Le réveil du Jedi pèse des Kylo le vendredi.

Avis sur Star Wars : Le Réveil de la Force

Avatar Bung
Critique publiée par le

Ouais bon, habituellement, moi les salles de cinéma je ne fréquente plus ou si peu, faut dire qu'il faut en avoir les moyens et puis, moi, les moyens, je préfère les utiliser pour constituer une jolie dévédéthèque qui rendrait jaloux n'importe quel cinéphile (mais oui mais oui, je peux toujours rêver).

Mais quand il y a, tout de même, la possibilité d'avoir ses oreilles vrillées par le générique de Star Wars, oui, Star Wars, vous savez celui de J.W. avec les lettres jaune poussin qui défilent vers le fond de l'écran racontant un macGuffin plus ou moins vraisemblable mais dont au final on se fout, parce ce qu'on veut, nous, ce sont des vaisseaux faisant des loopings et pioupioutant dans de belles couleurs vertes et rouges suivies de jolies explosions dans des batailles trépidantes entrecoupées de vaudeville ambigu porté par un trio improbable, bref, quand on a envie de voir ça de peur de passer à côté de quelque chose... Cette foutue vie est si courte...

Et bien on va au cinéma le plus proche avec deux potes, on s'installe et, merde, on aurait dû se méfier, quand tu vas dans un cinéma qui s'appelle les Trois Palmes, fallait bien s'attendre à ce que le canard soit salement boiteux et déplumé...

Ris, boot !

Le tout début est juste affreux. Disney s'est visiblement mis en tête de faire refaire un reboot de la saga, la pire chose à faire lorsque, par ailleurs, s'enchaîne le fanservice avec le plus gros sabot qui puisse exister - et vas-y que je te fais un petit mouvement de la caméra quand un petit personnage de l'ancienne saga apparaît, sourire colgate en sus.

Le coup du plan de la galaxie dans un droïde passe encore, ils sont visiblement fait pour ça, mais en copiant et collant presque Un Nouvel Espoir et en mélangeant au hasard les morceaux, c'est juste pas possible.

Non, Messieurs les scénaristes, pantins de Disney, refaire le coup du personnage secondaire mettant le morceau de plan dans le droïde avant de le faire fuir pendant que son propriétaire se fait capturer n'est pas original ni génial, c'est juste un passage mythique lançant une des plus belles sagas (avec ses défauts, en effet) portée par des personnages charismatiques (Leïa et Vador, rien que ça) en lieu et place de Choux Fleur et Tête De Pioche.

Tiens, ils vont garder ce nom là tout le long de la critique, ces deux-là, bien fait pour eux. D'ailleurs, Tête De Pioche n'aura pas voler son surnom, comme on le verra plus tard.

Complexe deux types.

Les marionnettes de chez Disney lancées sur cette voie absurde, on continue de plus belle dans le resucé ringard d'Un Nouvel Espoir: revoilà le complexe d'oedipe resurgir de la plus moche des façons. Un éléphant habitué des magasins de porcelaine n'aurait certainement pas fait pire.

Ce bourrage constant résultant d'une pauvreté scénaristique caractéristique des bollockbusters: rien ne sera suggéré, ambigüe: C'est ton fils, ton père, ton fils, ton père, mais fermez-la, merde ! Sacré gâchis quand, dans Un Nouvel Espoir plagié jusqu'au bout des ongles ou presque des rapaces de chez Disney, nous avions des rapports fluctuants et chambreurs entre Han Solo, Luke, Chewbacca et Leïa, sans que ni les uns ni les autres ne savaient à qui ils avaient vraiment à faire, et ce fichu baiser volé par Luke...

Y avait-il besoin de la refaire ? Risque zéro "ça parlera aux fans coco !", mais les fans l'ont déjà vu des milliards de fois celle-là, pour de bon, et en cent fois mieux. Développé, intelligent, violent même (la perte de la main, la confrontation finale et celle "rêvée" sur Dagobah).

Un solo dit "Ah, loque !"

Ici, on vous gave avec des discussions sans construction, des rapports surfaits et d'une platitude exécrable, du genre d'une "dispute" sans vie entre Leïa et Han Solo dans laquelle aucun acteur ne semble y croire tellement c'est creux.

On torche à la va vite les voyages, les mauvaises rencontres, les bonnes rencontres... On cache un précieux artefact (le sabre laser du mythique Luke) dans un coffre fermé par un petit loquet et on continu les clins d'oeil inutiles.

Ils m'ont fait haïr C6PO, c'est dire, alors qu'il forme l'un des duos qui tiennent les IV, V, VI sur leurs épaules. Quand les deux compères entrent dans la base de Jabba, ça avait de la gueule même si c'était en plastoc... Et là, on se tape un personnage désagréable de cabotinage, comme si il tenait à rejoindre Jar Jar Binks dans les poubelles de l'histoire de la saga.

Solo qui meurt, donc (notez la gestion de l'espace avec des téléportations de Han Solo sur le pont), achevant l'absurdité du prototype commercial vacillant sous nos yeux larmoyants, un massacre, avec les zéros l'observant de près ou de loin, ce pont étant visiblement Rome puisque tous les chemins y mènent alors que la planète-vaisseau sur laquelle ils se trouvent est juste gigantissime...

A nouveau des poires

Les poires pouvaient espérer qu'à défaut de se sortir les doigts pour nous pondre quelque chose d'original, de couillu, qui nous fasse rêver avec de nouveaux mondes et de nouvelles péripéties, quelque chose de grandiose ou qui nous l'annonce, qu'au moins le reste pouvait s'accomplir facilement, mettant un peu de crème dans cette bouillie de riz et de vermicelles chinois.

Même pas. le mystère sur le grand méchant ultime s'envole dès que l'on voit sa tête de sosie de Gollum (FRCK copyright), et Tête De Pioche fait l'immense bêtise de révéler son... visage...

Catastrophe !

Je ne m'y attarderai pas, c'est la période des huîtres mais quand même, un peu de tenue je vous pris. A moins que ce soit un masque, au vu du manque total d'expression du personnage en question, sans la moindre capacité de communication même dans les scènes de tension en serrant la mâchoire...

Même les deus ex machina ne fonctionnent pas (Fynn sauvé par un tir de Solo, la planète se déchirant en deux séparant Reyn et Tête De Pioche blessé, les explosions ouvrant "par chance" une brèche dans la défense du starkilleur dans laquelle un X-Wing peut se glisser), trop attendus, trop faciles, trop tout ce que vous voulez. Ah oui, je vous ai parlé de Choux Fleur, best pilote ever de la "résistance" (what ? Pour quelle "résistance" ? Il n'y a plus d'Empire...) qui a pu échapper à la mort grâce à un parachute et qui, donc, réapparaît à des centaines de milliers de kilomètres de distance comme par magie - non en fait il explique comment: "J'ai sauté grâce au parachute mais au lieu de te rejoindre, je me suis planqué, j'ai attendu, j'ai payé des types/un vaisseau/Je ne sais pas quoi (passage flou de "l'explication") pour rentrer à la base des Rebelles (qui, je le rappelle, sont censés ne plus exister puisque l'Empire n'est plus qu'un groupuscule fragmenté de planètes et de territoires sans plus aucun poids politique - true story, normalement)"...

La bataille finale est juste pitoyable. Une poignée de X-Wing contre une poignée de Tie-Fighter - bataille neurasthénique, purée même la prélogie se donnait à fond et était cent fois plus nerveuse - pendant que, devinez quoi ? Les zéros se baladent tranquillement dans la base, pour désactiver le bouclier censé protéger la planète (au passage, personne n'en a détecté la construction, ce qui donne effectivement une idée du gâtisme de la Nouvelle République).

Si vous ne vous rappelez pas avoir vu ça dans le IV, c'est que vous vous êtes endormi(-e-s) entre les retrouvailles de R2D2 et Obi-Wan Kenobi et la fuite avec Leïa du croiseur impérial... Tiens, au passage, ils ont oublié de repomper le coup du micro sur le Faucon Millénium, comme quoi il n'y a pas que des faux cons mais aussi mille et une nonne (celui-là de jeu de mots ne marche pas très bien) dans le Premier Ordre.

Mark a mille

Reste Mark Hammil lieux dans l'espace, caché dans les (magnifiques) Highlands (ou quelque part en Europe du Nord-ouest), qui a pris un peu de gueule, à la limite ça sauverait presque du naufrage (en fait non, mais c'est pour faire style il y a des possibilités, si si faut y croire !) mais comme la caméra n'a aucune ampleur, entachée (en plus) par cette trouaday inutile, Abrams Sans Bras (cadabra) se contentant de filmer avec ses pieds, même pas un effort de composition, de profiter du vent frais et du chant des oiseaux, rien, nada, nib, que dalle, BORDEL !

Avant, c'était Obi-wan l'ermite, les générations se ressemblent et le manque d'imagination rassemble.

C'pas l'heure du spoiler

Et avec ça, Disney fait son petit numéro (et une bonne partie des moutons reprend en boucle la propagande sur internet) pour qu'on ne spolie pas leur film.

Hein, quoi, j'ai raconté l'histoire du film dans ma critique ? Aleeeeeeeeeeeeeeeerte spooooooooooooooooooooiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiileeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeer !!!

Mais mon bon, je n'ai pas besoin de te raconter l'histoire, il suffisait de regarder le IV pour tout savoir du VII, il y a même plus dans le IV que dans celui-là !

Vu le niveau, ils auraient peut-être dû appeler leur reboot déguisé "Star Wars 7: A nouveau Des Poires". Ou "Star Wars Sept Nains". Spéciale dédicace à une bande annonce diffusée avant le fil... Truc et qui sent bien le film franchouillard gâchant de précieuses ressources vitales pour l'humanité.

Ca aurait été beaucoup plus honnête, ma foi.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 1071 fois
25 apprécient · 9 n'apprécient pas

Autres actions de Bung Star Wars : Le Réveil de la Force