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Je m'attendais à tout en allant voir ce film, tantôt encensé, tantôt répudié. A du trash, du sexe, de la drogue, tout ce que vous voulez - et je l'ai eu. Mais alors je ne m'attendais pas à me faire chier. Parce qu'on va pas se le cacher : on se fait MORTELLEMENT chier devant Spring Breakers. Voilà. C'est dit. Il fallait que quelqu'un arrête le délire, je ne me suis pas du tout sentie embarquée dans le truc. Il ne se passe pas grand-chose (on plane un peu, oui, certes, m'enfin bon moi j'avais rien pris donc du coup le plaisir n'était pas vraiment au rendez-vous), et surtout ces incessantes répétitions sont IRRITANTES. Je l'ai vu en VF, ce qui n'arrange rien, j'en ai ras la casquette des "yo", des "spring breaker pour la vie", des "tu m'étonnes" qui sonnent faux.

Oh, je ne serai pourtant pas de mauvaise foi : les couleurs sont belles, les musiques sont sympas, le traitement des deux est très intéressant. J'avoue que la scène avec Britney Spears et les cagoules roses licorne ont quelque chose qui tient du génie.
Le film n'est pas mauvais en soi - son défaut majeur est de promettre une peinture de la débauche (promesse tenue) mais de la tenir d'une façon qui est complètement ennuyeuse, ce qui est un pari ambitieux, complexe, et malheureusement trop bien réussi. Le film est d'ailleurs complexe, je crois. Je ne sais pas où va la caricature trop évidente pour être sérieuse, je ne sais pas pourquoi, pourquoi ce film a été fait, et toute l'ambiguïté (la richesse ?) est dans cette absence de repères, de limites, de morale, il me semble - ce que l'on peut voir de manière assez amusante dans la manière dont se déchirent les critiques pour savoir si le film est complètement amoral ou complètement moralisateur. Le propos est assez subtil. Mais il est subtil sans qu'on ait envie de le considérer comme tel. Les héroïnes sont des garces abruties, insupportables, nymphomanes, d'une connerie sans bornes - tout comme Alien (mon Dieu quel nom), on a donc juste envie de les mépriser de toute notre force, du haut de notre supériorité, et de cracher sur le comportement irresponsable, ridicule, inhumain de ces filles, de les condamner - mais c'est presque trop facile, tout comme c'est trop facile de dire qu'il y a une morale quand deux d'entre elles abandonnent l'aventure en larmes.
On ne va pas se le cacher non plus : les actrices jouent mal. Je ne sais pas si c'est fait exprès, je pense que oui pour une partie, non pour une autre... Mais ce jeu assez inégal renforce l'impression de flou, d'incompréhension face à tout ce qu'il y a de psychédéliquement incorrect dans l'attitude des héroïnes. Je n'ai pas trop bien compris et je n'avais pas envie de trop bien comprendre.

Le film réussit trop bien à être un ovni : il va où on ne l'attend pas, dépasse de très loin la simple peinture et condamnation de la jeunesse américaine débauchée... Mais ça ne marche pas à tous les coups, en tout cas avec moi ça n'a pas marché. J'ai vu les réussites, mais je n'ai pu les apprécier. J'ai eu envie de frapper avec raison ces filles qui frappaient gratuitement. J'ai eu envie de leur vomir à la figure. Je dois être trop vieille, que voulez-vous. Et leurs jolies fesses n'ont su me faire oublier leur immonde niaiserie. Ah, on se rince bien l'oeil, certes. Mais ça ne rend pas le film tellement plus intéressant pour autant.
Enfin non, ce n'est pas exactement ça : le film est ennuyeux, tourne en rond (ce qui est fait pour, je me doute, mais ça ne change rien aux faits), il s'enfonce en lui-même, dans sa fausse vacuité - mais la matière est intéressante, et sans doute plus qu'on pourrait le croire. Le film est pris à son propre piège, il fait ce qu'il voulait faire - et ce qu'il voulait faire, eh bien, c'était chiant.

Objectivement on pourrait peut-être en faire l'éloge - mais non, non, moi je ne peux pas, il est juste imbuvable.
Eggdoll
4
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