Star Wars Episode IV.1

Avis sur Star Wars : Le Réveil de la Force

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Spoiler Free

Bon alors, il est bien, ou pas, ce nouveau Star Wars ?

Thèse : Oui, il est bien...

Non, sérieusement. C'est un divertissement SF très sympa qui se regarde tout seul sans prise de tête. Pas de sous-intrigue politique tarabiscotée, pas de character development névrotique, tout y est lisse comme dans un comics des années 70 - et ma foi, ce n'est pas désagréable, au contraire : ça n'en est que moins laborieux à suivre et plus divertissant. C'est beau à regarder (même en 3D !), c'est bien rythmé, c'est carré, la mécanique est bien huilée, tout fonctionne comme sur des BB8.

JJ a renoncé à jouer les réalisateurs (alléluia !), il a remisé ses ambitions artistiques au placard (et avec elles : ses lense flare et ses mouvements caméras de psychopathe). En lieu et place, il se concentre sur ce qu'il sait faire de mieux : imiter, piller, plagier... en un mot comme en cent : copier les autres. Or force est de constater qu'il le fait plutôt bien.

Même si l'écriture du script n'a pas dû demander beaucoup d'efforts non plus (surtout qu'ils s'y sont mis à trois. En deux heures, c'était plié !), le script est bien ficelé, les dialogues pas trop ridicules, les personnages relativement sympathiques et l'ambiance est au rendez-vous. On est loin du désastre "Star Trek First Class".

C'est même l'atout principal du film, comme les bandes-annonces le laissaient supposer : le père Abrams a su reprendre à son compte tout ce qui faisait le charme de la première trilogie - les décors naturels, l'aspect vieillot, les aliens en latex plutôt qu'en CGI, le sens du grandiose (option "dépaysement"), les petits détails ça et là qui aident à l'immersion en renforçant la crédibilité de l'univers.

Au-delà, par les temps qui courent, il est vraiment plaisant de pouvoir visionner un film écrit et réalisé comme un blockbuster des eighties, sans la frénésie débilitante de leurs homologues modernes, mais servi par les moyens d'aujourd'hui. Exit la dramaturgie Hollywoodienne actuelle et ses troubles obsessionnels compulsifs pyrotechniques. De quoi nous rappeler à quel point "c'était mieux avant" et ça, ça fait vraiment du bien.

Antithèse : ...mais pas que.

Quand j'écrivais plus haut que le script n'avait pas dû demander beaucoup d'efforts, je ne faisais pas de mauvais esprit. Point de vue trame générale, on frôle l'escroquerie : ce n'est plus du recyclage, dans ces proportions, c'est presque un reboot. En conséquence, le sentiment de déjà-vu ne cesse de croitre en cours de visionnage, jusqu'à devenir un tantinet embarrassant (et prévisible en proportion).

Côté déroulement, il était effectivement judicieux d'opter pour une absence totale de profondeur et de character development, plutôt que pour des embrouillaminis artificiels et laborieux à la façon de la prélogie... sauf qu'il y a une contrepartie, bien sûr. En l'occurrence : tout ça est quand même très très TRES léger. Oh, qu'on se rassure, pas beaucoup plus que l'épisode IV, c'est certain, mais ça n'excuse rien.

A côté de ça, au risque de me répéter, JJ s'impose (une fois de plus) comme un excellent copiteur : trop excellent, en fait. Il suit un cahier des charges bien pensé avec la méticulosité d'un métronome, mais il y colle avec trop de rigueur, trop d'application, au point qu'on voit vite les ficelles qu'il tire et ses intentions au-delà. Au point, également, qu'on se demande s'il ne fait pas que ça, au fond : suivre un cahier des charges et puis s'en va. Entendons-nous bien, il le fait de manière convenable, avec des bonnes intentions évidentes, on ne peut pas le lui enlever... sauf que ça ne suffit pas à donner une âme authentique au film, qui se contente d'emprunter celle de ses prédécesseurs.

Au nombre des principaux défauts, la mise en place des protagonistes s'avère elle aussi pour le moins calamiteuse : entre les traits d'humours déplacés, aussi inutiles que contre-natures, et les choix de casting formatés "pour plaire aux minorités", le récit franchit souvent la fine frontière qui sépare le militantisme de la condescendance. L'écriture de l'héroïne, notamment, apparaît dans un premier temps si ouvertement calibrée pour plaire aux néo-féministes (et surfer sur le Madmaxisme) qu'on tombe dans la caricature, d'une naïveté aussi paternaliste qu'agaçante. Une chance que, passé le premier quart du récit, les auteurs parviennent à conserver l'esprit de ces personnages tout en les traitant avec plus d'équité et de sincérité.

Au fond, et c'est bien triste, même la durée du film semble avoir été le fruit d'une décision d'investisseurs plutôt qu'une réelle volonté cinéphilique.

Des constats qui enlèvent beaucoup au charme (pourtant certain) de l'entreprise.

Synthèse : Oh et puis zut !

Au-delà de ces considérations, et même si je n'ai pas manqué de râler intérieurement ici et là, j'ai passé un très très bon moment avec le cerveau en mode "off", devant un spectacle plus proche d'un Seigneur des Anneaux version Peter Jackson que de la Prélogie. J'ai retrouvé un peu des sensations fortes éprouvées lors du visionnage de l'épisode VI, premier que j'ai eu l'occasion de voir au cinéma - et c'est déjà pas mal. De l'aventure, de l'aventure, encore de l'aventure et puis baste. Ma foi, de temps en temps, ça fait du bien.

D'autant que même si l'écriture se contente du minimum syndical, on est loin de tous les nanars SF AAA qui ont pollué nos salles obscures depuis 10 ans.

Conclusion :

Star Wars VII, c'était très chouette.
Mais Serenity, c'était mieux.

P.S. :
Kylo, par pitié. GARDE TON CASQUE.

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