Extension du domaine de la lutte par l'utilisation combinée des bienfaits du milieu marin

Avis sur Thalasso

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Le cinéma français aurait-il trouvé un nouveau souffle grâce à l'absurde ? En même temps que sort Perdrix du prometteur Erwan Le Duc paraît donc le nouvel opus de Guillaume Nicloux, Thalasso.

Le postulat de départ, une cure de thalasso, est propice à du comique de caractère du fait des réactions dégoutées de Houellebecq (Michel Houellebecq) devant l'eau froide et la cryothérapie ; de sa résignation de fumeur oenophile devant les interdictions médicales. Avec l'arrivée de Depardieu (Gérard Depardieu) le contraste à la Laurel et Hardy entre les duettistes assure de bons moments de sourire.

Mais Thalasso tombe dans la gravité en même temps que les situations dramatiques apparaissent . Cinq ans après son enlèvement par les services secrets de Hollande, Houellebecq, avec l'aide de Depardieu, va-t-il arriver à lever les menaces qui pèsent sur lui après la rupture entre Ginette et Dédé au bout de 50 ans de mariage ? Thalasso passe insensiblement à la philosophie de situation et au mal-être métaphysique. Comme le dit dans le film Houellebecq, «  le problème de la vieillesse, c'est que l'on reste jeune ». Des signes au départ invisibles viennent plomber la jeunesse d'esprit des deux partenaires. « L'installation  artistique » composée d'un mur de valises suggère un départ prochain ; des livres d'Alain Minc, le chantre de la mondialisation heureuse, font prévoir une catastrophe imminente ; le nom d'un acteur du siècle passé, Jean-Pierre Léaud, nous renvoie à la vieillesse et à l'oubli ; Sylvester Stallone, en guest star rencontré par hasard sur la plage de Cabourg, est le messager d'un dénouement violent ; une séance de tarot divinatoire confirme le diagnostic. Autant de questionnements récurrents qui interpellent mais c'est compter sans les bienfaits de la thalasso qui procure comme on sait une cure de jouvence.

Le réalisateur avoue être plus intéressé par les personnalités que par les acteurs; en raison de leur silence depuis quelque temps dans les media, le spectateur est ravi de revoir les deux protagonistes, les rares à oser dire ce qu'ils pensent. Grâce à Gérard Depardieu et Michel Houellebecq, attachants, le spectateur réussit à adhérer au film de Guillaume « ni-colle »Nicloux.

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