Héros malgré lui.

Avis sur Sully

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Revenant sur l'histoire vraie de cet US Airways 1549 ayant atterri sur l'Hudson River en 2009, Clint Eastwood parle surtout de l'après, de la manière dont le pilote, Chesley Sullenberger, a dû gérer sa soudaine notoriété et son face-à-face avec son employeur, lequel lui reproche de ne pas avoir respecté les règles théoriques. Malgré le fait que cet accident n'a présenté aucune victime, soit 155 personnes à bord, ce qui est rarissime dans l'histoire de l'aviation.

Tout comme American Sniper, voire J. Edgar, Eastwood pose son regard sur une figure (héroïque) de l'Amérique, mais en y apportant une humanité incarnée avec brio par un Tom Hanks magnifique. Celui-ci, avec ses cheveux blancs teintés, n'en fait jamais trop, reste constamment sobre, vivant dans un cyclone. A la fois médiatique (il est sollicité de toutes parts, y compris la télévision), personnel (lui et sa famille semblent littéralement prisonniers) et judiciaire (sa société qui lui demande des comptes), il incarne un véritable héros, mais seul lui semble le refuser, apportant cette qualité à son équipage, aux passagers et aussi aux personnes venus les sauver de cet avion flottant.
Il reste néanmoins humain, cauchemardant sur le crash de l'avion contre une tour, s'interrogeant sur la réussite de son atterrissage ; on voit à travers des flash-backs que sa passion pour l'aviation ne date pas d'hier.

Si Tom Hanks porte à bout de bras le film, il est accompagné par Aaron Eckhart (qui incarne son copilote, qui est en quelque sorte son soutien moral), et Laura Linney (jouant son épouse, et pour qui la vie continue, entre les facture, les enfants, et les médias à leur porte).
Et tout cela encore une fois avec une somptueuse photo de Tom Stern, qui donne au film une atmosphère sombre, et la pudeur de la réalisation d'Eastwood.

Bien entendu, on voit les conditions de l'accident, et ce plusieurs fois, et je dois dire qu'on s'y croirait. Ayant une peur panique quand je prends l'avion, j'ai bien dû perdre quelques litres de sueurs à la scène où les oiseaux percutent l'avion, puis entrent dans les moteurs, provoquant leur arrêt.
Même les scènes d'affrontement sont bien réalisées, car contrairement à ce qu'on imaginerait, elles ne sont pas si manichéennes que ça ; eux aussi sont dans leur droit, ils effectuent leur travail, et un compte-rendu, avec des simulations.

Tout cela en fait un film vraiment formidable, très bref (96 minutes !), et qui permet encore une fois à Eastwood d'interroger la figure du héros. Quant à Tom Hanks, il mérite plus que jamais sa place dans un futur biopic consacré à James Stewart...

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Sully est une œuvre produite par Warner Bros©, découvrez la Room 237 de SensCritique.

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