Une saga sans fin

Avis sur Star Wars : Les Derniers Jedi

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Après un sympathique retour en 2015 avec Le réveil de la force de J.J. Abrams, nos intrépides héros reviennent devant la caméra de Rian Johnson pour ce second volet de cette troisième trilogie.

On avait laissé Rey (Daisy Ridley) face à Luke Skywalker (Mark Hamill) sur une planète au fin fond de la galaxie. Pendant ce temps, le premier ordre emmené par le général Hux (Domhnall Gleeson) détruit une base de la résistance, dont s'est échappée la flotte de la générale Leia Organa (Carrie Fisher). Une course poursuite va s'engager entre ces deux flottes, pendant que Rey tente de convaincre Luke de faire d'elle un chevalier Jedi.

Des frissons dès que le thème de John Williams se fait entendre, pendant que défile le résumé de l'épisode précédent sur l'écran. Du plaisir avec Poe Dameron (Oscar Isaac) dégommant les chasseurs du premier ordre et les canons du destroyer. Puis, il ne se passe plus grand chose, où du moins rien d'original et d'enthousiasmant.

Le dialogue entre Poe et le général Hux; le premier l'appelant Hugs; aurait dû me mettre la puce à l'oreille. Certes, c'est drôle mais je n'adhère pas, pour la simple raison que cela ressemble à l'introduction du récent Thor : Ragnarok. Ce n'est pas une coïncidence, il y a une uniformisation des films et des univers, qui m'ennuie. Depuis le succès des Marvel, j'ai l'impression de voir le même genre de film. On a pu constater que même les DC Comics cédaient à cette facilité en gommant le côté sombre, à travers un humour pas vraiment drôle. Ces petites touches humoristiques affaiblissent un film, ne faisant, en plus, pas preuve d'originalité.

La dégradation de cette saga se déclinant à l'infini, déjà mise à mal par George Lucas lors de la seconde trilogie, se voit à travers l'évolution du personnage de Luke Skywalker où plutôt de son interprète Mark Hamill. En 40 ans, on est passé d'un immense acteur Alec Guiness à Mark Hamill, ça fait mal.La comparaison est inévitable, vu que leurs personnages ont la même destinée. L'histoire se répète, où plutôt radote. Obi-Wan Kenobi avait passé le flambeau à Luke Skywalker, qui va le transmettre à Rey, après avoir chacun échoué avec Dark Vador puis Kylo Ren. Pour une réussite, il y a un échec. Mais surtout, il y a forcément le bien et le mal. Ce dernier passant de l'influence de l'empereur à celui de Snoke (Andy Serkis). Star Wars a beau se retrouver entre les mains de jeunes réalisateurs, l'histoire tourne en rond, en utilisant les mêmes ingrédients et à force, elle perd de sa saveur.

J.J. Abrams avait su jouer sur la nostalgie de la première trilogie, en faisant revenir les héros de celle-ci, tout en introduisant de nouveaux personnages. Certes, il en reprenait aussi la trame, mais ce retour en arrière était agréable grâce à ces retrouvailles et satisfaisait mes attentes. Cette indulgence ne fonctionne plus avec ce second volet. Rian Johnson se devait de passer la vitesse supérieure et de nous emmener dans de nouvelles directions. Malheureusement, il n'offre rien d'original, se répète, use de légèreté et enchaîne les moments gênants : Leïa volant dans l'espace... l'atterrissage d'un fer à repasser.... Luke s'époussetant l'épaule après avoir reçu une salve de tirs.... le passage de Yoda..... et les nouvelles créatures qui vont se retrouver sous vos sapins de noël.

Comme le film n'a honte de rien, il nous inflige un semblant de critique sociale. Finn (John Boyega) et la nouvelle venue Rose (Kelly Marie Tran) sont à la recherche d'un hacker dans un casino. Un lieu de débauche et d'opulence où se complaisent les puissants de la galaxie. C'est tout de même assez drôle de la part d'une franchise de plusieurs centaines de millions de dollars, casant de nouveaux personnages pour faire fructifier leur capital merchandising. Ce besoin de se donner bonne conscience, ressemble à ces mécènes offrant un peu de leur fortune à une oeuvre caritative lors d'une soirée en buvant du champagne et en se gavant de foie gras, c'est tellement drôle.

Pendant ce temps, la course-poursuite dans l'espace continue. La rébellion va finalement trouver refuge sur une planète de sel dans une base imprenable. La blancheur du sel fait évidemment penser à la neige dans L'Empire contre-attaque. Bien sur, la base n'est pas vraiment imprenable. Bref, on connait la rengaine et Rey va se prendre pour Magneto, ça part vraiment en cacahuètes cette saga.

La scène finale me laisse perplexe. Elle rime à quoi? Quel est l'intérêt? Arrêtes tes conneries Rian Johnson, tu m'as déjà assez fait souffrir pendant deux heures trente, alors poses cette caméra et éloignes-toi de cette saga, merci.

En dehors de la scène d'introduction, je retiens le rapport entre Rey et Kylo Ren (Adam Driver). Cela sauve un peu le film du naufrage. L’ambiguïté du personnage de Kylo Ren est intéressante. Il en va de même de deux astuces scénaristique, mais rien de bien renversant face à la médiocrité des enjeux dramatiques.

Cela reste divertissant, mais on est à la limite de la parodie. Mark Hamill est le gros point faible de l'histoire. Son jeu outrancier souffre face à une excellente Daisy Ridley et son adversaire Adam Driver. On garde un peu d'espoir grâce à cette nouvelle génération, qui devrait prendre le contrôle de cette saga avec le soutien d'Oscar Isaac, Kelly Marie Tran et John Boyega, à suivre.

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