôt que de sauver Spider-Man de la routine, en fait un spectacle parfaitement standardisé, à tel point que le héros du film pourrait basculer dans, disons, Thor, Ant-Man, ou même Doctor Strange, sans que le public ne remarque la différence, en terme d'images, de ton et d'atmosphère. Cette cruelle absence de caractère se retrouve dans la bande originale, pourtant du surdoué Michael Giacchino, dont on ne garde pas une seule putain de note en mémoire. Sitôt entendu, sitôt oublié… ce qui ne le fait pas trop, dans un film de ce genre. Cette fois-ci, ce n'est pas Sam Raimi, mais Danny Elfman qui fait de l'ombre…

Coup de grâce : Homecoming manque cruellement de scènes d'action mémorables. La moins insatisfaisante du lot est peut-être l'escalade du Washington Monument, qui part pourtant d'un délire scénaristique un peu bidon (la technologie extraterrestre qui, en explosant, lacère l'ascenseur dans lequel se trouvent les petits camarades de Peter… sans faire à ces derniers le moindre bobo). La scène du ferry, elle, devient un grand moment de n'importe quoi sur la fin, et ce n'est pas tant la réalisation de John Watts qui est en faute que la crétinerie du scénario. Non seulement son climax est une resucée de la scène du métro aérien au début de Spider-Man 2 ; mais elle est en plus une insulte à la notion même de physique, avec son ferry qui reste magiquement à flots alors qu'il est coupé en deux. WTF, Marvel ? Il y a des enfants qui regardent.

Un festival de clichés

C'est établi, le film de John Watts est adressé avant tout à un public très adolescent. La bonne nouvelle, pourrait-on dire, c'est qu'au moins, son côté teen movie est parfaitement assumé, au point de nous sortir l'inévitable cliché du bal de promo (le « homecoming » du titre) à l'occasion duquel rien ne se passe jamais comme prévu (en bien ou en mal). Le film se penche bien davantage sur la réalité quotidienne du lycéen moyen que les films de Sam Raimi et Marc Webb. On aura même droit à une amusante référence à La Folle journée de Ferris Bueller, joyau de la comédie adolescente américaine des années 80… que seuls saisiront les plus de trente ans, mais c'est l'effort qui compte, tant qu'on n'abuse pas dans le postmodernisme. Pour certains, cela constituera un atout du film, comme l'aspect romcom sauvait un peu, à nos yeux, The Amazing Spider-Man 2. Pourquoi pas.

Hélas, revient sur le plateau la médiocrité de l'écriture. Nous avons évoqué plus haut la platitude des deux premiers tiers de Homecoming, tout ce qui précède le twist. Pour cause : tout ce qui suit le twist se concentrera sur la confrontation entre Spidey et Vulture, alors qu'avant, les interactions du jeune héros se faisaient essentiellement avec les AUTRES personnages… soit une belle bande de vignettes en plastique. Peter Parker version 2017 était déjà un cliché d'ado de film américain, à la fois un peu décalé du lot (parce qu'il doit s'en démarquer pour toucher le public nerd mal dans sa peau, qui a besoin d'entendre que notre force est dans notre différence) et bôgosse/brillant/aventureux (parce que faut pas exagérer non plus, personne n'a envie de suivre les aventures de cageots demeurés) ; ses petits camarades de classe sont des clichés sur pattes, du meilleur ami Ned, forcément grassouillet parce que c'est rigolo et génie de l'informatique parce que ce sera utile au scénario, à Michelle, la fille bizarre (parce qu'encore une fois, il faut forcément être bizarre pour être intéressant) complètement pompée sur la goth excentrique Allison de The Breakfast Club, en passant par Liz, objet de l'affection du héros dénué de la moindre trace de personnalité. D'aucuns rétorqueront, comme ceux qui ont pris la défense de Peter cru 2017, que la bien-aimée de ce genre de films n'est jamais fascinante, d'où l'expression de « Mary-Jane », archétype de la fille « parfaite » au lycée, donc chiante. Sauf que, autre point positif des Spider-Man de Marc Webb, ces derniers avaient quelque peu brisé le moule avec leur Gwen Stacy, personnage autrement plus substantiel que la Mary-Jane de Sam Raimi, qui profitait par ailleurs grandement de la personnalité réjouissante de son interprète Emma Stone. Dans Homecoming, Liz, comme son interprète Laura Harrier, sont très jolies et bien gentilles, mais parfaitement fadasses. On comprend qu'un Peter s'amourache de cette minette pour des raisons très superficielles, à son âge, mais pour ce qu'il en voit, le spectateur s'en contrefout. Pourquoi ne trouve-t-on pas de Sam (du Monde de Charlie) dans ce type de film, ou si peu ? Détail qui ne trompe pas : c'est l'actrice Zendaya, interprète du personnage de la bizarre Michelle, qu'on voit sur le poster américain, et non Harrier… bien joué pour le spoiler, les gars !

Mais de toute façon, très peu de choses fonctionnent, dans le scénario, de l'attitude de Stark vis-à-vis de Peter (s'il s'intéresse à lui au point de demander à Happy de le surveiller, pourquoi ignorent-ils royalement ce qu'il a à dire ? Réponse : parce qu'il fallait que Peter soit incompris, pour coller au cliché de l'ado) à la révélation désastreuse de la véritable identité de Michelle, déjà pas bien fascinante en second rôle (WTF bis, Marvel ?), en passant par la tante May, qui ne fait pas vraiment l'effet d'une tante tant sa relation à Peter est inexistante (appelons-ça du gâchis de Marisa Tomei), le développement trop pauvre de Toomes (après un début si prometteur), et quelques très mauvaises idées comme faire crier à Ned que le protagoniste connait Spider-Man, resucée des films de Sam Raimi sans le moindre débouché intéressant, et celle de finir sur tante May découvrant à son tour le pot-aux-géraniums (oui, le « what the fu- ?! » est marrant, mais bon dieu, tout le monde n'est pas obligé de savoir !)…

En résumé, le côté « teen movie » est peut-être assumé, mais Homecoming n'en apporte pour autant pas plus à ce genre qu'au film de super-héros. Quand Hollywood nous en sort une poignée par an, on devient un minimum exigeant.

La goutte d'eau…, ou quand la politique se mêle de tout

Parce que comme disait l'écrivain allemand Thomas Mann, « tout est politique » (même les chocapics), et que nous sommes animés d'une conscience politique parfois envahissante, il nous est difficile d'ignorer la propagande progressiste qui sous-tend Homecoming. Nous tâcherons de ne pas trop digresser en considérations personnelles, car là n'est pas l'objet de la présente critique. Mais annonçons le d'entrée : ça ne va pas être facile, tant Hollywood, de gauche par tradition (et en toute logique, les artistes des sociétés modernes ayant une propension naturelle pour l'iconoclastie et la subversion, fût-elle puérile), semble avoir franchi le point de non-retour en embrassant goulûment l'idéologie culturo-marxiste (voir marxisme culturel sur Google, qui est notre « ami », comme chacun sait), et son corollaire maladif que nous appellerons « minoritisme », c'est-à-dire le culte des minorités. Mais bon, essayons. Warning familier au lecteur : si tu adhères à la gauche cosmopolite, antiraciste, et sans-frontiériste, toi qui entres ici, abandonne tout espoir.

Cette idéologie toxique, qui s'épanouit à merveille dans une société libérale, matérialiste, individualiste, et donc au tissu social extrêmement fragile, n'est pas neuve. Venue d'Europe (via la funeste École de Francfort, à laquelle on doit, entre autre, la théorie du genre), elle pourrit la vie intellectuelle des pays occidentaux, à commencer par les campus universitaires nord-américains, depuis des décennies. Elle a engendré des aberrations comme la discrimination positive (« affirmative action »), dont l'inefficacité dans la lutte contre les « inégalités » les dommages bien réels ont été établis depuis longtemps, sans que ça n'empêche la gauche de continuer d'agiter son drapeau… mais la chose s'est accélérée, ces dernières années, avec l'émergence du phénomène des « social justice warriors » (SJW). Les SJW sont des militants antifas du cru, hyperactifs sur les réseaux sociaux, et prêts, au nom de la défense des opprimés (quitte à les fabriquer de toute pièce, cf. la femme américaine), à nier des fondamentaux comme la liberté d'expression et démocratie – nous rappelant les meilleures heures du communisme, lui aussi plein de bonne volonté. Champions de la confusion intellectuelle (patriarcat = capitalisme, Islam = féministe puisque opposé à l'impérialisme US patriarcal, etc.), les SJW ont pour ennemi, en bons marxistes divisant pathologiquement le monde en classes, l'homme blanc. En Angleterre, la BBC est championne dans ce domaine, poussant le zèle jusqu'à une misandrie qui ne prend même plus la peine de se dissimuler. Aux USA, le féminisme de quatrième vague, plus obnubilé par sa haine des réalités et du passé que par de quelconques combats concrets, de toute façon remportés en majeure partie depuis un moment par les précédentes vagues, donne lieu à une surreprésentation de la femme dans les blockbusters d'action hollywoodien, comme les nouveaux Star Wars. En parlant de J.J. Abrams, ce dernier, par exemple, revendique de privilégier les acteurs de couleur dans ses productions (Bad Robot), dans le même esprit de « justice » sociale... quitte à créer une in-justice en surreprésentant la minorité noire, qui constitue, on l'oublie trop souvent, à peine 15% de la population américaine…

L'élection de l'infâme menace orange Donald Trump, de toute évidence l'héritier spirituel d'Adolf Hitler et de Méphistophélès, a fait basculer dans l'hystérie bien des personnalités du show-business qui ne faisaient, jusqu'alors, pas trop de bruit dans ce domaine – et à raison, considérant leur intelligence limitée. Cette hystérie a donné lieu à des scènes dont on aurait préféré ne jamais être témoin, comme le discours ubuesque que Meryl Streep a fait à l'occasion des Golden Globes, en janvier 2017, mélange de « J'accuse ! » et de « No pasaran » où la bêtise crasse, l'ignorance historique, et le nombrilisme congénital de ce qui reste au bout du compte une saltimbanque a sauté aux yeux (il est temps que mémé prenne sa retraite). Quelques semaines plus tard, David Harbour, interprète du shérif dans Stranger Things, a lui aussi craqué un fusible en enjoignant les gens à cogner du facho, c'est-à-dire tous ceux qui n'ont pas voté comme lui. Vous l'avez compris : en 2017, dans l'Amérique d'Hillary Clinton citadine, branchouille et professionnelle des larmes de crocodile, c'est à qui fera le plus de zèle dans la promotion médiatique des minorités (Noirs, Latinos, LGBT, femmes, oui-oui, c'est une minorité…), et pour peu qu'il ait un minimum de culture politique et d'intelligence, le cinéphile fait mieux d'ignorer cette facette de ses acteurs préférés s'il veut éviter des déceptions tragiques.

Or, à ce jeu, Marvel l'éditeur fait partie des champions, déjà remarqué pour avoir, sur le papier, changé le sexe de Thor, latinisé Spider-Man, transformé Iron Man en adolescente noire, ou encore pondu une super-héroïne… musulmane ; et à l'écran, confié le rôle d'un dieu nordique à un acteur noir (Idris Elba dans Thor… on aime bien l'acteur, mais LOL de principe). Ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne passent à la vitesse supérieure.

C'est chose faite (en partie) avec ce Homecoming, blockbuster accessoirement véhicule de propagande multiculturelle. Naturellement, Peter Parker reste bien blanc et Tony Stark n'est pas prêt de s'embrunir, car le capitalisme, s'il n'est pas par essence conservateur (au contraire), est pragmatique, et sait ce que veut voir son public. Transformer Iron Man en Ebony Iron Sista peut passer en comics, mais présenterait un risque financier bieeeen trop grand au cinéma. Donc, de ce côté-là, pas grand-chose ne change ; c'est dans les « détails » que ça se bouscule, à commencer par le casting des personnages secondaires. Il y a l'amoureuse de Peter, qui, avec Liz, devient afro-américaine, du moins métisse, ce qui revient au même aux USA (pas vrai, Barack ?) ; au passage, l'appel au métissage ne se contentera donc pas d'un couple (Peter et Liz), mais de deux (les parents de Liz). Il y a les transformations du meilleur pote Ned en Philippin grassouillet et du « bully » Flash Thompson, initialement un gros bourrin/footballeur baraqué/caricature de mâle alpha énervé, en un... petit nerd indien tout juste foutu de tailler Peter deux ou trois fois sur un ton potache complètement inoffensif. Il y a le méchant de seconde catégorie, Shocker, au départ interprété par un acteur blanc, avant qu'il ne se fasse descendre et remplacer par un Noir, car trop grande gueule (rires). Puis il y a, coup de grâce arrivant en toute fin du film [spoiler alert !], le personnage déjà évoqué de Michelle, jouée par la chanteuse métisse Zendaya, se révélant être… Mary-Jane, alors qu'elle a à peu près autant à voir avec Mary-Jane Watson que Jamel Debbouze avec Captain America, et que… bah, elle s'appelle pas Mary-Jane (troisième WTF, et pas des moindres). Continuons. Les camarades de classe de Peter que nous venons de citer forment le club d'« intellos » auquel il appartient. En les faisant gagner le championnat de science qui se déroule à Washington SANS MÊME que Peter, le seul Blanc du groupe, n'y participe, Marvel fait passer le message suivant : America, ton élite de demain sera diverse ou ne sera pas. En dix ans, le studio a remplacé aux 3/4 la population américaine, et fait du Blanc une minorité comme une autre, alors que ça ne correspond même pas (encore) à la réalité.

Cette critique est donc la critique d'un package. En soi, l'auteur de ces lignes ne voit aucun problème à ce que le meilleur ami de Peter soit un Philippin, grassouillet ou non, ni à ce qu'il tombe amoureux d'une Laura Harrier, car force est de reconnaître qu'elle est canon. Voir d'un mauvais œil n'importe lequel de ces faits pris individuellement tiendrait du racisme texto. Mais ce qui relève de l'anecdote à une petite échelle (« au passage, ma copine est Noire ! » « Et alors, gars, tout le monde s'en fout ») devient pure propagande une fois atteinte une échelle plus grande, tout comme le métissage, à la base le fruit d'une relation amoureuse qui n'engage que l'intimité d'un couple, se transforme en néo-eugénisme s'il est encouragé au format industriel. Certains grands naïfs répondront ne pas voir le moindre problème à un casting majoritairement de couleur, comme certains, en France, ne verraient aucun problème à ce que les Blancs soient, un jour, en minorité dans l'Hexagone. C'est non seulement faire preuve de racisme inversé, mais surtout ignorer le fait identitaire culturel : parce que l'assimilation échoue inévitablement, fût-ce dans la République rêvée d'Eric Zemmour, une fois un certain seuil d'immigration franchi, une couleur de peau s'accompagne toujours d'une culture, de traditions, de mœurs, et le multiculturalisme, qui n'est jamais que l'état de transition fortement volatil entre deux ou plusieurs cultures concurrentes en attendant l'hégémonie d'une d'entre elles, est la promesse d'une atomisation de la société (jusqu'à la balkanisation) sur laquelle comptent bien nos élites hors-sol adeptes du « diviser pour mieux régner ». Message d'alerte aux chantres de l'humanité arc-en-ciel : si toutes les grandes corporations du monde (voir Google et la récent affaire James Damore) sont de votre avis, c'est qu'il y a peut-être mérou sous gravillon.

Quand bien même ce changement de couleur de peau serait parfaitement apolitique, c'est-à-dire anodin et inoffensif, il subsisterait dans le film quelques gros morceaux qui diraient tout ce qu'il faut savoir sur l'orientation idéologique du film. Homecoming pose le ton dès le prologue, autrement très réussi, lorsqu'un employé de Toomes lui rappelle, sur un ton de militante du DAL ménopausée, qu'on ne dit pas « Indian », mais « Native-American » – autre délire du politiquement correct dans une société obsédée par les « identity politics », cf. « African-American » à la place de « black ». Puis vient, assez tôt dans le film, ce moment où le professeur Harrington dit à un de ses élèves que « manifester, est un acte patriotique ». Non pas que manifester soit selon nous un acte ANTI-patriotique. Mais d'une part, l'acte en lui-même n'augure particulièrement ni de l'un, ni de l'autre (les barbus manifestant pour l'instauration de la sharia en plein Londres le font-ils par patriotisme ?) ; d'autre part, prononcé par un personnage de prof « cool », c'est-à-dire jeune et accessible (cliché progressiste du « pote copain » très à la mode dans le cinéma américain récent), personnage interprété par Martin Starr, pas vraiment l'acteur le plus viril du monde, la réplique a de furieux airs de formule prémâchée d'enseignant de « liberal arts » sexuellement ambigu et habitué des manifs (on imagine plus aisément le professeur Harrington manifester contre la liberté d'expression aux côtés d'antifas cagoulés en noir à l'université de Berkeley qu'avec les nationalistes blancs de Charlottesville…). Enfin, vers le milieu du film, survient le gros morceau, lorsqu'un échange entre le mâle bêta professeur Harrington et la métisse cocasse Michelle laisse clairement croire au public du film, majoritairement adolescent, que le Washington Monument a été construit par des esclaves, et ne mérite donc pas d'être visité… ce qui est parfaitement faux. Ou quand la propagande multiculturaliste ne s'embarrasse même plus de la vérité pour faire passer son message bouffi de « white guilt », et rappelle son incompatibilité avec la notion même de patriotisme, ce qui rend le point précédent assez comique…

En parlant de comédie, le plus amusant est que Sony et Marvel, malgré tout ce zèle, se sont quand même attiré les foudres de bien des médias gauchistes américains, qui ont, pêle-mêle, reproché aux deux personnages féminins de ne pas être à 100% noires, au héros de rester trop blanc à leur goût, et au film de ne pas contenir de minorités LGBT (ou plutôt LGBTI, comme on dit aujourd'hui, en attendant la prochaine lettre). L'obsession maladive de l'émancipation qui résumé à elle seule la l'état d'esprit du progressiste ne pouvant par nature connaitre de fin, il était prévisible qu'ils trouvent matière à se plaindre, puisque se plaindre est leur moteur même. Tant que la société cédera à leurs caprices pathétiques, le vivre-ensemble à l'américaine, le « togetherness », perdra de plus en plus de sa pertinence, au point de ne plus être qu'un souvenir d'ici quelques décennies, quand tout cramera, ou, au choix, la partie sera perdue. Tout cela avec le concours « sympa » de Marvel.

Et maintenant ? Pas que ça nous passionne, hein...

Bon, la digression aura duré plus longtemps que prévu, nous nous en excusons. Mais ce point méritait d'être abordé avec un minimum de sérieux, tant il dépasse la simple question d'un film, a fortiori un sitôt vu, sitôt oublié comme celui-ci. Par ailleurs, il n'a pas manqué de contrarier le déjà très relatif plaisir que prenait votre serviteur devant Homecoming : se taper de l'entertainment archi-générique n'est déjà pas exaltant ; être pris doublement pour une poire, non merci. On se demande même si ça ne devrait pas faire basculer la note du film en-dessous de la moyenne… mais ce serait le mettre au même niveau qu'un Valérian, ce qui serait injuste.

Conclusion, au-delà de toute considération d'ordre politique : Spider-Man Homecoming est une excellente illustration de la tendance de Marvel à « exceller dans le moyen », pour citer le YouTubeur Durendal (car oui, bien qu'il se soit humilié, il y a quelques années, en déclarant avoir pleuré de joie devant Lucy, il mérite, comme tout un chacun, d'être cité s'il dit quelque chose de pertinent… un peu de tolérance, ne soyez pas de droite). Comme nous l'avons écrit plus haut, c'est pro, c'est clean, rien ne dépasse, mais justement, rien ne dépasse, et quand rien ne dépasse, quand rien de l'ordre n'est un minimum bousculé, la tendance à la médiocrité l'emporte sur toutes les autres. Voilà pourquoi Marvel « excelle » dans le moyen : à quelques exceptions, positives ou dramatiques, citées au début de cette critique, ses films sont FRANCHEMENT, PARFAITEMENT moyens. Hollywood semble décidé à convaincre son public qu'un film n'a pas besoin d'être intelligemment écrit, d'avoir quelque chose à raconter, ou de faire preuve d'originalité, et qu'il a juste besoin d'être beau à voir. Cela fait un moment qu'avant de voir un de ses films, l'auteur de ces lignes part du principe que la forme sera bien supérieure au fond. Et ça ne rate que très rarement.

Remarques pêle-mêle

  • Au chapitre des pour, Jennifer Connelly dans le rôle de l'IA Karen : on est toujours preneur, bien que son ensorcelante plastique reste son atout premier.
  • Au chapitre des contre, quand tu as Jennifer Connelly à disposition, tu la filmes. Même avec des vêtements.
  • Pour finir, on voit mal la justification du titre, Homecoming. Ok, c'est en référence au bal de promo, ça ne nous a pas échappé. Mais ce dernier n'est pas crucial à l'intrigue. Genre, pas du tout, du tout. On s'en contrefout, en fait. On suppute que les gars ne savaient pas du tout quel titre bien fédérateur (donc inepte) donner à leur film, et ont fini par s'entendre sur celui-là par défaut.
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