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The Big Short : Le Casse du siècle par Hugo Harnois

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Quel beau et surprenant virage qu’opère Adam McKay en réalisant The Big Short ! Adepte des comédies US, le papa de Very Bad Cops ou Frangins malgré eux s’attaque au monde de l’économie en racontant comment quatre hommes ont su prévoir l’explosion de la bulle financière. Ambitieux.

Des films sur la sphère économique, il y en a eu. Le glaçant Margin Call ou l’extravagant Loup de Wall Street pour ne citer que les meilleurs. En remontant quelques années avant la crise, le réalisateur prend le parti pris d’affirmer que tout était prévu en adoptant un angle original. Et de singulier, il n’y a pas que cela. On en peut en effet donner aucune étiquette à The Big Short. Car si le jargon financier pourra paraître abscons, tous les délires formels de l’américain participent grandement à la réussite du film.

Il faut être honnête, on se fiche un peu de savoir par quels calculs mathématiques des génies ont anticipé ce krash immobilier. L’essentiel se trouve dans la matière plastique de The Big Short. La caméo de Selena Gomez confrontée à un théoricien de la finance est aussi délirante qu’instructive. Les arrêts sur image, les regards caméras et le montage boosté à la nitroglycérine cassent la barrière qu’il y a entre le spectateur et l’objet filmé. Enfin, la BO composée entre autres de Gorillaz, Gun and Roses, Led Zep’ ou Neil Young renforce le côté pop de cette fiction hybride, aux faux airs de documentaire.

L’autre brillante idée concerne le casting. D’accord, Gosling, Carell, Bale et Pitt se partagent l’affiche. Mais là n’est pas l’important. Non, ce qui compte, c’est que McKay ait eu le soin de grimer tous ses personnages. Chacun, dans leur genre, a été volontairement enlaidi. L’œil en moins ou les teintures de cheveux ne sont pas que des artifices idiots pour ajouter de la densité à ces hommes. Ces détails permettent à ces superstars de se fondre derrière leurs rôles, tous convaincants et magnétiques. La palme revient à Bale et Carell, acteurs au physique d’autistes et véritables monstres d’interprétations.

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