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Star Wars : L'Ascension de Skywalker par Christine Deschamps

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J'étais sortie ravie de l'épisode 8, contrairement à bien des esprits chagrins, dont mes 3 padawans de presque 20 ans qui trouvaient à redire à cette belle épopée pleine de chevaux courant sur la plage comme les étendards d'une liberté qui secouait l'échine dans la Galaxie... aussi m'attendais-je presque à être un peu déçue par ces 40 ans d'attente, qui séparaient mon premier ticket de la saga stellaire la plus populaire de l'Univers de celui-ci, pris au cinéma Le Morvan, au Creusot, pour la petite histoire. Une petite salle aux trois quarts déserte, un jour de Noël (tout s'explique, même si les dindes ne rivaliseront jamais dans mon cœur avec les Wookies). Bref, passée l'intense jubilation pavlovienne du générique en grosses lettres jaunes qui glissent vers les confins de l'espace à un rythme de sénateur de la République, j'étais aux aguets. Quand même, je garde en tête le bradage de Lucasfilms à Disney, qui n'a rien de rassurant en soi et dont il paraît que le Grand George lui-même se mord les doigts. Regretter un milliard de dollars, ça veut dire, quand même. Mais non, tout va bien, je reste dans la catégorie tellement prisée du spectateur lambda, qu'on croit banale mais qui nécessite un entraînement redoutable : j'ai toujours prétendu que les distributeurs devraient tester leurs films sur moi pour déterminer s'ils plairaient au grand public ou pas, parce que j'ai les goûts les plus majoritaires qu'on puisse imaginer. Et, en l'occurrence, je reste encore une fois dans les clous : j'ai passé un grand moment de cinéma, et pis c'est tout. C'était long et bon, avec quelques menues répétitions (toutes les scènes où Rey semble écouter les confidences d'une voix inaudible aux autres en plissant à demi les yeux, pour qu'on comprenne bien ce qui se trame en son for intérieur...) mais surtout des images hallucinantes, grandioses et ingénieuses, qui restent gravées dans la rétine longtemps après la fin du film. Et finalement, n'est-ce pas là l'essence du Space Opera ? On veut s'en prendre plein les yeux et les oreilles, s'attacher à des personnages sympathiques, voir triompher la cause qui nous tient en haleine depuis le début, sans se sentir trop pris pour des andouilles... De fait, on repart avec quelques grains à moudre pour la route, quand même. Comme la démocratisation de la Force. Exit l'ordre quasi religieux qui squatte la transcendance ! Dorénavant, ceux qui imposeront leur vision dans la Galaxie, ce seront les braves gens ! T'entends, Donald, c'est un film made in Mickey qui te le dit ! Après, le scénario ne prend pas le risque de donner une définition de ces gens qui finissent par surmonter leurs légitimes réticences et affluer pour sauver les quelques rebelles survivants, avant d'écraser le Nouvel Ordre (tiens tiens, on passe du Premier Ordre à la nazi au Nouvel Ordre façon FMI ou quoi ?) tout vilain qui dévaste des planètes comme une raffinerie saccage un écosystème... Bref, ce qu'il y a de bien, c'est que tout le monde peut y trouver son compte. Sauf l'ado en mort cérébrale qui a vu le film au bout de ma rangée quasi vide en jouant au solitaire sur son téléphone et a fait iéch tout le monde avec sa loupiote anti-cortex. Bref, on peut légitimement s'attendre à ce que l'épisode X fasse renaître l'Ordre des Neuneus, si on se fie aux signes indiscutables qui fourmillent jusque dans les naos cinéphiliques normalement épargnés par l'asthénie cérébrale la plus crasse. Enfin, bon, sauf si on va voir Suicide Squad sur grand écran, veux-je dire... ça aussi, ça devrait être un critère imparable. En résumé, ouoh le bon film, la bonne saga, la chouette trilogie finale et les bonnes 40 dernières années dans les salles obscures !

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