Quand il n'y en a plus...

Avis sur The Beatles : Eight Days a Week - The Touring...

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Un documentaire de plus... La rançon de la gloire vous me direz ! Si ce n'est l'axe qui a le mérite d'être au moins autant sociétal que musical, on est en droit de se demander ce qu'un film de plus apportera à part des Royalties. Mais bon c'est Ron Howard... Le film est fouillé, truffés d'archives nettoyées comme jamais auparavant, notamment en ce qui concerne le son ! Finalement, on passe un vrai bon moment.
Seul gros regret -mais je crois que personne ne rendra jamais l'hommage qui leur revient- des noms comme Norman Smith et surtout Geoff Emerick sont une fois de plus complètement zappés. J'avais été frappé à l'époque de la sortie de l'Anthologie (en vidéo et dans le superbe livre) que le premier soit à peine cité et le second parfaitement ignoré. Ici, la période couverte ne permet pas vraiment de s'intéresser au cas d'Emerick. Quoi qu'il y ait des images de l'enregistrement de Revolver et de Sgt Pepper, avec des photos de George Martin à la console. Comme si Sir George Martin avait été LE "presse-bouton" ! Sans retirer les lauriers bien mérités de ce dernier (pour l'ensemble de son œuvre et pas seulement avec le Fab'Four), c'est bien Emerick qui façonnait le son, inventait au fur et à mesure l'originalité du son Beatles. Personnellement j'attends toujours que quelqu'un se penche sur le cas de ces hommes de l'ombre qui ont fait avancer la musique dans les années 60-70 au moins autant que les artistes qu'ils ont accompagnés.

Le public visé ne me semble pas plus vaste que la communauté des Beatle'maniacs assumés sachant déjà tout ou presque. Ce qui m'amuse le plus du coup, c'est d'imaginer les fans anonymes de l'époque, parmi lesquels Sigourney Weaver ou Whoopi Goldberg, se reconnaissant à l'image cinquante ans après. C'était de la folie pure ! Quand on imagine que les sonos n'étaient pas proportionnées pour et que le public ne devait pas percevoir grand chose du spectacle auxquels ils avaient la chance de participer... Les images montrent un aspect sociologique et culturel. En Grande Bretagne, le public est quasi exclusivement composé de filles en délires. Alors qu'aux USA, il semble que les fans masculins sont majoritaires ! En France on ne sait pas trop. Mais la légende veut que l'Olympia venait applaudir Sylvie Vartan (public masculin et libidineux donc) et n'a que peu apprécié la prestation des Beatles (en première partie !). Un fait n'ayant pas été relayée dans ce film...

Autre point amusant... Quand l'un des quatre, Ringo il me semble, explique que le groupe ne gagnait pas grand chose avec la vente des albums et que seuls les concerts rapportaient de l'argent. Il n'y avait pourtant pas de téléchargement illégal à l'époque ! Donc la chute des ventes de disques de nos jours est-elle vraiment en train de ruiner les musiciens et la créativité ? Pas si sûr finalement. Non l'industrie musicale a toujours spolié les artistes. Rien de nouveau sous le soleil !

Enfin bref. En les regardant, ces quatre là, on les envie nécessairement. Ils ont probablement changé la musique à jamais. Engendrant à la fois un phénomène de société, une avancée majeure des techniques de prise de son, une modification radicale de l'économie de l'Art, des recherches techniques pour la sonorisation des concerts géants qui se sont développés les années qui ont suivi...

Point de vue intéressant d'ailleurs que celui d'Elvis Costello, qui parle de sa propre réception de l'album Rubber Soul. D'abord déçu et circonspect au regard des productions précédentes, il finira par adorer l'album. Et là aussi les Beatles ont fait évoluer les choses dans le bon sens. On ne se contente plus de reproduire un schéma ad vitam. On cherche, on invente, on prend des risques, on titille l'auditeur, on va le rechercher en permanence au risque de le perdre. Ce faisant, ils ont d'abord entrainé les Beach Boys puis tous les groupes qui ont suivi durant la décennie suivante. Et le public savait à l'époque se prêter au jeu.
J'aime à penser que le produit de leurs quatre talents mêlés a propulsé des artistes et des genres musicaux nouveaux, révolutionnant la pop, anticipant le rock psyché ou le rock Progressiste qui eux même ont fait émerger, hard, heavy, metal, pop/rock, j'en passe... Heureusement qu'il est impossible de les effacer du film, car probablement que tout aurait été ensuite très différents...

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