La fin d’une époque.

Avis sur Star Wars - L'Ascension de Skywalker

Avatar Empereur  Palpoutine Jr.
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C’était il y a 42 ans déjà. Sortait en 1977 sur les écrans Star Wars, un nouvel espoir. Georges Lucas est alors ami avec Coppola. Je l’ai toujours dit, Lucas est un piètre réalisateur, mais un homme d’affaires hors paires. Les origines de Star Wars se perdent dans la création de Lucas Films, d’Industrial Light and Magic, et du Skywalker ranch, après l’échec d’American Graffiti. La légende veut que Lucas fût sous le choc, et même hospitalisé, une fois le tournage de l’opus originel terminé. Il demanda un an supplémentaire afin de le refaire. Je n’apprécie guère les Etats Unis, mais je dois avouer que les Yankees ont ce savoir de rêver grand, et de faire rêver les gens.

Lors de sa sortie, un nouvel espoir est le premier blockbuster en salles. Les Américains se précipitent dans les salles obscures, l’ouverture de Star Wars fait un carton total. Il reste l’un des films les plus rentables financièrement parlant, remporte également onze nominations aux oscars. Malin comme un singe, le père Lucas fait fortune en ayant négocié auparavant avec la Fox la main sur le merchandising.

Ce qui lui permet une indépendance face aux autres réalisateurs. Et à Hollywood. Un nouvel espoir est alors témoins d’une époque à part entière : Celle où l’analogique règne en maitre. Internet n’existe pas encore. Les téléphones portables ne sont pas encore sortis. Lucas installe Light and Magic dans un entrepôt de Los Angeles, dans lequel il stock des centaines de milliers de maquettes, construites pour la future trilogie.


Sur le fond, Un nouvel espoir est inspiré par les films de sabre, (Kurosawa en premier), les westerns ou encore les films de guerre. La trame narrative, le voyage du héros, n’est pas nouvelle, mais elle est revisitée. (Il existe déjà la légende du roi des singes en Chine, qui inspirera plus tard un certain Toriyama pour fonder le mythe de Dragon Ball, l’équivalent de Star Wars au Japon.)
Sur la forme, un nouvel espoir est rapidement reconnaissable parmi des milliers d’autres films. La musique classique inoubliable de John Williams, le casting monumental, et son aspect graphique, en font une œuvre à part entière.
La version Française connait quelques déboires avec des traductions, qui sont complètement à côté de la plaque. Comme par exemple le Chiktaba, Z6PO, Yann Solo, la guerre noire, Luc Marcheciel, ou encore Jabba le Forestier et le Millénium Condor.


Désormais libre et autonome vis-à-vis des studios Hollywoodiens, Lucas se lance dans la production de l’Empire contre-attaque, et du Retour du Jedi. C’est l’époque de la première trilogie, trois chefs d’œuvre de science-fiction, tournant autour du thème de la rédemption d’Anakin Skywalker.
Le mythe de Star Wars est ainsi fondé avec la Trilogie originale, qui marquera toute l’enfance de la génération Y.


Il est connu que la saga Star Wars fut écrite pour 9 chapitres. Avec Un nouvel espoir, je suis persuadé que Lucas était loin d’imaginer qu’il venait d’ouvrir la boîte de Pandore, celle d’un gigantesque univers, où tout devient possible.


La deuxième trilogie de Star Wars elle, démarre en 1999, avec l’apparition du raté de l’épisode 1, la menace fantôme. Visuellement trop éloigné des graphiques standards de la saga, ce quatrième opus est également plombé par un personnage particulier : Jar Jar Binks. L’élément comique de cette nouvelle trame historique. George Lucas s’essaye à l’humour « non-sens », propre aux Anglais, sans succès. La menace fantôme arrive malgré tout à innover, grâce à l’apparition de Coruscant, un double duel au sabre laser, et à un John Williams en grande forme. Il compose un épique et célèbre Duel of the Fates.


L’épisode II, quant à lui, sort en 2002. George Lucas dispose désormais pleinement des effets spéciaux de son temps, et peaufine son univers. Il raconte ainsi la création des clones, le début de la guerre civile, la montée en puissance de l’Empire. Anakin bascule peu à peu du Côté Obscur de la Force. John Williams innove avec le thème « Accross the Stars ».


Arrive enfin le sublime et impressionnant Episode III qui clôture magistralement cette deuxième partie. Il reste le plus sombre et le plus destructeur de tous les épisodes, d’une violence inégalée, l’action et le spectacle sont omniprésents. Le thème de la famille étant très cher aux Américains, La Revanche des Siths n’y échappe pas. La famille Skywalker est brisée par Palpatine, qui instaure l’Empire, et raye la République de la carte. L’épisode 3 est marqué par le duel fratricide, épique, entre Anakin et Obi Wan. Le thème principal, Battle of Heroes, est l’un des plus marquants de la saga. Le sixième film replace notamment Anakin / Dark Vador au centre de l’intrigue de Star Wars.


C’est le 30 octobre 2012, que The Walt Disney Compagny annonce le rachat de Lucas film, pour la modique somme de 4.05 milliards de dollars, dans les conditions que l’on sait.
Bob Iger a entre-temps pris les commandes de la maison Mickey. C’est un homme d’affaires extraordinaire, mais il n’a certainement les qualités d’artiste de Walter Elias Disney, que je respecte infiniment pour des chefs d’œuvres comme Alice au pays des merveilles, Cendrillon, ou encore Blanche Neige.


La Troisième trilogie Star Wars est déclarée dans la foulée. Il aura fallu patienter 32 ans pour découvrir enfin la suite tant attendue du Retour du Jedi.


Première déception : Disney annule totalement l’univers étendu de la Trilogie Originale. Celui qui est fait par les jeux vidéo (The Force Unleashed 1 et 2), les romans (Tant est si bien que l’on peut appeler Star Wars de la littérature), les Bandes Dessinées, et autres comics. Exit Mara Jade, le grand Amiral Thrawn, Jacen Solo, Kyle Kartan, et bien d’autres…


J’aurais aimé voir Luke Skywalker sur Coruscant diriger le Nouvel Ordre Jedi, Leia présider le Sénat de la Nouvelle République, il n’en est rien.
Disney s’est téléporté dans une autre dimension.


Le seul clin d’œil que Disney fait à l’ancien univers étendu est celui de Starkiller, héro de The Force Unleashed 2, qui possède le don particulier de pouvoir voyager à volonté entre le Côté Clair et Obscur de la Force. Notez que The Force Unleashed, situé entre l’épisode 3 et 4, est l’un des rares jeux vidéo à avoir été officialisé par George Lucas himself.


L’épisode 7 quant à lui, est victime du syndrome Marvel. Le fan service bat de son plein. Le scénario est quasiment dépouillé de son aspect religieux et politique, pour faire un évènement spectacle, propre aux nouvelles lignes commerciales de Disney. J’ai quand même apprécié cet épisode, parce qu’il a eu le mérite de respecter les codes graphiques de la Trilogie Originale. Autre point nouveau : les effets spéciaux. La génération Z à le droit à une tonne de CGI qui en mettent plein la vue, ce qui n’a pas été le cas de l’épisode 1. J’en suis presque jaloux. Bien sûr, il y a de nombreux ratés, notamment la célèbre disparition de Solo. Snoke est guère convainquant, et Kylo Ren n’a pas le charisme de Dark Vador, même si Adam Driver s’en sort bien. Ce nouvel opus au scénario calqué sur Un Nouvel Espoir nous démontre seulement que George Lucas avait au moins trente ans d’avance sur son époque.



Parlons maintenant de l’épisode 8. Ce fameux épisode 8. Le remake de l’Empire Contre-attaque.
Il est aussi bourré de défauts. Casino Canto, tout d’abord. Rian Johnson tente d’innover, mais s’en trouve complètement raté. J’ai beaucoup de mal avec le personnage de Rose, qui n’a strictement rien à faire dans Star Wars. Sa romance avec Finn tombe comme un cheveu dans la soupe, pire encore, elle fait office de sous intrigue carrément mal gérée. Les porgs sont juste immondes, les chiens de cristaux sont un gagdet rajouté par Disney. Les petits gavroches malingres ne servent à rien. Enfin, il y a cette scène complètement what the … Que j’ai interprété comme un hommage manqué à Carrie Fisher. Leia in the sky with diamonds. Malgré tout cela, j’ai tout de même apprécié cet épisode, parce qu’il marque la rencontre entre la génération Y et Z. Luke Skywalker a un rôle énorme. Devenu ultra puissant, sa « rencontre » avec Kylo Ren est un moment des plus marquants de cette nouvelle saga.

LA FIN D'UNE EPOQUE
ATTENTION SPOILERS

Cet épisode final de l’arc des Skywalker prend logiquement place après le XIII. La galaxie a entendu un message de Palpatine, qui dit être toujours vivant, et préparer son grand retour.
Le pitch scénario semble complètement dénué de sens, et possède de nombreuses zones d’ombres.
Il n’y a aucune explication de ce qui s’est passé entre les VIII et IX. La romance entre Finn et Rose tombe à l’eau direct. Les Chevaliers de Ren sont là pour la déco.

Malgré cela, j’ai pris mon pied pour plusieurs raisons : L’ascension de Skywalker rend hommage au Retour du Jedi, à l’Empire contrattaque, et à l’épisode 3. Il y a pas mal de réponses à des éléments manquants de la saga. On sait désormais qui est Snoke. (On s’en doutait dès le départ). Les origines de Rey sont enfin confirmées. (On s’en doutait aussi).

Pour une fois, j’ai trouvé que la 3D n’était pas si sale que ça.

L’Ascension de Skywalker comporte des moments forts, comme l’arrivée de Rey dans la chambre de l’Empereur Palpatine. J’ai apprécié le clin d’œil au Retour du Jedi grâce à la musique dans le fond, sans trop en faire. Sa « visite » de l’étoile de la mort, est grandiose. L’engin est décrit comme une ancienne technologie complètement dépassée, détruite. Le combat entre Rey et Kylo rend un bel hommage à l’épisode 3. J’ai été également surpris par l’apparition d’Harrison Ford, à laquelle je ne m’attendais pas du tout.

Fan de la Trilogie Originale, j’ai aimé revoir Billie Dee Williams. Je trouve ça vraiment respectable que les producteurs aient choisis les acteurs / actrices d’origine. Contrairement à une saga comme Terminator, où le casting change sans cesse, et devient du n’importe quoi. L’Ascension des Skywalker fait du neuf avec l’ancien.

Enfin, autre évènement fort, j’ai apprécié la révélation des Siths, leur temple. L’arrivé des nombreux vaisseaux rebelles avec le thème musical principal m’en a collé plein les yeux.

Bien sûr, le retour de Palpatine, sa confrontation avec Rey fait dans le fan service à 200%, mais les effets spéciaux époustouflants, et les plans magnifiques font presque oublier ce défaut .
Je me suis réconcilié avec BB8, qui est passé du stade de droïde détestable à celui du meilleur pote.
Enfin, j’ai eu le plaisir de revoir de nombreux éléments / personnages clés de la saga.
La scène finale sur Tatooine, emprunte de nostalgie m’a ramené 20 ans en arrière.

Quelle est la meilleure trilogie ?


A chaque fois revient ce débat pathétique et puéril. Bien que j’aie grandi avec cette bonne vieille trilogie originale, j’ai un ordre de films préférés. Mais Star Wars restera toujours Star Wars. C’est une saga avec des hauts et des bas, mais d’une longévité hors normes. Elle fut même victime du capitalisme américain, et de la planche à billets verts. Pourtant elle s’en est toujours sortie, là où la saga des Terminator fut sacrifiée sur l’hôtel du billet vert. Les spins off engagés par la boulimie capitaliste de Disney démontrent les limites narratives de la saga (je pense notamment à Solo).

J’aimerais terminer sur une dernière note : Si le scénario est bourré de défauts, comme deux nombreux épisodes de Star Wars qui se respectent, il a la qualité de clôturer de façon officielle une gigantesque saga qui a traversé des décennies entières. La génération X rejoint la génération Y, qui elle-même rejoint la génération Z.
Tout un symbole. C’est la fin d’une époque qui se termine.

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