Cheap Wars, ça n'apporte rien.

Avis sur Star Wars - Les Derniers Jedi

Avatar La Soif
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Petite dédicace au gamin dans la salle à côté de moi : Range ton putain de sabre laser quand tu es dans une salle de cinéma, j'ai failli te l'enfoncer en mode hyper espace jusqu'à Tatooine en passant par ton œsophage.

Bon... à part ça, j'ai revisité ma critique quelque peu... sans arguments.

Ce... film, ce... Star Wars ne fait pas du tout l'unanimité, et comme cela a du être répété des centaines de fois en un mois, et je fais non seulement partie de ceux qui pensent que c'est un mauvais Star Wars, mais en plus que c'est un mauvais film.

Avec du recul, et bien, je n'ai toujours pas digéré la pilule.

On survole le film et ses enjeux à travers une course dans l'espace, et les seules bonnes idées abordées dans ce film ne sont pas approfondies ni mises en valeur. Sans parler de tous les trous scénaristiques et des incohérences vis à vis de l'univers. Bon... pour ce dernier point, j'aurais pu faire l'impasse si le VIII n'était pas incohérent envers lui-même.

Nous développerons cette critique en trois points :

I - Les petits détails sur lesquels je pinaille
II - Les problèmes scénaristiques
III - Le "progressisme" dans un film

Développons donc :

I - Les petits détails sur lesquels je pinaille

Pour bien commencer, attaquons-nous à la physique de l'espace dans ce Star Wars. Avant cela, réfléchissons aux six premiers Star Wars. Oui, il y avait du son dans l'espace. MAIS le vide spatial, si je ne m'abuse, n'existait pas. Revisionnons par exemple cette scène dans le III, où un croiseur se fait tirer dessus. On y voit l'intérieur, avec les clones qui rechargent de véritables canons-laser. Et quand ils se font shooter par l'ennemi, ils sont projetés vers l'arrière, et aucunement par le trou dans la carcasse du vaisseau.
J'en viens donc au VIII. Scène d'ouverture sur un combat spatial, bombardiers lâchant des bombes en gravité. Hein ? Attends... Quoi ?? "Oui, mais c'est normaaaal, elles sont lâchées sur un corps plus gros, donc elles sont attirées, tu connais pas l'attraction des corps ? c'est de la physiiiique". Alors oui, mais non. Le vaisseau bombardier ne fait pas la taille d'une planète. En l’occurrence, les bombes larguées de manière verticale seraient sensées flotter, point barre. Par comparaison, il n'est pas possible de jouer au golf sur la lune. Et la lune, c'est plus gros que le bombardier.
Ensuite, la sœur de Rose, qui, au passage, n'est pas aspirée par le vide spatial, meurt dans l'explosion. Ok. Alors pourquoi Leïa, Akbar (Alors oui, pour sa mort, à lui, je l'ai apprise seulement quand ils en ont parlé) et toute la clique se font aspirer en mode vortex quand la passerelle de pilotage se fait pilonner ?
Et Leïa ? Elle gèle dans l'espace ? Ok. Pas grave. On arrête de jouer sur les détails. Mais on attaque avec plus gros, la Force. Ah. Apparemment, tout le monde peut s'en servir. Telle une super héroïne, la sœur du grand Luke Cielmarcheur s'envole à travers le vide spatial dans une petite musique soit disant hommage, et vient s'écraser minablement sur le carreau du SAS. Scène hommage à Carrie Fisher, qu'ils disent. Ah. Le problème, c'est que, même si Johnson y a mis de la volonté – Il aurait expliqué que tout humain retrouve une part d'instinct quand il se noie et se débat pour remonter à la surface – il arrive tout de même à saboter son film.
Encore un petit détail sur la force, la scène de fin, où, un gamin (sur la planète casino, un autre problème du film) raconte, tel un Z-6PO, l'histoire de Rey avec des brindilles. Le maître des gamins arrive et commence à les disperser. C'est à ce moment que l'on voit un autre marmot, qui se met à utiliser la force pour passer le balais. C'est la fin la plus pitoyable de Star Wars. Même si l'idée que, dans la finalité, tout le monde puisse être un utilisateur de la force, n'est pas forcément mauvaise, et que cela suivrait un cheminement logique par rapport aux autres trilogies, c'est bâclé, tout le monde crie à la Force comme si c'était un joker.
Je m'explique :
- La prélogie, quoiqu'on en dise, a apporté le côté scientifique de la force, même si c'est très maladroit. La galaxie étant dans une phase d'apogée de la civilisation, les jedi étaient moins puissants, moins sensibles à la force car ils faisaient confiance plus à la science qu'en leur ordre.
- La trilogie originale, après la transition de la République à l'Empire, la galaxie entre dans une forme d'obscurantisme, l'Empereur et ses sbires essayant de tout contrôler. Les rebelles ne s'attachent alors qu'à de vieilles légendes, comme la Force, qui retrouve son mysticisme d'antan, et qui est incarnée par des chevaliers de lumière en qui on place notre confiance pour renverser le Mal.
- Là, bon... Tout part à vaut l'eau, ils demandent tous à la force pour compléter le niveau tel un cheatcode abusif.

Il y a aussi les nombreuses bestioles ajoutées dans le VIII qui ont pour but de jouer avec nos sentiments. Nous les passerons rapidement, étant donné que ce n'est que de la chipotaille, permettons-nous d'inventer des mots.
Il y a donc les porgs, sur lesquels nous reviendrons rapidement dans la troisième partie, des espèces de pigeons/poulets/cochons d'inde, dont le design est très Kawaii, mais dont l'utilité rivalise avec une épée sans lame... enfin un manche quoi... pardonnez la métaphore peu efficace. Il y a aussi les chiens de cristal, qui sont... des chiens de cristal, que voulez-vous qu'on vous dise ? Et il y a les gros chiens/chevaux/lapins au regard de cocker. Ah, et les gardiennes du Temple Jedi. Les espèces de mamies grenouilles qui font la lessive de Luke. Et les vaches de mer. Il y a ce sentiment qui a habité nombre d'entre nous, celui de n'avoir rien vu de surprenant dans la faune et la flore de cet opus. Une île, de la mer, une planète de riches avec des plaines et de l'herbe, et une planète déserte, qui a recueilli, paraît-il, le sel de bon nombre de fans. Tellement de sel, que leurs yeux finirent par pleurer du sang, d'où cette couleur rouge sous le blanc immaculé qui n'est pas sans rappeler Hoth. Encore une fois, on chipote.
Maaaiiiis toute cette chipotaille, et ben ça fait une grosse accumulation déjà. Alors quand on rajoute le fan service, certes, moins présent que dans le 7, mais encore plus poussé... ça donne la rediffusion du message de Leïa par R2 à Luke, la marionnette numérisée de ce bon vieux blagueur qu'est Yoda, et le design absolument kitsch des vaisseaux et des costumes. Nous visons ici la garde prétorienne de Snoke, qui, pour seule différence avec les anciens, porte des casques totalement improbables et des armes nippones de l'espace, mais pour ce point, pareil, on y reviendra dans le progressisme. Après, le scénario est-il tout aussi agaçant ? Oui.

II - Les problèmes scénaristiques

En soi, tout le film souffre d'un vide scénaristique assez conséquent, et il est rempli de détails inutiles. Commençons donc par le fameux arc narratif de Finn et Rose, hein, évidemment. Cet arc développe l'amitié +++ qui germe entre nos deux personnages très attachants. Non. Tout ce qu'ils font c'est aller à la Cité des Mille Planètes (Valérian) jouer au casino, parce qu'ils doivent trouver un pro du cryptage. Ce qui, par la suite du film, nous apprend que c'est inutile.

La suite bientôt.

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