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Avis sur The Cell

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Sous-estimé à sa sortie, le film de Tarsem Singh aurait-il gagné plus d’éloges si Aronofsky, Cronenberg ou Fincher l’avaient mis en scène ? Doit-il sa mauvaise réputation du fait d’absence de reconnaissance de Singh dans le monde du cinéma et de sa formation clippesque et publicitaire ? The cell est pourtant une belle œuvre graphique envoûtante dont l’intrigue importe moins que sa mise en forme extrêmement élaborée. Singh se soucie finalement peu du bon déroulement du scénario (au demeurant sans surprise, mais concis et adroitement intensifié par le montage, surtout lors du final), préférant avant tout magnifier, sublimer chaque scène, les tenir dans la durée jusqu’à une sorte de panacée visuelle, et ce dès le générique d’ouverture, somptueux voyage par-dessus les dunes géantes de Sossusvlei (Namibie) sur les accords arabisants d’Howard Shore (qui signe là sa b.o. la plus remarquable avec celle du Festin nu).

Singh pioche essentiellement dans les grands noms de l’art contemporain (Pierre et Gilles, Odd Nerdrum, Damien Hirst, Matthew Barney, Escher, Topor et sa Planète sauvage) pour minutieusement construire ses plans comme des installations scéniques d’une puissante beauté, esthétique bien sûr, mais aussi allégorique (les corps suspendus dans les combinaisons d’écorchés ou Stargher sortant de l’eau en prince des ténèbres sophistiqué). Emporté par les costumes flamboyants d’Eiko Ishioka et la photographie lumineuse, très "ligne claire", de Paul Laufer, Singh se permet de contrecarrer toute analyse théorique et psychologique de son film qui se veut, d’abord, comme une ode panégyrique à l’art multiforme et à l’imagination sans limite.

Les éléments narratifs et "techniques" du scénario ne sont que des subterfuges, les soubassements d’une œuvre qui n’existe que par et pour son invention fantasmatique et sa splendeur perpétuelle. The cell ne recherche pas la logique et l’engouement sensationnel du film de serial killer, il joue principalement sur la complexité et la matérialité ultime de nos fantasmes et de nos pensées (pouvoir les vivre réellement) en passant par ceux, effectifs à l’écran, d’un autre.

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