23 personnalités ! Ca me fait nous sentir moins seul dans ma tête.

Avis sur Split

Avatar Alexandre Gibier Verrier
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M. Night Shyamalan est connu pour deux choses : des films reposant sur un twist en début de troisième acte qui redéfini complètement les enjeux tout en t’assommant à coup de rondin de bois balancé par des champions écossais de 230kg, et une dégringolade artistique à base de films allant du moyen au pourri (que j’ai pas tous vus, faut avouer), jusqu’à sa renaissance aujourd’hui, avec The Visit en 2015 et Split aujourd’hui.
L’histoire de Casey, une jeune fille qui se fait enlever avec deux de ses copines par un schizophrène aux 23 personnalités. Un semi huis-clos parfaitement réalisé, mené sans temps mort grâce à un découpage précis (Shyamalan travaille beaucoup son storyboard) et des acteurs très convaincants, Anya Taylor-Jon en femme fragile et forte, mais surtout James McAvoy, qui switch entre toutes ses facettes avec une aisance et une fluidité parfaite. La VF ne rend pas hommage à son travail (dans la vo une personnalité zozote, apparemment) mais son jeu visuel est incroyable.
Pour faire ressentir l’enfermement des personnages dans ce dédale souterrain (et éventuellement les 23 personnalités dans la tête de Kevin) Shyamalan utilise gros plans très serrés, cadres bouchés à 90%, travelling compensés, caméra subjective et faible profondeur de champ très faible pour nous enlever tout repaire. La bande son, toute en basses à la façon d’un Gone Girl, joue aussi beaucoup sur le sentiment d’oppression, tout comme la lumière orangée des éclairages au plafond qui marquent les ombres.
Et niveau scénario, et bien il n’y a pas de gros twist façon baffe de mammouth dans les gencives, les évènements sont plus ou moins teasés – et les retournements de situations ne sont pas aussi violent que dans Sixième Sens ou The Visit. Néanmoins, le film s’interroge sur le cas de la schizophrénie et exploite certaines théories ou faits (j’en sais rien) jusqu’au bout. On retrouve également beaucoup de références à Incassable, qu’il avait sorti en 2000, et qui est un excellent film que je vous conseille de regarder, avant ou après, pour saisir l’entièreté de Split.
Un film avec lequel Shyamalan nous montre qu’il peut encore faire des putains de films, mais qui donne aussi furieusement envie de voir où il va, parce que ça s’annonce énorme.

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