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On the road

Avis sur The Brown Bunny

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Bud Clay est inconsolable depuis la perte de la femme de sa vie, il va de rencontres en rencontres, incapable d’oublier Daisy.

Road trip de la solitude et du chagrin, The Brown Bunny est avant tout un portrait masculin, celui d’un homme hanté par l’absence d’une femme, qui vit muré dans son silence et ses souvenirs. Un homme qui s’accroche au passé entre culpabilité et expiation. Qui cherche malgré tout à démarrer une autre histoire tout en se sachant incapable de remplacer l’amour de sa vie. Ces rencontres, des femmes croisées au hasard de la route, dessinent en filigrane une carte de sa solitude affective à travers des portraits fugaces mais justes de femmes tout aussi seules et en quête d’une autre vie. Des personnages si vrais qu’ils semblent sortis d’un documentaire sur le désert affectif. Cette empreinte réaliste est tout aussi présente lors de la visite de Bud aux parents de Daisy, des petites gens, oubliés de tous, dans une maison silencieuse d’une banlieue oubliée.

Bouleversant et triste, The Brown Bunny est un film de silences, contemplatif et hypnotique. Vincent Gallo se filme en gros plan au volant de son van, il filme la route à travers le parebrise en de longs plans séquences. Il filme la route de jour comme de nuit, par tous les temps et à travers tous les paysages. Ces plans construisent sa solitude et son chagrin, sans eux le film perd de sa substance.
La version présentée à Cannes en 2003 était plus longue d’une demi-heure. Les coupes se sont concentrées pour l’essentiel sur les plans de la route, ce qui fait de la version sortie en salles un autre film avec un autre rythme. Les deux versions sont réussies mais la perception du temps et la construction du personnage de Bud sont différentes, la version courte est moins immersive, elle nous laisse un peu plus à l’écart du parcours du héros et de sa douleur.

Le film a suscité de bonnes critiques mais aussi des réactions violentes, certains dénonçant l’ennui des plans sur la route ou la scène de fellation non simulée de la dernière séquence. Chloë Sevigny impeccable dans le rôle de Daisy, et déjà venue à Cannes pour un autre film qui n’était pas passé inaperçu (Kids de Larry Clark) offrait avec cette scène au Festival de Cannes son scandale pour l’édition 2003. Au-delà du scandale voici ce que déclarait Vincent Gallo lors de la conférence de presse sur la dernière scène :

"Ce qui m'intéressait, c'était le concept de la sexualité extrême et réaliste. La pornographie ou l'érotisme ne m'intéressent pas. Ce qui m'intéresse c'est que les comportements sexuels physiques sont véritablement le contraire de ce que les gens pensent et ressentent à ce moment-là. Quand vous voyez du sexe 'fondamental', c'est très bizarre : c'est excitant, mais étrange en même temps. En incorporant cette scène dans le film, je ne pouvais l'imaginer autrement : je ne pouvais pas séparer le physique et les émotions. Mais je n'étais pas motivé par la pornographie et le scandale : il me semblait que le physique et les émotions ne pouvaient être séparés pour en garder l'impact. (...) La scène est complexe et pathologique".

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    Classement finalement assez variable selon l'humeur et les revisionnages.

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