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Avis sur The Chaser

Avatar Confucius
Critique publiée par le

J’avais vu The Chaser pour la première fois l’été dernier sur les recommandations d’un ami. Je n’avais encore jamais vu de films sud-coréen donc je dois vous avouer que j’étais plus que circonspect devant ce cinéma. Mais j’ai rapidement changé d’avis et ai été conquis par le film. J’ai ensuite regardé et apprécié Memories of Murder et récemment Old Boy.
Mardi 30 aout vers minuit, fin de soirée (très précoce), nous sommes trois potes à rester, nous nous décidons de regarder un film. Je ramène donc quelques DVD dont Shining, Hunger et Memento, mais rapidement nous dérivons sur les films sud-coréens, et je leur propose de leur faire voir The Chaser dont je leur vante la qualité depuis un certain temps.
Alors que dire maintenant de ce film après ce deuxième visionnage ?

Pour petit rappel The Chaser est un thriller sud-coréen sortit en 2009 réalisé par Na Hong-Jin. Pour un premier film, je dis chapeau bas.

Joong-ho est un proxénète et ancien flic de son état, il s’inquiète en constatant que plusieurs de ses péripatéticiennes ont disparu, il pense d’abord qu’elles se sont enfuis mais il constate que plusieurs d’entre elles y compris de filles d’un autre proxénète ont eu pour dernier client la même personne. Il part donc à sa recherche en pensant qu’il les a revendu à un autre réseau de prostitué, mais il s’aperçoit rapidement que cela est bien plus grave…

Ce qui est particulièrement intéressant dans The Chaser c’est que l’on n’a pas un suspense classique, j’entends par là une véritable enquête qui va nous révéler juste à la fin qui est le meurtrier ou le « méchant » du film, comme dans Seven ou Usual suspects par exemple. Dès les premières minutes on prend connaissance du tueur, et d’ailleurs le personnage principal du film et la police aussi, à qui il révèle ses meurtres dans les moindres détails. Mais le problème est qu’il refuse de signer toute déclaration. On se demande donc comment cela va-t-il finir. Et le suspense tient à savoir si la fille va réussir à s’échapper et si le meurtrier connu va réussir à passer entre les mailles du filet.

Et bien sûr qui dit thriller sud-coréen dit film bien glauque et violent, et dans ce domaine on est bien servit. L’ambiance du film est noire comme il le faut. Notamment à travers certaines scènes avec le tueur que cela soit dans de la violence montrée et surtout de la violence suggérée que l’on imagine car le réalisateur a eu la bonne idée de filmer certains actes en regardant le meurtrier et non en montrant véritablement l’acte, mais que l’on s’imagine très bien… ou comment montrer de la pure violence sans la montrer. Notamment la découverte de l'antre du tueur qui est particulièrement sordide.
De plus plusieurs scènes de courses poursuites ont été incorporées dans le film, qui heureusement ont un côté réaliste, j’entends par là que le héros ne va pas courir pendant 30min et comme par hasard rattraper la personne qu’il poursuit.

L’ambiance noire se ressent aussi dans les différents personnages du film, qui ont chacun une part d’ombre. Notamment le « héro » du film, qui ne fait pas partie de ce que l’on pourrait appeler le gendre idéal, proxénète, même si il n’y a pas de sous métier comme dit l’adage, ce n’est pas très glorieux. D’ailleurs on ne sait pas grand-chose d’autre de lui, si il a une femme ou des enfants (enfin si je me souviens bien). Cela nous change de l’habituel héro américain aseptisé.
Cette ambivalence se voit aussi à travers le personnage du meurtrier, en apparence le parfait Mr Nobody, propre sous tout rapport, mais qui est en fait un gros détraqué, qui tue des femmes car cela est le seul moyen de la faire jouir, qui a dit glauque ? Et encore je vous épargne la façon dont il le fait. Tout cela pour montrer encore une fois que l’habit ne fait pas (forcément) le moine.
Cette ambiance sombre caractéristique se voit aussi bien sûr par les thèmes abordés dans le film, en particulier celui de la prostitution, et la nécessité (si on peut dire) de certaines femmes de le faire car elles ont une famille à nourrir. D’ailleurs ce sont les passages avec l’enfant qui donne un petit côté dramatique au film.
Mais dans ce film plusieurs choses m’ont fait pourtant sourire. Déjà le personnage de tête de nœuds qui lui porte parfaitement son nom. J’ai aussi la manie que les sud-coréens ont à taper sur la tête des autres, notamment avec leurs fameuses baffes très caractéristiques.

Pour conclure, une valeur sûre. Et The Chaser montre encore la maitrises des sud-coréens pour les thrillers.

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