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Avis sur Tale of Tales

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Les “vrais” contes sont moins roses et lisses que ce qu’on en a gardé, et Tale of Tales a bien repris ce fait nous offrant trois histoires dérangeantes où le fantastique, le magique, l’horreur et le dérangeant se choquent et s’entremêlent.
Et pour cause: le film se base sur un recueil de contes italien plus ancien encore que nos Perrault, Andersen et Grimm, un ouvrage qui m’était totalement inconnu mais qui arrive d’un coup en pôle position de mes “trucs à explorer le jour où internet sera en panne”.

On est d’abord intrigué par ces trois histoires auxquelles on ne comprend pas tout:
Une reine morose parce qu’elle ne peut pas enfanter va se donner les moyens de changer sa vie, réussir son pari et en payer le prix. Son fils lui sera tenaillé par son envie de s’émanciper et de vivre sa fraternité contrariée avec son quasi jumeau.
Chez les voisins, le roi don Juan désabusé va défaillir pour une voix cristalline, promettre mons et merveilles à sa détentrice sans jamais l’avoir vue et sans penser qu’elle pourrait être vieille et flétrie. Dans le même pays deux sœurs âgées rêvent encore à la vie qu’elles n’ont pas eu et à la jeunesse qu’elles n’ont plus.
Enfin, les troisième royaume est celui d’un roitelet fan d’insectes et tanné par sa fille et son envie d’aventures.

Trois contes dominés par l’envie de tous les protagonistes.
On ne nous sort pas de grands beaux et nobles sentiments, non ils sont tous envieux: d’être plus jeune, plus aimé, plus libre, plus indispensable pour autrui… Et c’est cette soif insensée qui va les perdre puisque leur quête les rend aveugle.

A vrai dire cet aspect des histoire m’a parlé mais m’a aussi perdue en route: parce qu’au fond mon envie à moi n’était pas de voir ça, ou pas que. Parce que j’attendais autre chose, un peu d’émotion peut-être et que je n’en ai pas ressenti.

On attend patiemment de se laisser guider par ces personnages, de les voir souffrir, aimer, grandir, de se sentir impliqué dans leurs tourments.
Et on y est presque: on est intrigué, on essaie de mettre en place les pièces du puzzle, on veut assister à la rencontre des personnages, à leur confrontation.
Mais ça n’arrive pas totalement, et on reste sur sa faim. Comme si on assistait à la réalisation d’un beau tableau mais qu’on partait avant la touche finale: on a l’esquisse de ce qui pourrait être bien, on en comprend l’idée mais il manque le principal.

Globalement notre envie n’est pas rassasiée, et on est réduit à regarder les évolutions, à essayer d’anticiper, de comprendre des personnages qui malheureusement restent dans leur vitrine, bien peu accessibles, ils ne viennent jamais au devant de nous.
Vraiment dommage parce qu’on ne demande qu’à voyager, qu’à croire.

Par exemple pour le prince blanc (sans doute un ancêtre caché des technopères - visuellement très réussi): on sent sa souffrance, sa solitude et sa soif de vivre aussi librement que son double, mais on le sent bien peu, et c’est le seul personnage pour lequel on arrive à frôler des émotions absentes chez les autres.

Le tout est beau, très beau, on a vraiment l'impression de plonger dans un univers magique et angoissant où chaque acteur arrive à briller par sa prestance, et où chaque chose est à sa place, même la musique qui vient nous rappeler qu’on nage en plein rêve.
Mais le temps passe trop lentement et l’émotion est trop absente pour en faire plus qu’un simple voyage agréable.

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