👉 20 mai : Mise à jour de notre journal de bord (qui devient hebdo)
Le bilan de la nouvelle version du site est accessible ici.

L'habit ne fait pas la nonne

Quand Park Chan Wook s'accoquine avec les États Unis pour un essai outre Atlantique, il n'y va pas avec le dos de la cuillère et ne se laisse pas aller à affadir ses thématiques pour faire du consensuel. Le coréen possède son panache et l'insuffle en grandes pompes à son nouveau film, n'en déplaise aux âmes sensibles qui ne le connaîtraient pas. En s'appropriant un script tortueux d'un auteur inattendu, il permet à ses premiers pas ricains de frapper fort, de frapper en tout cas comme il tente de le faire depuis ses premiers films, avec vigueur et audace, que ce soit par sa mise en scène ou ses histoires peu communes.

Stoker rappelle d'autres films qui dérangent par leur analyse de la nature humaine qui n'est pas commune. On pense à Pasolini qui s'amusait lui aussi à faire éclater la cellule familiale en y insérant une tierce personne dans théorème par exemple. On pense aussi à la récente série Dexter qui s'intéressait à la domestication des envies de meurtres d'un tueur en série, thème central du film qui nous intéresse. Mais s'il convainc autant, c'est avant tout grâce à la fougue dont fait preuve Park Chan Wook dans sa mise en scène. En plus de mettre sur pied des ambiances lumineuses à tomber, l'homme tente, en permanence, d'apporter à l'image une valeur ajoutée par des placements caméra subtiles. Certes son traitement peut par moment sembler too much, mais il contribue par son côté très créatif à développer le personnage presque fantastique incarné avec beaucoup d’aplomb par la jeune Mia Wasikowska. Associée à l'excellent Matthew Goode, ils tirent littéralement le film vers le haut.

En bref, Stoker porte la marque des grands films, d'une part parce que son sujet peu commun ne sombre jamais dans un déroulement uniquement fait pour choquer, d'autre part parce qu'il est servi par une palette d'acteurs dirigés avec précision et mis en scène avec beaucoup de savoir faire. Park Chan Wook prouve une nouvelle fois qu'il est homme à suivre sa voie, n'en déplaise à ses détracteurs. En tout cas, saluons-le pour avoir réussi à imprimer aux états unis sa marque de fabrique sans se faire bouffer intégralement par des enjeux financiers qui anéantissent généralement les esprits trop marqués par leur univers.
oso
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de 2013

il y a 8 ans

7 j'aime

2 commentaires

Stoker
guyness
7
Stoker

Vin d'été pour une vendetta

Il est extrêmement simple de détester Stoker. Il y a en effet une telle débauche d'idées visuelles, une telle surenchère de mise en scène, de montage, d'esthétisme (y a qu'à voir le générique) pour...

Lire la critique

il y a 9 ans

68 j'aime

11

Stoker
Pravda
3
Stoker

Park Chiant-wook

SPOIL(S) INSIDE Park Chan-wook filme bien, sait choisir ses cadres et associe les couleurs avec maestria... le souci, c'est qu'il le sait, le bougre. Trop. C'est ultra-maniéré, tape à l'oeil et,...

Lire la critique

il y a 8 ans

48 j'aime

12

Stoker
KingRabbit
8
Stoker

Une excellente comédie

Il y avait à peu près tous les éléments pour me rebuter et ne pas me donner envie de voir ce film dans les critiques négatives : - La nouvelle vague coréenne vampirisée par hollywood : des créateurs...

Lire la critique

il y a 9 ans

46 j'aime

3

La Mule
oso
5
La Mule

Le prix du temps

J’avais pourtant envie de la caresser dans le sens du poil cette mule prometteuse, dernier destrier en date du blondinet virtuose de la gâchette qui a su, au fil de sa carrière, prouver qu’il était...

Lire la critique

il y a 3 ans

80 j'aime

4

Under the Skin
oso
5

RENDEZ-MOI NATASHA !

Tour à tour hypnotique et laborieux, Under the skin est un film qui exige de son spectateur un abandon total, un laisser-aller à l’expérience qui implique de ne pas perdre son temps à chercher...

Lire la critique

il y a 7 ans

73 j'aime

15

Dersou Ouzala
oso
9

Un coeur de tigre pour une âme vagabonde

Exploiter l’adversité que réserve dame nature aux intrépides aventuriers pensant amadouer le sol de contrées qui leur sont inhospitalières, pour construire l’attachement réciproque qui se construit...

Lire la critique

il y a 7 ans

57 j'aime

8