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Opéra Nostalgie

Avis sur Star Wars : Le Réveil de la Force

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La critique sera truffée de spoilers, là ça me semble difficile d'atteindre l'essence du film en faisant abstraction de cela.

On ne va pas se mentir, ce septième épisode est un quasi-remake du Nouvel Espoir, Han Solo devenant le mentor Ben Kenobi, Kylo Ren le Dark Vador, Rey le double féminin de Luke Skywalker, ce dernier laissant à la fin penser qu'il va jouer pour cette fille le rôle qu'a eu pour lui Yoda. On retrouve même des coupures similaires de montage.

Alors forcément, en reprenant les ficelles du schéma mythologique et narratif de la saga, J.J Abrams parvient à faire réveiller en chacun d'entre nous la nostalgie du premier volet. Et c'est là sa plus grande force. Il y a de beaux moments mélancoliques, le cinéaste fait fi du mauvais goût et de la surenchère présents dans la prélogie pour revenir à la simplicité et à l'élégance des deux premiers volets. C'est d'ailleurs clairement l'épisode le plus élégant de la saga : la photographie est somptueuse, le combat final dans un cadre champêtre enneigé est esthétiquement magnifique et rappellerait presque Kurosawa (selon la volonté même du réalisateur...), le visage de Luke qui se dévoile à la toute fin, ces chasseurs de la Résistance qui surgissent et qui font valser l'eau de la mer, comme tant d'autres plans...
La musique est très bien reprise aussi, mais peut-être pas assez, je ne crois d'ailleurs pas que l'on entende le très puissant morceau de la bande-annonce, sauf à la toute fin peut-être, fin qui est d'ailleurs assez belle, convenue mais belle quand même et qui fait son petit effet.
A ce niveau, J.J Abrams est bel et un bien un auteur qui conserve son style : la mélancolie d'un produit sorti des seventies, l'esthétique à en couper le souffle, l'accentuation des couleurs... Visuellement, il semble avoir résisté à des pressions évidentes de la production.

Je ne sais pas si on peut en dire autant du scénario, cela dit. La principale faiblesse de ce point de vue est que le film ne se repose jamais, les éclats de nostalgie ne s'imposent pas assez dans le temps, il y a ce besoin d'être constamment dans l'action, dans le divertissement... J'ai l'impression que le cinéaste voulait en faire plus, je voulais plus d'importance accordée à la mélancolie directe, celle qui provient du film, pas de notre sensibilité à l'univers créé il y a une quarantaine d'années.
Il y a aussi des facilités scénaristiques évidentes. D'ailleurs le personnage incarné par Gwendolyne Christie, le Captain Phasma dont le look est clairement un clin d'oeil aux Fett, souffre du syndrome Fett : un personnage d'allure classe et imposante, mais qui se fait marcher dessus tout au long du film de manière assez irrespectueuse et ironique.
Concernant le principal antagoniste, j'attends de voir les prochains épisodes, sa psychologie n'a clairement pas été développée, malgré des bases qui semblent se poser ici. Vrai antihéros tourmenté par des complexes véritablement tragiques, ou juste faux-méchant gnian gnian comme peut en produire Disney ? L'avenir nous le dira.

Ce qui est inquiétant aussi, c'est que J.J Abrams ne soit pas à la direction de chaque épisode de cette nouvelle trilogie. Malgré son sens virtuose de l'esthétique et de l'atmosphère, on ne peut vanter une vraie solidité scénaristique, il faut espérer que ses successeurs arrivent à, eux aussi, ajouter leur patte d'auteur pour compenser cette faiblesse.
Sans quoi il en ressortirait quelque chose d'évidemment fade et mièvre.

Au final, ce Star Wars, c'est un film sur le passé, sur la nostalgie, sur les regrets. Il renvoie constamment un miroir au spectateur, ce que nous voulons voir : ces héros qui, comme nous, ont vieilli, et qui, comme nous, sont là pour assister à un éternel recommencement, le plus nostalgique possible. Et c'est ça que je trouve beau, même si on peut reprocher au cinéaste de, justement, ne pas transcender nos attentes et l'univers.

Mais si la force du film est le passé, les nouveaux ne sont pas en reste : Daisy Ridley dégage une vraie présence et Oscar Isaac a cette gueule de héros des années 60/70 qui correspond bien à l'intention du film.

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