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Avis sur Starship Troopers

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Starship Troopers.

Ayant vu le film et lu le roman (par ailleurs excellent malgré les opinions politiques de l'auteur, lire le livre est tout aussi formateur que voir le film) je pense pouvoir me risquer à écrire un petit billet sur ce film qui, sous ses dehors bêtes, est une véritable perle de cinéma tant burlesque que critique.

Dans un futur lointain mais pas tellement au regard de certains modes de vie, la Terre est unie en une Fédération qui a colonisé plusieurs planètes à l'extérieur du système solaire. La société, foncièrement militariste, admet deux classes de gens, les simples civils et les citoyens, bénéficiant contrairement aux autres de droits politiques (vote, droit de participer à la chose publique), emplois publics (dans la nouvelle, le poste occupé par Michael Ironside dans le film à savoir professeur d'Histoire, est réservé aux vétérans) etc... Etc... L'histoire se concentre sur un groupe de lycéens à peine sortis d'adolescence et mine de rien, s'y trouvant plus que jamais entre rêves humides et idées préconçues, menant une vie répondant à tous les clichés que l'on peut avoir sur l'Amérique (le bal de fin d'année, l'avatar de match de football américain...). Présentée comme idéale dans le roman, Paul Verhoeven, réalisateur, retourne toute l'argumentation contre son auteur et prend le problème par l'autre côté de l'équation.

Jouant en permanence au second voir de troisième degré, Starship Troopers nous impose délicieusement sa montagne de clichés, hilarante en raison même de sa hauteur, sa violence crasse, en net contraste avec l'idée que les média du film donne de la guerre (à la violence ridiculement censurée). Encadrée et sévèrement surveillée, l'information n'est pas sans rappeler celle des frappes "chirurgicales" tant vantées depuis 1991. La mise en scène des combats eux-mêmes (et notamment le récit du correspondant en pleine bataille) prête à rire. Bourrins, les fantassins mobiles meurent par paquets entiers et cela en devient même amusant.

Les personnages, paladins délicieusement sots (le personnage de Rico est gigantesque de bêtise et d'immaturité à lui seul, tout comme celui incarné par Denise Richards, Barbie par excellence), se répandent en promesses (celle de rester éternellement amis tombe vite devant les grades et les situations), en déclarations d'amitié creuse totalement hors de propos par rapport à la violence dans laquelle ils sont plongés, amour dégoulinant de stupidité. Le jeu d'acteur, en dent de scie (l'on retiendra quand même un excellent Michael Ironside et un très bon Neil Patrick Harris), joue en faveur du film, rendant au contraire les personnages plus convaincants que jamais (que cela soit Rico, Baracalow ou les deux autres midinettes).

"Forcé" de se ranger aux côtés des humains combattant une société insectoïde, avatar de communisme (l'œuvre littéraire date des années 50 rappelons-le), le spectateur, entre deux tranches de rire, pourra regarder un film très bien mis en scène et servi tant par des effets spéciaux de qualité que par une bande son de très bon niveau.

Malheureusement incompris lors de sa sortie et trop souvent considéré comme prônant le fascisme, Starship Troopers est bel et bien l'exacte contraire du roman dont il est tiré. À voir et revoir si l'on a envie de rire.

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