Breaking bad.

Avis sur Spring Breakers

Avatar Ƭhomas Ƥérillon (LBDM)
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En 2011, Drive avait déconcerté de nombreux spectateurs venus voir un énième produit dérivé de la navrante franchise Fast and Furious. Ayant créé le buzz (plus que légitimement), le film a tout de même trouvé son public et a été adoubé tant par la presse que par les spectateurs – pas ceux qui étaient venus voir un film d'action bourrin, bien évidemment. Il se pourrait bien que Spring Breakers ait le même destin. On lui souhaite, en tout cas, le même succès en France, où il était présenté hier soir en exclusivité mondiale.

Harmony Korine (auteur de Kids, dirigé par son comparse Larry Clark) était hier dans la capitale pour présenter au public français son dernier long-métrage avec un casting des plus surprenants. En effet, celui-ci a débauché deux jeunes actrices toutes deux sorties des productions Disney. De nombreuses fans (qui a dit groupies hystériques ?) s'étaient rendues en masse au Grand Rex pour apercevoir ses idoles qui tapissent les murs de leur chambre à coucher. Je n'ai heureusement pas eu à supporter un tel capharnaüm puisqu'un cinéma des Halles proposait lui aussi une projection mais avec la seule présence – plus que suffisante – du réalisateur. Celui-ci, connu pour ses excentricités, n'a pas dérogé à sa réputation et nous a promis une projection digne d'un grand trip sous acides. Je n'avais consommé aucun produit illicite hier et j'ai pourtant été complètement embarqué dans ce qui s'annonce comme l'un des chocs de l'année cinématographique.

Spring Breakers vous plonge dans la vacuité et la débauche. Spring Breakers vous emporte dans un tourbillon sensoriel. Spring Breakers est le délire d'un cinéaste terriblement doué qui n'a jamais froid aux yeux. Harmony Korine n'a pas peur du ridicule lorsqu'il choisit de réunir à l'écran deux teen-starlettes que sont Selena Gomez et Vanessa Hudgens pour les balancer en pleine Floride décadente. Il n'a pas non plus peur du ridicule lorsqu'il transforme James Franco en gangsta sentimental qui ouvre son cœur sur un morceau de pop ringarde – séquence tout simplement géniale. Korine ne s’embarrasse pas non plus lorsqu'il s'agit d'ôter les vêtements de son épouse ou de la malmener. Korine c'est un peu Gregg Araki et Larry Clark réunis, il ne recule devant rien.

Il transforme un scénario très minimaliste en pur plaisir cinématographique. Comme pour Drive, le spectateur embarquera (ou non) pour 90 minutes d'une expérience visuelle, sonore et musicale (la pop cheesy, bien employée, ça passe niquel), ressortira hyper enthousiasmé ou plutôt sceptique et se souviendra assurément plusieurs semaines après de ce visionnage haut en couleurs. Enfin, comme pour le long-métrage de Nicolas Winding Refn, il est quasi-certain que Spring Breakers figurera sur le podium de l'année 2013.

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