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(Spoilers!) La franchise mythique qui vient de fêter ses quarante années nous propose son huitième et plus long opus (152 minutes), avant dernier du cycle Skywalker, réalisé par Rian Johnson (Brick, Looper ...), réalisateur américain, sorti le 13 décembre en Europe et aux Etats-Unis. Ce film est dédié à l’actrice Carrie Fisher, l’éternelle princesse Leia, décédée en décembre 2016. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il en a surpris plus d’un. Entre admiration, frustration voire consternation, cet opus, qui a atteint le milliard de dollars de recettes avant la fin 2017, divise comme jamais auparavant. Johnson nous propose un film personnel réinventant les codes de la saga et c’est ce qui fondamentalement dérange ceux qui abhorrent ce film tout comme ceux qui l’ont adoré.
Rappelons l’évidence, la saga oppose les chevaliers Jedi, garants de la paix et représentants du Bien dans la galaxie, aux seigneurs Sith fonctionnant par deux, incarnations du Mal qui aspirent à dominer la galaxie, le tout sur fond d’intrigues politiques et de guerres entre Républiques, Empire, Rébellion, Séparatistes et que sais-je. Après la chute de l’empereur et de l’Empire galactique dans l’épisode VI (1983), une Nouvelle République est instaurée pour restaurer la paix et la démocratie à travers la galaxie. Toutefois, elle est rapidement annihilée par le Premier ordre, vestiges de l’Empire dirigés à distance par le Suprême leader Snoke (Andy Serkis) et son apprenti, Kylo Ren (Adam Driver). Seule la Résistance avec à leur tête la générale Leia Organa (Carrie Fisher) s’oppose encore à la flotte de destroyers d’un Premier ordre qui a accusé une première défaite après la destruction de la base Starkiller dans l’opus précédent. Le film commence alors que la Résistance évacue leur base de Yavin 4 et que les destroyers stellaires du Premier Ordre sortent de l’hyperespace, déterminés à en finir une bonne fois pour toutes avec la Résistance. Cette dernière parvient in extremis à quitter le système après la prouesse du pilote Poe Dameron et d’une poignée de bombardiers qui ont abattu le cuirassé qui avait bombardé la base de laquelle ils s’enfuyaient. Malheureusement, grâce à un traceur situé sur leur vaisseau mère, le Premier Ordre est capable de suivre le vaisseau de la Résistance dans l’hyperespace. Le carburant leur manquant, Poe, Finn et Rose, une pilote dont la sœur est morte lors de l’assaut précédent, décident d’agir seuls malgré les ordres de l’amiral Hodo pour trouver quelqu’un capable de s’infiltrer à bord du vaisseau amiral ennemi pour craquer le traceur et permettre à la Résistance de s’échapper pour bâtir une nouvelle base sur une planète reculée. Parallèlement, Rey démarre son apprentissage Jedi avec Luke malgré des débuts difficiles sur Ahch-To, la planète de la dernière scène du Réveil de la Force, et entame une relation à distance avec Ben Solo permise par les voix de la Force.
Je ne m’attarde pas davantage sur l’histoire du film, si vous lisez ces lignes, vous connaissez sa trame. Ce film marque un tournant dans la saga tant dans sa réalisation que dans l’histoire car il relate des événements importants et ce point est relativement consensuel d’après les critiques et les commentaires que j’ai pu lire. Tout d’abord, il ne ressemble à aucun autre Star Wars contrairement à son prédécesseur qui était une copie conforme du IV en une forme d’hommage. Il faut souligner la prise de risques du réalisateur notamment sur le choix d’un humour semé ça et là au gré des scènes que l’on pourrait qualifier de « marvelesque » même si ce terme a une connotation péjorative qui agace certains, qui amuse les autres. Pour ma part, je pense que moins d’humour aurait été préférable (la scène de la discussion entre Poe et le général Hux au début frise le ridicule) pour garder une cohérence déjà mise à mal par des choix scénaristiques hasardeux. Citons l’escapade de Rose et Finn à Canto Bight, la ville casino, qui ne sert pas à grand-chose si ce n’est découvrir un nouvel environnement et introduire la problématique du financement des belligérants de la guerre mais encore une fois ce point intéressant qui permet de rompre avec le manichéisme habituel n’est pas assez développé.

Parlons de Snoke à présent puisque c’est ce personnage rapidement expédié par Disney qui fait couler beaucoup d’encre. Il est vrai qu’on ne sait toujours pas d’où il vient, ni qui il est vraiment ni comment il a trouvé et perverti Ben Solo qui était alors sous la houlette de Luke. Rappelons à ce titre que 30 ans dans l’histoire de la saga environ se sont écoulés entre le VI et le VII et que donc beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Il reste sans doute des éléments à introduire qui le seront, j’espère, dans le prochain opus concocté par Abrams pour 2019. Snoke se fourvoie en pensant connaître son apprenti mais ce dernier l’occis pour, en réalité, prendre sa place. A quoi a servi ce personnage qui avait l’air si puissant me direz-vous ? Et bien, cela s’inscrit dans cette rupture des codes initié par Johnson. Le maître meurt, la règle des deux Sith n’a plus lieu d’être. Fini les Jedi, fini la République, fini l’Empire, fini la Rébellion, on passe à un autre cycle avec de nouveaux rapports de force. C’est la thèse de Kylo Ren : « laisse mourir le passé, tue-le s’il le faut » qu’il expose à Rey après avoir vaincu la garde rapprochée de Snoke à ses côtés dans un combat épique. Ren n’est d’ailleurs pas un Sith et ne prétend pas l’être. Luke disparait et peut être que Rey est maintenant la dernière des Jedi même si l’on sent une attirance à plusieurs reprises pour le Côté Obscur. Cette ambivalence des personnages, un Kylo Ren torturé mentalement et une Rey qui a « besoin de savoir quelle est [sa] place dans tout ça » permet de renouveler la simple confrontation ancestrale entre les Jedi et les Sith. Il apporte son lot d’originalité et nous pouvons que nous en réjouir notamment en vue du neuvième épisode.
Je voudrais également évoquer et analyser la place de Luke dans cet opus car son rôle et son interprétation par Mark Hamill a suscité de vives critiques. Il n’est plus le même que lors de la trilogie originale, c’est certain, il a vécu un échec cuisant, il n’a pas assumé le rôle de maître car Ben a basculé. Il s’est exilé mais l’arrivée de Rey va progressivement l’amener à changer d’avis : il va se confronter à son échec et à son ancien élève. Il admet quelque chose de fondamental : que les Jedi ont échoué dans leur mission et que prétendre que la Force s’éteindrait après leur disparition serait faire preuve d’un égocentrisme absolu, elle n’est pas l’apanage des Jedi ou des Sith. A nouveau, cela s’inscrit dans ce nouveau cycle qui pointe à l’horizon où le clivage traditionnel est aboli mais où la Force existe encore et existera toujours. En parlant de la Force, ses adeptes usent de nouveaux pouvoirs qu’ils puisent en elle qui ont pu surprendre certains spectateurs tant ils n’y étaient pas habitués et je me range à leur avis : la scène avec Leia dans l’espace qui a marqué les esprits pour des raisons évidentes est dérangeante bien que symbolique, la projection de Luke à la fin sur Crait qui combat (brièvement) Kylo tout en restant sur l’île est plus une facilité scénaristique qu’autre chose et c’est un élément dommageable.
Du reste, le film est visuellement remarquable avec des batailles spatiales toujours impressionnantes, la 3D est réussie et la diversité des environnements produit un ensemble convaincant notamment l’île sur laquelle Luke s’est exilée ou encore le casino. Sur ce point, la tradition Star wars est, à mon sens, respectée. En parlant d’environnement, il faut reconnaitre que la dernière planète introduite, Crait, recouverte de sel rougissant au contact des speeders de la Résistance et des AT-M6 blindés du Premier Ordre, propose un spectacle remarquable et le clin d’œil à Hoth et à l’Empire contre-attaque qui est évident ne peut que ravir les fans, même les puristes ! On retrouve d’ailleurs cette allusion au cinquième épisode avec un Yoda sous forme d’esprit dont l’apparence contraste avec le modernisme des autres effets visuels mais, en tant que fan, on peut aisément pardonner cet élément.
Je conclurais en disant la chose suivante : Star Wars Les derniers Jedi est un bon film, divertissant, ambitieux, qui casse les codes et qui soulève comme vous avez pu le constater des réflexions intéressantes. Mais il a évidemment ses défauts : un humour trop envahissant, des incohérences scénaristiques qui ne peuvent que difficilement être défendues, des idées intéressantes mais pas assez exploitées comme la vente d’armes aux deux organisations rivales, un traitement superficiel de l’apprentissage de Rey (par rapport à celui de Luke auprès de Yoda dans l’épisode V) et enfin des créatures attendrissantes, les porgs pour ne pas les citer, dont l’usage purement commercial n’échappera à personne.
Malgré ces points noirs, Star Wars reste égal à lui-même et continuera de faire parler (et de faire écrire), une fois encore avec le spin-off sur Han Solo qui sort cette année mais jusque là que la Force soit avec vous !
7/10
Maxime Magnière

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