Burn the killer!

Avis sur Summer of Sam

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Traitant des élucubrations d’une communauté d’italo-américains dans le New-York de la fin des années 70 avec un panache, que certains qualifieront d’excessif ou emprunté pas ses effets de style, le Summer Of Sam de Spike Lee est avant tout une remarquable plongée ténébreuse étourdissante dans une époque où la grande pomme vivait dans la crainte du terrifiant tueur en série David Berkowitz, surnommé « fils de Sam ».

Sans jamais se départir de l’idée que de faire du cinéma est aussi une affaire de style, Spike Lee en use sans complexe dans ce film aux accents underground, que l’on peut aisément qualifier de « Scorsesien » tendance Taxi Driver, parvenant habilement à retranscrire l’ambiance d’une époque, les effluves enivrées et dépressives d’une ville qu’il connaît parfaitement, étant avec Marty, Woody Allen et Abel Ferrara, l’un des cinéastes contemporains typiquement New-yorkais les plus accomplis.

Plutôt que d’emprunter la voie conventionnelle du film d’enquête sur la traque d’un serial killer qui alimenta la chronique des faits divers d’une telle manière, qu’il parvint de par ses méfaits à installer un climat de véritable paranoïa en cet été caniculaire de 1977, le cinéaste choisit la voie triviale et frénétique en alimentant sa mise en scène d’effets de style dont il use de manière totalement assumée, et qui ne dessert jamais une intrigue en trompe-l’œil servant principalement à mettre en évidence les excès et dérives des nuits New-yorkaises de l’époque. Et il y parvient admirablement avec une énergie de tous les instants, certes alimentée d’une stylisation que certains qualifieront d’excès jubilatoires ou d’effets pompeux, qui ne m’ont personnellement gêné à aucun moment.

La distanciation, tantôt grave, tantôt vulgaire, son côté fourre-tout et ses partis pris excessifs ultra-stylisés n’empêche jamais le film de penser et s’inscrit sans complexe dans la veine des meilleurs films sur le monde nocturne de big Apple aux côté d’un Mean Streets ou d’un Fear City.

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