Un nouveau désespoir...

Avis sur Star Wars - Les Derniers Jedi

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Petite précision, si nous admettons que 80% de la population a vu le film et que sur les 20% qui restent 17% s'en foutent alors nous pouvons concéder que les différents spoils qui vont suivre n'ont aucune conséquence...
Autre petite précision, j'avais plutôt apprécié le précédent opus, vu avec mes enfants, réjoui et ravi de vivre un trait d'union inter-générationnel par le biais d'une saga que j'adore et eux aussi. Ainsi, c'est dans le plus bel état d'esprit, enchanté de retrouver certains de mes héros d'enfance en compagnie des miens (d'enfants) que je me suis rué dans le plus rutilant cinéma proche de chez moi et quoique trois ans se soient écoulés depuis, je me souviens parfaitement de ce qu'il en est ressorti...

Il y a bien longtemps, quarante ans à la sortie de celui-ci, dans une galaxie lointaine, très lointaine, mais qui ne doit plus exister, un jeune bouseux innocent et pas déniaisé, répondant au doux prénom de Luke, était entrainé dans la plus grande aventure intergalactique de l'histoire du cinéma. Au bout de trois films et plus de six heures d'initiation et d'entrainement, il réussit, pur et intègre, a renverser l'infâme empire, à tuer son chef suprême, sans se salir les mains, il convient de le noter, et à ramener du côté de la Force celui que l'on croyait définitivement perdu du côté obscur, Dark Vador, l'un des méchants les plus charismatiques du cinéma. Hé oui, c'est cela Star Wars ! Une histoire simple mais bien écrite, des personnages admirablement caractérisés que l'on aime aimer, de l'épopée ,de l'aventure matinée d'humour "bon enfant" et un héros pugnace qui réussit sa quête initiatique. Une recette facile tellement bien cuisinée qu'on en a repris maintes fois et qu'elle grava en mémoire quantité de bouchées: Yoda, Jabba, la mort d'Obiwan, "une chose est sure, on va tous maigrir un grand coup !", "Luke, je suis ton père", "La Force mon jeune ami", "Racines que j'ai faites cuire moi-même".... Tant d'images et de répliques qui mériteraient une inscription au Patrimoine Immatériel de la Culture Populaire.

L'épisode VII se terminait par un intenable climax qui nous hantâmes deux longues années et nous amenâmes à nous poser de terribles questions : qu'est-il donc advenu de notre brave chevalier ? Garant du dogme, comment transmettre un si lourd testament ?
Et là, il prend le sabre et le jette par dessus tête.... La salle sidérée est bouche bée... Partisan de l'autodérision et amateur de parodies, je n'en reste pas moins interdit devant mon héros défraîchit . Bah c'est qu'il traverse une mauvaise passe notre ami ! L'isolement l'a rendu cynique et désabusé, il n'a plus goût a rien, semble amaigri, prématurément vieilli. Tous les symptômes d'une bonne grosse dépression consécutive à une crise de la cinquantaine tardive. Bon ça va, y'a pas mort d'homme. Et bien si ! Figurez-vous qu'en notre absence, le bonhomme a tenté de tuer son jeune padawan, non pas dans un épique duel au sabre laser, mais durant le repos bien mérité de tout apprenti. Une lâche et vile tentative d'assassinat.
Qu'est-il donc arrivé à notre retraité durant cette ellipse trentenaire ? Qu'a pu provoquer cet idiopathique syndrome post-traumatique ? Succomba-t-il à ses subconscients désirs incestueux ? Fut-il victime d'un viol collectif Wookiee ? Souffrit-il d'une horizontalité contrariée de son fameux sabre ?
D. seul le sait (Disney®, tous droits réservés).
Il faut diiiiire que les temps ont changé : de nos jours, Leia expérimente les vols extravéhiculaires, les gens ne communiquent plus par hologrammes, réservés au combat, mais par écran mental 4dX, tout le monde maitrise la force et l'utilise comme Merlin l'enchanteur pour soulever son balai, et caetera, et caetera, et caetera...

Mais, vous direz-vous, mis à part les considérations aigries d'un vieux con, qu'en est-il du film ex nihilo ?
Eh bien, je vous répondrais que cela ne se peut, considérant cette ignominie comme huitième rejeton d'une lignée. J'ajouterais que conchier ses illustres aïeux n'offre aucun gage de qualité. Nous l'allons montrer tout à l'heure.

Tout commence, si mes souvenirs sont bons, par l'engagement de bombardiers rebelles tout lents, larguant des bombes comme de vieux B17, les roquettes du premier épisodes (le IV, hein) n'étant plus à la mode. Le dernier de ces escargots volants sert d'écrin au sacrifice, tourné au ralenti, d'une jeune asiatique inconnue, à la lutte avec une télécommande récalcitrante. Scène inutile ? Que nenni ! Trait de génie des scénaristes, elle introduit subtilement une petite nouvelle, soeur de ladite martyre: Rose, assurément le personnage le plus inutile et inconsistant de toute la saga, spin off et séries animés compris, incarnée par l'insipide K.M. Tran. Dernier quota ? Coché.
Déjà repus par tant d'aventures ? Attendez le plat de résistance ! La course poursuite de limaces de l'espaces s'étalant sur deux heures agrémentée de tranches de Snoke frais. Si vous trouvez cela trop maigre, rabattez-vous sur les quêtes annexes dénuées d'enjeux et pleines de riches thématiques comme "l'esclavage des nenfants, c'est mal !". Quel talent !
Aux dialogues navrants de platitudes et d'humour puéril s'ajoute la médiocrité des acteurs, excepté Adam Driver, peu aidés, il est vrai, par des rôles fadasses et falots.
D'une esthétique générale plutôt réussie et cohérente émergent les trainées de poussière rouge carmin sur le blanc du désert salé (je crois qu'il l'est) ainsi que les costumes des gardes de Snoke, tendance SM ou Galactica, à vous de voir.
Evidemment, tout cela est aux petits oignons: pour 340 M$ on vous sert de l'étron de luxe.
Ceci dit, de nombreux retours sur d'éventuels problèmes d'aigreur et vomi me permettent de pronostiquer que vous n'en garderez pas grand chose. A ce tarif, c'est ballot !

Méprisant son héritage, renonçant par suffisance à écrire sa propre histoire, cet épisode, dispendieux et cousu d'or, s'exclu de sa propre famille et de celle des bons films.
Souvenez-vous, une histoire simple mais bien écrite, celle d'un bouseux devenu chevalier....
La machine Disney semble l'avoir oublié tandis qu'elle substituait un ordinaire divertissement de masse à une incroyable saga populaire.

Ah, ça y est, je me sens mieux, rasséréné . Mes enfants dorment, enfin j'espère, et je vais de ce pas les imiter malgré la pointe de mélancolie de m'être répandu sur ce que je considérais jusqu'alors comme intouchable.

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