TEL PÈRE, TEL FILS – 14/20

Avis sur Tel père, tel fils

Avatar Thibault_du_Verne
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Il y a 10 ans, Hirokazu Koreeda avait marqué les esprits et bouleversé la Croisette avec Nobody knows, un drame impressionnant sur des enfants abandonnés par leur mère démissionnaire et livrés à eux-mêmes. Son adresse et son sens inouï du récit sont tout aussi percutants dans Tel Père, Tel Fils, prix du jury Cannois, nouveau drame familial poignant qui interroge intelligemment sur la filiation et le liens du sang. Car si l’épreuve que subissent les familles est terrible et à bien des égards inimaginable, le réalisateur japonais évite consciencieusement tout pathos, préférant installer longuement ses personnages pour marquer et expliquer leur évolution. Il s’attache à ce que l’on saisisse que leurs décisions sont déterminées par un contexte bien défini, une histoire particulière. Chaque pièce du drame se met en place minutieusement, patiemment, si bien que Koreeda ne se place jamais en position de juge, mais expose avec simplicité mais rigueur toute la complexité d’une situation intenable qu’il faut malgré tout affronter. Les questions affleurent au fur et à mesure que la solution de l’échange des enfants se matérialise. Qu’est ce qui fait de nous des parents, quelle est la part d’inné et d’acquis dans la relation parent/enfant? Peut-on abandonner un garçon que l’on a élever pendant 5 ans parce qu’il n’a pas son sang et inversement en arracher un autre aux siens? Autant de questions inévitables auxquelles le film ne donne surtout pas de réponses. Parce qu’aucune ne semble valable. Les protagonistes du drame essaient d’y apporter les solutions les moins mauvaises, sachant qu’aucune n’effacera jamais totalement la peine et la douleur.
En plaçant des gens ordinaires dans une situation extraordinaire, en apportant un soin particulier et une justesse saisissante à leur construction, Korreda atteint une vérité bouleversante, fait affleurer des sentiments d’une sincérité folle et apporte au mélodrame une simplicité et une élégance que la noirceur du sujet ne rendait pas évident.
Tel Père, Tel Fils est une fable moderne désarmante et lumineuse.

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