[Ciné Club Sandwich] Marche arrière à 12 parsecs sur l’autoroute spaciale de l’incohérence

Avis sur Star Wars : L'Ascension de Skywalker

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DISCLAIMER : La note est une note par défaut, une note "neutre" qui correspond à la moyenne (arrondie) de l’oeuvre au moment où on publie la critique. Avant, on mettait 5 à tous les films mais il nous a été reproché de « fausser » la moyenne ou de le faire pour ressortir plus souvent dans le match des critiques. Espérons donc que cette nouvelle solution règlera le problème et contentera tout le monde.

Bref, seule la critique ci-dessous reflète donc notre avis.

Attention, cette critique contient des spoilers !

« Je ne t’ai jamais menti. Bon sauf une fois, mais c’était sur un truc pas très important… »

Notation :

Ctrl C + Ctrl V : ++++++

Nostalgie : +++++

Ca va là, vous êtes contents comme cette fois ? +++++++

Babu fragile : ++

Et ça fait bim, bam, boum : ++++++

De quoi ça parle :

Il y a longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine, c’est la guerre. Et à la fin, c’est ceux qui gueulent le plus fort sur Twitter qui gagnent.

Les points forts :

C’est un Star Wars. Il y a des planètes exotiques, des monstres bizarres, des vaisseaux qui font piou-piou, des sabres laser qui font brrrr brrrr et la musique de John Williams. C’est toujours sympa.

Même si les ficelles de la nostalgie sont aussi grosses que les boules des fans de Luke Skywalker après avoir vu Les Derniers Jedi, certains moments tire-larmes fonctionnent bien.

Le trio Poe/Finn/Rey n’égale pas Aragorn/Legolas/Gimli ou Filip/Adel/Frank, mais il fonctionne bien et on a super envie d’être leur copain/copine.

Ce n’est pas follement original, mais tout ce qui implique le personnage de Kylo Ren est plutôt efficace, ce qui tend à confirmer que c’est le seul nouveau personnage à peu près intéressant créé au cours de cette trilogie.

Le seul truc du deuxième volet qui est respecté, c’est que Poe Dameron est toujours le mec le plus idiot de la galaxie. Et qu’il ne se lasse pas de pousser un petit cri de satisfaction béat dès qu’un truc explose quelque part (ce qui arrive beaucoup dans cet épisode).

Billy Dee Williams (Lando). Il n’en a clairement rien à foutre de l'histoire, il est juste content d'être là et il a la classe. Il lui manquait juste un cigare et des charentaises au pieds pour être totalement à l’aise.

Encore un nouveau gentil droïde à rajouter à la collection. Bon par contre, plus les épisodes passent, moins ils se font chier sur le design, D-0 étant plus proche de Fourchette dans Toy Story 4 que d’un Thermomix.

On avait jamais vu autant de vieux et de morts défiler sur un écran depuis Vivement Dimanche sur France 2.

Au moins, ils ont pas fait l’Etoile de la Mort pour la 4ème fois.

Les points faibles :

Entre certains passages à la symbolique hautement subtile (Kylo Ren qui ressoude son casque à l’arrache, la phrase « l’arme d’un Jedi mérite plus de respect »…) ou le sort réservé à certains personnages, le film ressemble à une longue lettre d’excuses de 2h35 à tous ceux qui avaient détesté Les Derniers Jedi. On pense ce qu’on veut du film de Rian Johnson, mais est-ce qu’on cherche toujours à raconter des bonnes histoires, ou juste à pondre des scénarios avec un algorithme conçu pour satisfaire les fans les plus réactionnaires ?

Une intrigue un peu paresseuse à base de quêtes annexes de mauvais RPG (« va chercher tel objet sur telle planète pour trouver une autre planète, va parler à tel personnage sur celle-là) et de méchants qui courent après les gentils pendant 2h sans jamais les attraper parce qu’ils sont vraiment très nuls. Tout ça pour finir sur un climax en copié-collé du Retour du Jedi.

En parlant de paresse, le retour de nulle part d’un grand méchant (déjà spoilé par les bandes annonces) et la façon grossière de le relier à l’intrigue, c’est du très haut niveau. Faut croire que la machine à café était pétée dans la writers room.

Ils ont donné des meufs à Finn et Poe, probablement pour mettre un terme aux rumeurs persistantes sur leur homosexualité. Notez que ça n’apporte rien et que pour le cas de Finn, c’est même carrément gênant tant aucune réponse n’est donnée à cette sous-sous-intrigue (finalement, il ne lui déclare pas sa flamme du coup ? Est-ce qu’il la voit embrasser Ben ?). Par contre il y a plan d'une demi-seconde sur un bisous entre deux figurantes à la fin, pour faire genre "ouais non, on est super progressistes quand même (tant que ça se voit pas trop)". C'est aussi subtil et audacieux que dans Avengers.

Des jolies images et de jolis plans par ci par là, mais ça manque quand même d’un bon moment de bravoure ou d’une scène d’action réellement impressionnante. Apparemment le chorégraphe des combats au sabre laser de la prélogie est au chômage depuis 15 ans. Ou alors à la retraite s’il avait un régime spécial.

Le rythme frénétique auquel les actions s’enchaînent ne permet jamais vraiment de souffler ou profiter. Dépêchez-vous de bouffer votre pop-corn pendant les pubs parce qu’après vous n’aurez plus le temps.

Les chevaliers de Ren qui sont teasés depuis l'épisode VII, au final c'est des mecs qui se cachent derrière des parois en prenant des airs mystérieux mais quand il faut se taper, ils se font démonter en 8 secondes à 1 contre 12. Ou alors, on avait tous mal compris et c’était pas ses chevaliers mais les membres de son boy’s band.

Peu de présence à l’écran pour le Général Hux alors que c’est lui le plus drôle. Vivement le spin off qui raconte son origin story et où on le voit faire sa peste pendant l'élection de Mister Tatooine.

L’emoji « yeux qui se lèvent vers le ciel » a probablement été créé pour réagir à la dernière phrase du film.

Le saviez-vous :

La galaxie est composée de millions de planètes. Mais apparemment, 99% d’entre elles sont des planètes de merde avec que des déserts de sable.

C’est plus facile de rentrer dans un vaisseau impérial que dans une boîte à Paris.

Le burning man version Star Wars, ça a l’air bien pourri.

Au début on croyait que les Siths existaient deux par deux et étaient des mecs mystérieux tapis dans l’ombre. En fait, il y a une planète Siths, une langue Sith, une armée de Siths, des couteaux Siths, probablement aussi des pâtisseries Sith, des Zoo Siths, les jeux olympiques des Siths…

Si vous êtes allé voir ce film en vélo, et que vous avez monté un trottoir un petit peu haut, vous avez pris plus de risques en quelques secondes que JJ Abrams pendant toute sa vie.

Un partenariat a été signé entre Disney et W9, pour sortir prochainement "Les Palpatine à Ibiza" et "Les Skywalker à Mykonos".

On retrouvera un jeune Dameron Poe dans le Dune de Denis Villeneuve, en contrebandier d'épice importé d'Arrakis.

Ce qu’il faut en retenir :

Si vous avez des daddy issues, ne vous en faites pas, il sera toujours temps de vous réconcilier avec le fantôme de papa.

Vous trouviez ça super cool que le personnage de Rey prouve que n'importe qui peut devenir un Jedi
? Et bien allez-vous faire foutre bande de cons !

Si vous avez aimé ce film, vous aimerez :

Que vos gosses ne touchent pas à vos jouets d’enfance et laissent tout bien en ordre sur vos étagères.

Kenny de South Park, qui meurt, et qui revient sans explication. Et qui remeurt. Et qui revient.

Si vous avez aimé ce film, vous n’aimerez pas :

Rian Johnson

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