L'union fait la Force

Avis sur Star Wars : L'Ascension de Skywalker

Avatar Guiguich
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Spoilers à l'intérieur. Z'êtes prévenus.

Préambule
Je ne vous comprends pas... Non, sérieux, je ne vous comprends pas. Si Le Retour du Jedi sortait aujourd'hui, sans rien changer d'un Yoda (pardon), on aurait droit à ça: "c'est quoi cet empereur qui peut gérer des éclairs? C'est quoi ce méchant avec bien des massacres à son actif qui redevient gentil? C'est quoi cette Étoile de la mort bis? Disney, vous faites que de la merde."
Je ne comprendrai jamais comment on peut s'extasier autant devant The Mandalorian (que j'adore au demeurant) et être aussi virulent envers ce film... La prochaine fois, on va faire ça: coupons le film en 5/6 fragments et sortons-le en épisodique. Ma main (de Luke) à couper que les retours critiques s'envolent...

Mais revenons au film. Visuellement déjà, ça claque. L'univers Star Wars sublimé par cette direction artistique, c'est quand même un pu?!@# de cadeau, bordel de m!?#! Non, non, je le sens... Le coté obscur du Fandom qui m'envahit... Pensons clair et non obscur, argumentons.

Le film est généreux, tellement généreux. À l'image de cette séquence introductive faite de rebonds en vitesse lumière nous donnant à peine le temps de souffler face à autant d'environnements ! Une parabole de ce que sera tout le film: un train fou auquel va falloir s'accrocher. On en a pour son argent dans cet épisode final: courses poursuites, batailles spatiales, duels de Force, de sabre, de vaisseaux, de sabre contre vaisseau... Généreux je vous dis.

Mais surtout, surtout... Il n'est pas un remake, il n'est pas une déconstruction du mythe, il est le catalyseur de ce qui constitue la moelle de Star Wars, son ADN qui me fait autant aimer cet univers.

Le scénario est beaucoup plus malin qu'il peut en avoir l'air. Faire revenir Palpatine, c'est en effet facile. Facile parce que ça te ramène comme ça, un antagoniste bien plus intéressant que l'était Snoke (qui n'etait pas vraiment l'antagoniste soit dit en passant. Kylo l'était). Mais bon, pourquoi au juste? Ça serait ptetre parce que ramener ce personnage, c'est ramener sur la table la thématique centrale de la saga Skywalker: si tu veux être puissant ,si tu veux "aucune limite à ton pouvoir!", il faut basculer du côté obscur. Comme une synthèse des thématiques, le film, allégoriquement à travers le face-à-face entre Rey et Sidious, montre en définitive le contraire, il montre que la conviction du mal était fausse. Gagner idéologiquement, c'est la plus grande victoire.

La vie, la mort, la résurrection, l'ascension, la trinité Anakin-Luke-Reylo.
L'incapacité à empêcher l'etre aimé de mourir a provoqué la déchéance du premier, faire revenir son père du bon côté a érigé le second en héros. Le duo Reylo offre la rédemption finale: préserver l'être aimé non par la puissance du coté obscur mais par celle de la complémentarité, de l'amour. En cela, le héros de cette postlogie n'est plus un héros physique, mais un héros moral.
C'est la communion qui fait le pouvoir. C'est quand même pas mal comme message. "C'est à qui cette armée? Ça n'est pas une armée... Ce sont... des gens". Ensemble. L'Union fait la Force.
Lando nous le rappelle au passage via son échange avec Poe: c'est en comptant les uns sur les autres qu'on gagne.

C'est quand même beau, non? La Force est au coeur de tout les fronts. C'est pas pour rien que Finn en parle lui-même. Au contraire de la séquence finale du Retour du Jedi où la lutte de la Rébellion ne semble pas concernée par la Force (le duel Luke-Vador est "à côté"), ici, tout se rassemble, tout fait coeur... C'est brillant.

Désaveu de l'opus précédent? Non, non, non! La Force concerne tout le monde. C'etait bien le message des Derniers Jedi, c'est encore celui ici mais incarné non par l'anonyme mais par le groupe. Cette scène de vaisseaux apparaissant sur le thème musical principal... J'en ai encore des frissons.

Agir ensemble, c'est bien le thème. Comme notre rapport à la bande d'amis que nous accompagnons, nous faisons coeur avec eux. Quel déchirement lorsque Chewie s'effondre pour qui vous savez...J'ai chialé. Et pas qu'un peu. Bien plus pour la trace que ça laisse aux vivants que la disparition en tant que telle du personnage.

Bon OK, le film a des maladresses, des raccourcis, parfois des ficelles grosses comme des banthas, n'empêche, l'esprit est là. Le final est un sommet, une synthèse allégorique de la lutte du bien contre le mal, de "milles générations".

Les générations. Finalement, je pense que le problème est là tout simplement. Les puristes de la trilogie originale ont detesté (pour la plupart) la prélogie. Ceux qui sont rentrés dans l'univers Star Wars par la prélogie sont bien déçus (pour la plupart) du manque de references à celle-ci dans la trilogie actuelle. Finalement, c'est assez insoluble cette affaire.

La discorde entre fans et générations est à l'opposé du message du film. L'union fait la Force. Certes.

"C'est en nous faisant croire que l'on est seul qu'ils gagnent..." Est-ce que je le suis? Help me les éternels enfants, you're my only hope...

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