La Guerre des Toiles - Le réveil de la Farce -

Avis sur Star Wars : Le Réveil de la Force

Avatar DjeeVanCleef
Critique publiée par le

https://www.youtube.com/watch?v=ZTLAx3VDX7g

J’ai rêvé d’un Star Wars réalisé par William Friedkin.

C’était un objet tellement sulfureux que George Lucas avait fait un AVC en lisant le script annoté par Bill lui-même. Ça parlait d’une déflagration métaphysique de la Force, avec de la zoophilie et un soupçon d’inceste. C'était du jamais vu dans l’espace!
Friedkin avait accepté le projet à une condition : pouvoir mettre sur l’affiche «Même cette tafiole de Kubrick n’aurait pas osé».
Il voyait le truc comme un remake à peine déguisé du volet originel, car il avait un profond respect pour les types qu’acceptent pas leur goitre et le camouflent sous une barbe hirsute. C’était un truc malin, avec une présentation de chacun des personnages, pour qu’on comprenne bien bien les motivations. Après des années de Development Hell, le métrage atteignait la bagatelle de 869 lieux de tournage différents, distendant à l’extrême une production déjà longue comme une croupe de chien. Le budget crevait tous les plafonds lorsque le metteur en scène, installé dans son pied à terre sur la lune, avait lancé le premier tour de manivelle. Le générique, à lui seul, avait demandé 7 semaines de tournage dans l’espace, le vrai, car Friedkin filme toujours où ça se passe vraiment, avec des lettres en ivoire de 9 mètres sur 4 d’envergure, parce que, merde, faut du challenge, on n’est pas des trimards.
Harrison Ford avait dit «ok, même si en ce moment je suis toujours au top, que je n’ai pas besoin de ça, je le fais, ton film. Mais je ne me tape pas Chewie!». Alors, Billy avait pris Al Pacino pour Han Solo et Jeanne Moreau pour jouer la Princesse Leïa.
C’était extraordinairement long, mais c’était bon, vivant, montrant que l’homme doit surtout se battre contre lui-même, indubitablement.
J’ai mis 9 étoiles sur SensCritique parce que j’adore Friedkin, c’est pas une tafiole comme Kubrick.

J’ai rêvé d’un Star Wars par George Miller.

C’était sauvage et fichtrement troublant car ça parlait à mon sous-moi, ça flattait mon côté primaire.
Ça se passait en temps réel et l’Univers était au bord du chaos, divisé en deux camps bien distincts : les gentils, qui ressemblaient carrément aux méchants vu comme ils étaient crados et les méchants, donc, qu’étaient cannibales, pas gentils du coup.
A un moment, un méchant, Finn, qui en a marre de l’être, décide de devenir un gentil et sauve Llewyn Davis qui joue un pilote qui sait tout piloter. Mais on le reconnaît trop à cause de ses gros cheveux qui font comme un casque même quand il n’en a pas.
Le Faucon Millenium, Miller lui a collé 15 essieux, 9000 chevaux, et, tu peux me croire, l’engin dépote un maximum.
Solo était interprété par un Mel Gibson habité, Harrison Ford refusant toujours de se faire monter par Chewbacca et, il a les boules.
On lui a dit qu’ils avaient gagné, que c’était bon, alors il s’était barré, avec le sentiment du devoir accompli. La Princesse, c’était sympa un moment, elle sentait bon l’aristo, mais l’amour, le vrai, ça faisait un moment qu’il l’avait en son cœur et il ne sentait pas pareil. Une boule de poils comme il les aime, longs, soyeux, tirant vers un ton rouille qui va bien aux grilles qu’on voudrait éternelles.
Mais en fait non, c’était toujours la guerre, une guerre de Premier Ordre. Mais lui maintenant, il est tout vieux. (Je veux bien qu’en Amérique ils n’aient pas la retraite, mais quand même, ça fait un peu pitié. Ce n’est pas comme s’il n’avait pas déjà sauvé la Galaxie, alors, être obligé de remettre le couvert, ça fait trop)
Ça se passait sur une seule planète désertique où il y avait tout plein de vaisseaux des autres Star Wars d’avant qui pourrissaient dans cette décharge à ciel ouvert. Pour entretenir un semblant de filiation.
Le méchant était joué par Tom Hardy, qui avait perdu 45 kilos pour le rôle. Dans la scène où enfin, le père fait face à son fils, les larmes coulaient sur mes joues. Et ce, même si le fils ne vaut pas son père, ni même son grand-père.
C’était trop triste, alors comme j’ai un cœur d’artiste chauve, j’ai mis 9.

J’ai rêvé d’un Star Wars vu par Bouli Lanners.

Je ne te dis pas l’objet miraculeux auquel j’ai assisté. Dans le film, Luke, joué par Albert Dupontel, avait abandonné la Force, parce que, merde, s’il regardait bien, il n’avait pas eu de vie! Alors il avait décidé de devenir Belge. Il avait aussitôt disparu des radars de la Résistance qui se demandait où il pouvait bien se cacher, sauf sa sœur jumelle avec qui il avait un lien, comme un élastique. Luke s’était converti et était devenu islamiste, mais sa sœur donc, la princesse Leïa, jouée par Emilie Dequenne, avait fait encercler Molenbeek car se faire couper le bout de la zigounette, d’accord, mais elle ne voulait pas qu’il parte pour le califat.
Elle se souvenait avoir bien connu un calife jadis, dénommé Jabba, et c’était un gros bâtard qui ne faisait rien qu’à lui baver dessus. Mais, je te le donne en mille, comme ils avaient dû attendre 6 heures du mat’ pour taper perquiz’, Luke, qui se faisait appeler Madani maintenant qu’il était plus léger, avait réussi à s’échapper. C’était mal foutu, totalement dépourvu du moindre effet spécial. C’était une relecture un peu fruste, totalement délestée de la moindre parcelle d’ironie.
Il y avait des scènes où l’intimité du propos pouvait transpercer les cœurs les plus durs, c’était à la fois naïf et malsain, mais c’était plus chiant que de devoir tailler le bout de gras avec un supporter de Marseille.
Les droïds jactaient en wallon. Du coup, personne ne comprenait rien.
Comme c’est Bouli Lanners qui jouait Han Solo et que son Faucon, c’était une camionnette Citroën avec des pneus lisses, je n’ai pas pu mettre plus de 3. Je veux bien qu’on s’éloigne un peu de l’univers d’origine, mais faut pas non plus me prendre que pour un connard.
Après, à tête reposée et alors que je fredonnais «35 jours sans voir la terre… » j’ai rajouté 2 points, parce que le mec avait quand même eu le bon goût de mettre du Cazoul dans sa BO.

J’ai rêvé d’un Star Wars réalisé par Quentin Tarantino.

Ça se passait 30 ans après «Le retour du Jedi» et Luke vivait reclus sur une île, comme Napoléon.
Ça s’appelait "Star Wars – Inglorious Bastards 2" et l’accroche, c’était, «Cette fois, ça va chier dans l’espace».
La Résistance montait un groupe avec les pires mercenaires de la Galaxie pour aller le chercher. Ils étaient 8. Il y avait Robert De Niro (Han Solo), Uma Thurman (Rey, une éboueuse), Jean Reno (Kylo, fils d’une princesse et d’un flibustier), Michael Madsen (Chewbacca), Sam Jackson (une émanation de Mace Windu), Arnold Schwarzenegger (Leïa, après opération des amygdales), John Travolta (Finn, un stormtrooper gay renégat) et Michael Parks (qui jouait un Marshall).
Dans le tas, il y avait un traître.
Alors qu’ils s’étaient arrêtés sur la planète Big Kahuna Burger en bordure des mondes occidentaux, ils s’étaient embrouillés sur la meilleure version de «Strawberry Letter 23» qui est, comme chacun sait, l’originale de l’excellent Shuggie Otis, quand Solo décide de montrer comment on danse sur sa planète.
Pour l’accompagner sur la piste, il jette évidemment son dévolu sur Rey vu que c’est la seule madame. Leïa le prend vachement mal, à coups de «Mais t’as pas toujours fait ton sucré!» Chewbacca qu’aime pas trop quand on asticote son pote décide de couper une oreille de cette connasse de Leïa, mais elle lui attrape la patte et la tord en 8. Parce que faut pas jouer avec le Terminator, même quand c’est une princesse.
Il y avait du dialogue en cascade, des bastons de regards, des nazis.
C’était autant une congruence de «La Guerre des Etoiles» que de la vie de Napoléon, avec des mecs qui s’arrêtent pour bouffer dans un fast-food au milieu.
J’avais adoré, car, comme dirait mon frangin, «Tarantino chierait dans un bol, tu trouverais ça génial ». Du coup, j’ai mis 10.

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