Star Wars et Disney font bon ménage

Avis sur Star Wars : Le Réveil de la Force

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JJ assure. Le rythme du film est soutenu, la mise en scène toujours en mouvement, il y a de la tension tout du long. Puis il y a ces mystères qu'il parsème, ces "mistery box" comme il dit, des questions que nous nous posons inconsciemment, suscités par la curiosité à travers différents éléments de décors ou d'évènements issus d'un univers riche et vaste, complexe et merveilleux. Cette curiosité nous pousse à en vouloir davantage.

La direction artistique est réussi. De nombreux décors symboliques, gigantesques, vestiges des films précédents, nous immergent dans cette mythologie universelle qu'est Star Wars.

L'acte I présente des personnages forts, intéressants, attachants, dotés d'un vrai potentiel : Rey et Finn, interprétés respectivement par Daisy Ridley et John Boyega Leurs destins s'entremêlent à travers divers coïncidences de fortune, cela peut nous paraître sur le moment un reproche à faire au film, mais au contraire, on y trouve une certain amusement à l'idée qu'un petit problème de "reconditionnement" peut être le catalyseur d'une telle réaction en chaîne que le côté obscur n'aurait nullement pu prévoir en dépit de leurs terribles puissances.

On constate finalement qu’il s’agit de l’histoire de deux enfants orphelins avec soif d’aventures, bercés par les mythes inspirés des faits de la précédente trilogie. Des personnages, dont la plupart d’entre nous, vont s’identifier avec facilité.

Puis, vient l’acte 2, après une certaine hésitation les héros finissent par passer le premier grand seuil vers l’aventure à bord du Faucon Millenium. Si nous ne sommes pas déçus de l’introduction d’Harrison Ford en Han Solo, l’oscillation constante des héros entre détermination enjoué et doute névrotique finit pour nous par être source d’agacement et est perçu comme un artifice visant à brancher plus aisément certains événements. Dommage.

Puis vient la deuxième moitié de l’acte 2, Rey se fait capturer, le plan change et il s’agit d’une part de la récupérer et d’autre part de sauver la résistance, en soit la république, en soit, le destin de la galaxie. Rien que ça. C’est là que le film, à force de vouloir capturer l’essence de la mythique trilogie, en récupère carrément le script, ses conflits, ses idées, bref des éléments concrets qui composent l’épisode IV, Un nouvel espoir. Il s’agit finalement d’un habile jeu de variations de tous ses éléments récupérés. Une légère déception s’installe durant cette partie du film, la résolution finit par être anticipé et l’ennui s’installe. En bref, un ennui insufflé par une chute de la tension dramatique, chute accentué d’autant plus par un manque d’angoisse palpable durant les scènes au sein du bastion ennemie. Le ton y est trop léger dans ce qui est devrait être un lien de danger absolu, comme nous suggérait certaines scènes clef des antagonistes, les présentant alors comme une menace des plus sérieuses.

Cette petite mascarade finit rapidement et nous finissons par pas nous y attarder grâce un virage de situation répercutant (bien que le réalisateur nous l’ai fait anticipé) fondé sur une caractérisation loin d’être inintéressante de l’antagoniste principale, Kylo Ren interprété par Adam Driver.

On arrive à la résolution de l’histoire qui va rehausser les excellentes idées de film et nous faire mieux digérer les mauvais points. Les trois orphelins, enfants légitimes et illégitimes de la figure paternel d’Han Solo, grandes victimes des conflits du passé, finissent par s’affronter dans un combat laser dantesque, sans démesure ni chorégraphie complexe. On assiste à une série de duels angoissantes et violentes. Rey, après de multiples hésitation, devient cette force réveillé et embrasse son destin. La fin nous laisse l’eau à la bouche. Joseph Campbell est fier.

Un film plutôt réussi. On ne criera pas au chef d'oeuvre, mais on dira surtout qu'il n'y a pas de fautes graves, d'éléments honteux à cet épisode. Dans le panorama actuel des blockbusters et vu les enjeux colossaux de cette production, ce genre de constat est synonyme déjà de grande réussite et nous laisse espérer un bel avenir pour la suite.

Cette épisode est finalement une aventure légère, bien dosé, reprenant les codes et le ton de l'épisode IV, le premier film sorti en 1977. Le vrai bémol c'est cette effet "miroir" avec cet épisode IV, "Un nouvel espoir", qui rend l'intrigue plutôt linéaire et prévisible, tant certains choix narratifs et esthétiques sont si proches de ceux de cet épisode. Un choix compréhensible dans la mesure où l'objectif de Disney réside sûrement à faire découvrir l'histoire de l'épisode IV mais sous une autre forme, plus moderne, aux nouvelles générations. Dans le contexte d'une trilogie, ce premier pari est réussi, les bases sont posés, l’épisode est fort et fédérateur. Arthur Conan Doyle se disait : "J'ai réussi mon plan si je donne une heure de joie à l'enfant qui n'est pas encore homme ou à l'homme qui est encore un enfant". C'est l'esprit de Star Wars et J.J. Abrams l'a compris.

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