Aucun doute, c'est la saison du navet

Avis sur The Dead Don't Die

Avatar Pimenthe
Critique publiée par le

Comment procéder pour analyser un tel film ?

Commençons par le scénario: disons que vous n'aurez pas mal à la tête. Le casting ? Un outil, à mettre au profit d'une bonne écriture et d'une photographie pertinentes pour en faire quelque chose de plaisant voire de beau - ce qui sonne dans le cas de ce film comme du gaspillage.

Non, concentrons-nous sur le peu de "bons points ".
Des critiques que j'ai lues et qui portaient un regard mélioratif sur cette bouse -je n'ai pas pour but d'étouffer mon avis dans le politiquement correct, ce film est le plus mauvais que j'ai vu de l'année et je n'expliquerai pas ça à mi-mots- on retient globalement deux choses: l'humour subtil et la critique de la société de consommation.

Commençons par ce premier point. En théorie de l'humour, le comique de répétition est un des grands classiques, identifiés depuis des siècles. Dans le cas présent, nous pouvons trouver deux types d'"humour": des références aussi subtiles et inattendues que l'autotune dans un morceau de mauvaise pop; et du """"comique"""" -notez les guillemets- de répétition qui est juste L O U R D.
Pas au sens "mec, hier j'ai couché avec deux lesbiennes c'était lourd", non; juste lourd.
C'est attendu, pas fin, nul. Ca, lié au rythme du film qui aurait pu être effréné ou contemplatif mais qui n'est pas assez beau ni et trop lent pour être contemplatif et qui manque assez d'action pour happer le spectateur dans son fil- tout ça avec des réflexions évidentes s'enchaînant avec la mollesse d'un jeune éléphant: c'est LOURD.
Mais vraiment.
Attendu, minable. Au niveau des répétitions comme des références, on a le temps de bailler trois fois, résoudre un rubiks cube sans les mains et de prévoir exactement quelle réplique va sortir. Okay, le comique de répétition ça peut être d'autres. Si vous voulez savoir comment, regardez d'autres films.
Un film à l'humour naze (vraiment, je suis bon public et je ne m'appesantis pas pour rien - vous vous direz "mais *, non, c'est mauvais, ça se fait que ce film ait été financé alors que deux élèves de sixième auraient fait plus intéressant et drôle ?), au casting gaspillé et à la photographie pas folle, ça court les rues.

Le gros point de ma critique est le côté idéologique. Si ce film est une critique de la société des habitudes consuméristes et surtout de l'écoscepticisme courant; et bien autant dire que les politiciens d'Alabama sont des militants progressistes.
Avec son inefficacité totale, ses plans mous; son rythme prédit et pas drôle, (j'aime les nanars et les bons films, là c'est pile-poele au milieu du gouffre de l'inintérêt) et surtout son rapport avec les sujets abordés sont tellement maladroits qu'on cherche presque une seconde lecture dans l'oeuvre. Si c'est le cas, on pourrait comprendre le film comme une critique des oeuvres altermondialistes, pointant leur naïveté à travers la mauvaise réalisation des films et l'évidence des symboles employés, devenant de ce fait tous inefficaces.
Si c'est le cas, le film est une réussite totale. En le voyant, on ne peut voir que d'un mauvais oeil toute tentative d'argumentation en faveur q'une remise en question du capitalisme. Ce film les fait passer à travers son "humour" pour vues et revues, si chiantes et semblables qu'elles se discréditent d'elles-mêmes.
Et c'est bien là le problème: si c'est le cas, Jarmusch est un enculé (désolé les éco-sceptiques, vous proposez de flinguer la planète, moi je vous propose d'aller vous faire voir); et si ne l'est pas, le résultat est le même.

Je mets 2 pour une scène ou des mains floutées arrivent sur les fenêtres embuées d'une voiture éclairée de belles teintes rouges et bleues. C'est vu et revu mais s'il faut trouver un point positif ce sera plus dû à ça qu'au Donald Duck de Star Wars qui ne sert à rien dans cette trame.
Il y aura peut-être des petits rigolos pour aborder ce film d'un point de vue philosophique mais il est bien trop creux pour que parler de quelconque scepticisme ne se révélasse être autre chose qu'une perte de temps.

Je me demande quelle sorte de weed avait fumé Jarmusch pour accepter de signer ce navet de son propre nom:'à travers ce film il l'insulte au moins autant que tous les spectateurs qui auront été piégés en croyant avoir affaire à quelque chose d'intéressant.
Vous voulez un bon Jarmusch ?
Dead Man. The Dead don't die sera aux oubliettes avant même la fin de sa projection en salle.
Il est tellement naze que j'ai pu en faire une critique négative sans même parler de la lourdeur de la promo de la bande-originale qui est l'exemple le plus probant d'à quel point le film se montre lourdeau aux seuls moment où il veut être drôle.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 270 fois
Aucun vote pour le moment

Autres actions de Pimenthe The Dead Don't Die