Une suite en demi-teinte

Avis sur Terminator : Dark Fate

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Alors que nous avions laissé Sarah et son fils John vivre dans l’espoir d’un futur inconnu il y a 27 ans, le grand James Cameron nous offre, non pas derrière la caméra, mais à la production, la tant attendue suite de T2 Judgment Day.

Pour bien comprendre ce film, attardons-nous sur le côté « première lecture ». Cette suite, qui se déroule en 2020, nous apporte tous les ingrédients et les clichés que nous attendions. Le retour de Linda Hamilton en Sarah Connor, de Schwarzy en T800, des nouveaux Terminators qui s’affrontent, même si là nous avons une petite différence, et l’histoire recommence au début. Skynet est morte, vive Légion, une nouvelle IA qui veut, elle aussi, détruire l’humanité. Décidément, on va devoir faire attention avec Siri …

Notre nouvelle héroïne s’appelle Dani, une mexicaine qui va se trouver dans la même problématique que Sarah et John en 1995, oui James aime bien changer les années pour nous embrouiller. Tout comme les Connor à leur époque donc, elle a bien du mal à assimiler et digérer tout ce qui lui arrive : le futur, la guerre contre les machines …

Les codes sont là

Retrouver la musique du bar dans lequel le T800 arrive dans T2 est très chouette, tout comme le méchant en camion qui les poursuit en fourgonnette. Et bien sûr la scène de l’hélicoptère ! D’ailleurs notre nouveau méchant Terminator casse là aussi le pare-brise. Il aime aussi avoir ses bras en longues lames et se reconstituer sous forme liquide sur le sol. Comme nous sommes dans la saga de Cameron, il faut naturellement une usine et avec un gros combat à la clé. Et j’en passe beaucoup …

Attention spoil

Si on y regarde de plus près, le grand James nous a concocté quoi ? Une histoire ! Et pas des moindres, car si on compare T2 et Dark Fate on comprend rapidement que les histoires sont très similaires et que même les pensées philosophiques de Sarah dans T2 sont à peu de chose près les mêmes que celles de Dani. Nous sommes dans une sorte de spirale sans fin où l’inéluctabilité et le recommencement ne sont pas de simples mots. La construction du film nous enferme dans des schémas connus (les voyages dans le temps) mais également dans des modes de fonctionnement plus complexes, si tant est qu’on prenne un peu de recul pour y prêter attention.

Si vous voyez ces schémas, vous comprenez aussi qu’ils sont là pour une bonne raison. DF nous annonce que la vie est un éternel recommencement et que tout est cyclique. Si des hommes peuvent créer leur propre destruction, alors d’autres trouverons le moyen d’y échapper et même d’y mettre fin. Skynet devient maintenant Légion et possède toutes les caractéristiques et ressemblances avec le Skynet que l’on connaît. Cette théorie relance à sa façon l’histoire de la saga …

On est même en droit de se poser la question si la fin du monde ou des fins de civilisations passées ou fictives, comme les Incas ou les Atlantes, ne sont pas sous-entendues ? Monsieur Cameron, en se concentrant uniquement sur l’histoire et sur la production, nous offre bien plus de matière à réflexion avec ce riche scénario.

Réalisation en demi-teinte

Tim Miller, à qui l’on doit le très réussi Deadpool et un épisode de la série Netflix : Love, Death and Robots, n’est pas un inconnu dans le monde des grosses productions, puisqu’il vient du monde des effets spéciaux. Cependant, annonçant lui-même qu’il n’est pas un fan de T2, on a du mal à comprendre que James Cameron ait donné la réalisation de la suite de sa légendaire saga à une personne qui n’aime pas la mythique scène du pouce levé du T800 qui dit adieu à John ? Et ça c’est une erreur ! Dark Fate a une réalisation puissante, des scènes de combats assez incroyables et une introduction « rentre-dedans » qui pourrait même faire halluciner un certain Monsieur Bay … C’est peu dire !

MAIS ! Nous ne parlons pas d’un simple film de SF ou d’action actuel. Nous parlons de LA saga Terminator ! Et ça change tout, car en 1984 Terminator avait révolutionné le cinéma avec l’utilisation d’effets visuels nouveaux. En 1992 Terminator 2 avait fait encore mieux et offrait au monde du cinéma un film avec des effets numériques jamais vus, pour un résultat plus que crédible pour l’époque.

Donc, Dark Fate se devait de créer et de révolutionner le cinéma en cette année 2019 ! Et là … RIEN ! La réalisation est bonne, même très bonne, on ne s’ennuie jamais, le montage est à la hauteur et les acteurs sont très bien dirigés. Mais nous sommes dans la norme des films d’action d’aujourd’hui, rien de transcendant, rien de spectaculaire et c’est là le plus gros problème de ce film … La succession de T2 est en demi-teinte.

Côté distribution, notez que Grace (Mackenzie Davis : Tully, Blade Runner 2049, Black Mirror) est la nouvelle protectrice et un soldat humain amélioré. Natalia Reyes (premier rôle international en dehors de la Colombie) interprète Dani et Gabriel Luna (le Ghost Rider d’Agents Of SHIELD) est le Terminator nommé Rev-9.

Culte ou normal ?

L’accueil américain de Dark Fate est très timide, et il y a fort à parier que l’Europe fasse de même. Logique, car tout le monde attendait un film visuellement révolutionnaire et qu’on en prenne plein la gueule pendant deux heures. Mais même si ce troisième volet de la saga Terminator n’apporte pas son lot de prouesses techniques, ce Dark Fate amène un scénario costaud qui, espérons-le, trouvera un second souffle en vidéo. Il serait aussi louable que ce film engendre un jour une suite, avec aux commandes cette fois, un vrai réalisateur … peut-être pour 2046 ?

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