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Grassouillette

Avis sur States of Grace

Avatar jackstrummer
Critique publiée par le

Mason raconte à l'entrée du foyer pour ados où il travaille une anecdote pittoresque avec un occupant pour mettre à l'aise le petit nouveau : il parsème son histoire de "tu vas peut-être pas me croire" pour justifier l'énormité de son récit, en effet un peu gros. Si ce martèlement de la nécessité d'un "suspension of disbelief" adressé au sein même de la narration vous paraît un peu suspect, c'est parce que tout le film l'est absolument : on a du mal, comme le petit nouveau, à gober cette vision pseudo-documentaire soigneusement édulcorée où tout est prétexte à l'empathie un brin obscène. Jugez plutôt : à l'issue de cette anecdote où, pour faire court, Mason s'est fait caca dessus, sa copine Grace (excellente Brie Larson par ailleurs, j'adore cette fille) arrive et assène un brutal "on a retrouvé le gamin deux jours plus tard mort dans le caniveau". Bam.

Tout States Of Grace fonctionne sur ce schéma bipolaire : bonne nouvelle/mauvaise nouvelle/re-bonne nouvelle pour faire passer la pilule, chantage émotionnel vertigineux pour le spectateur qui ne sait plus trop si ce qu'il voit est horrible (gamins maltraités, violents, suicidaires...) ou juste une petite passade difficile avant un rappel ronflant de la beauté du métier, du monde et de la jeunesse paumée. C'est un art délicat de se trouver toujours au milieu parfaitement maîtrisé par ce cinéma Sundance soucieux, pour toutes ses prétentions graves, de ne jamais quitter sa zone de confort à base d'énormes raccourcis psychologiques : tous ces jeunes finalement bien dociles (bon parfois ils s'excitent et vous écrasent un cupcake dans le visage, j'avoue) s'alignent gentiment pour faire la psychanalyse très simpliste de Grace, puis iront magiquement mieux, et aucun au bout du compte n'aura été vraiment regardé ni écouté, tous là avant tout pour rappeler à l'héroïne qu'elle fera une "super maman". Ouf : les gamins défavorisés, on les préfère quand même en outils d'un happy end domestique que cupcake à la main.

Et le sujet social dans tout ça ? Sacrifié sur l'autel très approvisionné en ce moment par le cinéma indépendant (remember les Broken, Alabama Monroe...) du feel-good movie évanescent et mélo, prêt à enrober de sucre dégoulinant toute réalité difficile pour arracher des sourires embués à l'assistance au moment du générique. Avec une main si occupée à passer la pommade dans le sens du poil, States Of Grace l'aura donc à peine effleuré d'un revers de l'autre, gantée de fils énormes et de larmes faciles.

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