Sympathy for Lady vengeance

Avis sur Stoker

Avatar Ƭhomas Ƥérillon (LBDM)
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Pour son premier métrage sur le sol américain, le talentueux cinéaste sud-coréen Park Chan Wook (Old Boy, Lady Vengeance) porte à l’écran un scénario de Wentworth Miller (oui on parle bien de l’acteur de Prison Break) qui attendait dans les cartons depuis 2010. Force est de constater que l’attente a été récompensée et que la collaboration a été un succès lorsque l’on découvre Stoker, projeté hier en exclusivité pour quelques privilégiés. En effet, dès les premières minutes, on constate que la patte du cinéaste est sublimée par une direction artistique remarquable. Tout est éclatant, soigné et travaillé : photographie somptueuse, mise en scène experte, cadrages exquis nous offrant d’innombrables plans dignes de grands tableaux, générique savamment élaboré d’une fluidité incroyable. Il ne faut pas que quelques secondes au spectateur pour comprendre qu’il va assister à cent minutes de plaisir cinématographique, un plaisir déviant empreint des douces folies d’un réalisateur qu’on ne présente plus – enfin, un réalisateur qu’on ne devrait plus avoir à présenter.

A l’écran, Mia Wasikowska est excellente. Sa présence captive, fascine et inquiète. Difficile de ne pas voir en elle une Mercredi Adams pré-adulte et farouche, à la sexualité naissante. Son personnage (India) est délicieusement ambigu et complexe. Celle-ci vit quelque peu déconnectée du monde, repliée dans ses pensées et ses fantasmes. Lorsque son oncle débarque après le décès brutal de son père, c’est un mélange de méfiance et d’attraction qui vont la pousser à essayer de percer le mystère de cet homme séduisant et intrigant, campé impeccablement par Matthew Goode (découvert dans le sublime A Single Man ou le savoureux Match Point). Pour former le dernier élément d’un trio malsain, le réalisateur a choisi la décrêpie Nicole Kidman, devenue désormais une parodie d’actrice avec son visage en décomposition, ses lèvres retouchées et sa superbe chevelure rousse – qui sied en revanche parfaitement à l’univers très coloré de Stoker. Il est difficile de parler de Stoker sans trop en dévoiler sur l’intrigue et, pour ne rien gâcher aux amateurs de Park Chan Wook, je ne peux que vous inviter à embarquer pour un voyage étrange, où Hitchcock viendrait s’insinuer dans les obsessions déviantes du cinéma sud-coréen. Un film plaisant, un long-métrage travaillé, une oeuvre fétichiste et esthétique, bourrée d’influences revendiquées, un conte de fées maléfique avec une marâtre dépressive et égoïste, un oncle trop gentil pour être honnête et une jeune et belle princesse en détresse qui cache bien son jeu. Rendez-vous en salles début Mai…

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