Le capitalisme c'est pas bien

Avis sur The Company Men

Avatar Confucius
Critique publiée par le

Bobby Walker, cadre important dans une grande société américaine se retrouve du jour au lendemain au chômage, suite à un plan de licenciement pour faire remonter la valeur boursière de l’entreprise. Résidant dans une banlieue chic, belle maison, petite Porsche, abonnement au golf, comment notre pauvre petit cadre sup’ va-t-il faire pour maintenir son niveau de vie ?

L’histoire est plutôt sans saveur, dans le sens où tous les personnages, toutes les situations, les évolutions du personnage sont attendues, et c’est bien dommage.

On nous montre encore une fois l’individualisme en vogue dans ce milieu, cela est clairement visible dès le début du film quand Bobby se fait virer, aucun message de soutien de la part de ses collègues, ceux-ci souhaitant juste savoir si eux sont sur la sellette ou non.
Pour la 100eme fois la façon dont dans ces grands groupes la déshumanisation et la froideur de ce milieu, où on te vire en 5min sans t’avoir prévenue auparavant, ici pas de sentiments, tu fermes ta gueule et tu dégages ! Le point d’orgue est même atteint lors du licenciement de Tommy Lee Jones (plutôt sympathique dans le film d’ailleurs) qui joue le rôle d’un grand responsable du groupe et ami du patron, mais qui se fait virer comme un malpropre après s’être opposé à plusieurs reprises aux vagues de licenciements. Bon c’est bien beau tout ça mais rien de neuf sous le soleil.
On nous montre aussi qu’une fois au chômage, c’est parfois humiliant, souvent difficile de retrouver un travail, même pour des individus de ce milieu, et encore plus quand on est vieux (hein le vieux cadre sup’ qui doit faire face aux nombreux jeunes sur diplômés).

De même le personnage de Bobby (joué par Ben Affleck, qui n’est toujours pas près de décrocher un oscar du meilleur acteur au passage) au comportement typique (ou plutôt caricatural) d’homme de son milieu : attitude hautaine envers les autres, notamment envers du frère de son père (anti capitaliste et travailleur manuel, un peu le héros du film…), vous comprenez la charpenterie ce n’est pas assez bien pour lui ; fière de lui-même, il ne veut pas baisser drastiquement son salaire pour se faire de embaucher, vous comprenez, il vaut plus que ça…. Le matérialisme extrême du personnage est aussi clairement montré, comme si le golf, sa voiture …auxquels il doit renoncer sont des biens censés être une part de son identité et nécessaires pour se maintenir dans la « caste » à laquelle il appartenait auparavant.
Prévisible et un peu béni oui oui d’ailleurs le retournement de Bobby, qui va bosser quelques temps dans l’entreprise de « BTP » du frère de sa femme (au passage modèle parfait d’optimisme, qui ne la rend pas très « réaliste » si je puis dire), chose qu’il n’aurait bien sûr jamais voulu quelques temps avant. Mais vous savez bien, on apprend la vie et une bonne façon de vivre, plus morale, plus éthique, en faisant un boulot manuel, et quel miracle, il se rend compte que l’argent ne fait pas tout, fantastique ! (ironie bien sûr). Oui comme vous l’avez compris, les scènes « heureuses » sont clairement trop accentué que ça leur fait perdre toute crédibilité.

En gros on veut nous faire comprendre que la crise ça touche tout le monde, et même ces personnes qui se croient les rois du monde peuvent chuter de leur piédestal, mais bon, on le savait déjà… cela couplé avec une morale simpliste et déjà vu avec au passage une critique bien facile du système capitaliste.
Du coup, le film perd beaucoup d’intérêt, on reste dans la superficialité, aucune critique profonde, mais ça se regarde tout de même, un film tout juste acceptable en somme…

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 726 fois
27 apprécient · 3 n'apprécient pas

Confucius a ajouté ce film à 1 liste The Company Men

Autres actions de Confucius The Company Men