La cabane dans les larmes

Avis sur The Book of Henry

Avatar Red Arrow
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Henry est un enfant surdoué de 11 ans s'occupant de sa mère célibataire et de son petit frère. Alarmé par l'attitude renfermée de la petite voisine de son âge, il en vient vite à soupçonner son beau-père de la maltraiter...

Flingué par la critique américaine et partiellement responsable du renvoi de Colin Trevorrow de la saga "Star Wars", "The Book of Henry" est une espèce de mélange des genres assez incroyable par sa proposension à ne rien s'interdire en matière de chantage émotionnel. Imaginez une sorte de sucrerie tire-larmes ultime qui s'amuserait à jouer au yo-yo avec vos sentiments en passant d'un registre à un autre totalement différent en un clin d'oeil.
On peut comprendre l'avalanche d'avis négatifs, après tout, "The Book of Henry" est une sorte de condensé improbable de mille et un pitchs différents de téléfilms peu recommandables tout en étant très généreux en grosses ficelles scénaristiques mais, si vous cédez un tant soit peu à l'engrenage émotionnel qu'il propose, la mécanique infernale astucieusement mise en place se referme implacablement sur vous et il sera dès lors impossible d'en réchapper.

Dans ce qui pourrait s'apparenter à une mièvrerie ambiante, Colin Trevorrow place pourtant des dizaines de petits détails attachants, de simples sourires, a l'intérieur de cette première partie sur le quotidien de cet enfant prodige et de son influence bienveillante sur son entourage où il est bien difficile de ne pas être conquis (si vous ne l'êtes pas, renoncez, la suite vous fera probablement tourner de l'oeil). Le trio de comédiens (Naomi Watts, Jaeden Libierher vu dans "Ça" et Jacob Tremblay dans "Room") est tellement irrésistible par ces personnages dessinés en quelques traits de caractère amusants que l'on a dû mal à voir comment le film va parvenir à se diriger vers un tournant plus grave alors que les événements sordides vécus dans la maison voisine font surface. Comme l'ambiance est équivalente à une plongée dans une immense barbe à papa (et on y est plutôt bien), Colin Trevorrow n'a pas d'autres choix que de suggérer de manière très grossière la possible maltraitance de la jeune voisine.

Mais, alors que le film commence à patiner sur ce point précis, arrive un rebondissement d'une facilité improbable qui emmène "The Book of Henry" sur le terrain du pur mélodrame. On en taira évidemment la teneur mais c'est sans doute à ce moment précis que le film divisera le plus.
Si vous choisissez d'y succomber, préparez à vous à mettre des oeillères sur les procédés désuets qui vous font habituellement tiquer au cinéma et laissez-vous simplement porter par une histoire au sentimentalisme exarcerbé qui vous arrachera pas mal de larmes sur sa route tout en allant même gambader du côté du thriller (si, si !). Les autres resteront sûrement sur le bord de la route à crier à la niaiserie éhontée mais ils auront bien tort car "The Book Of Henry" est un film certes loin d'être irréprochable mais toujours étonnant et finalement assez inédit par sa volonté de mélanger les genres dans un écrin émotionnel traditionnel pour un résultat à l'efficacité indéniable.
Jolie découverte.

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