Jean Dujardin, l'acteur ?

Avis sur The Artist

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Entre le coup de cœur cannois et les rumeurs de course à l'Oscar, The Artist est certainement l'événement ciné français de cette fin d'année 2011 (MàJ : Cocorico !).

Que savais-je avant de le voir ? Que le film allait être formellement ambitieux, qu'il allait se dérouler en forme d'hommage au cinéma des années 30 et qu'il allait proposer de sacrées performances d'acteurs.

Je savais donc à peu près tout en fait. À peu près seulement... car, malgré tout, quand on entre dans la salle, on se demande un peu à quelle sauce on va être mangés.

The Artist part d'un principe simple : il joue sur le son pour faire passer les émotions et utilise les silences de manière moderne pour faire réfléchir le spectateur sur sa propre narration. Finalement, il s'agit presque plus d'un film parlant sans son plutôt que d'un vrai film muet comme ceux dans lesquels jouent le héros, George Valentin. C'est ce qui fait l'intérêt de l'objet, qui n'est ni un hommage total ni une franche parodie. Ainsi, le film n'est jamais ennuyeux sans pour autant tomber dans la potacherie (comme peut parfois le faire OSS 117) et est même, au contraire, plutôt fin lorsqu'il ajoute un second degré pas si anachronique aux parodies de films de l'époque.

Et ça marche plutôt bien parce que, même si le chemin des péripéties est balisé, les personnages sont réalistes, pleins d'aspérités. Dujardin l'orgueilleux et Bejo la minaudante hyperactive (à la limite de Katharine Hepburn) tiennent le film sur leurs épaules bien aidés par des seconds rôles de qualité (Goodman, Cromwell, McDowell) et un chien tromeugnon. Les performances sont à l'ancienne : physiques (le numéro de claquettes) et subtiles (un sourcil levé au bon moment peu faire rire une salle). Le tandem parvient à donner vie autour de lui à un univers franco-hollywoodien presque surréaliste et qui ne fait jamais cheap.

Toutefois, le film peine parfois à sortir de ses gimmicks à cause de personnages aux réactions un peu stéréotypées et aux caractères trop peu combatifs (on aurait bien envie de leur botter les fesses pour qu'ils se reprennent en main). Ceci dit, le ton du film, enjoué, a suffi à me captiver.

Au final, je vous conseille de ne pas vous fier à l'habillage commercial prétentieux made in Langmann et d'aller découvrir The Artist en salles parce que, sans atteindre des chefs d'œuvre comme Chantons sous la pluie ou Boulevard du crépuscule qui brossaient déjà les mêmes thèmes il y a 60 ans, c'est tout de même une expérience à vivre. Et tant pis si le film est hypé de partout par une frange du public : il demande plus d'efforts qu'il n'en a l'air.

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