Petite croix rouge

Avis sur The Diary of a Teenage Girl

Avatar AndreaLeonor
Critique publiée par le

C'est sans hésitation aucune que j'ai accordé un beau 10 à ce beau film. Il s'agit selon moi d'un film important, un film différent, un film qui dépasse ce à quoi je m'attendais d'un teen-movie (comme le vend (à tort) le titre). J'ai besoin d'écrire un petit quelque chose sur Diary of a Teenage Girl, mais ne sachant pas par où commencer, on va faire système débrouille : je vais re-voir le film 16h après le premier visionnage et commenter en même temps. Allez suis moi.

1) L'époque de l'histoire, les 70's, est impeccable. Les décors, les costumes, le grain de l'image, les nuances sepia de la photographie et surtout les moeurs qui nous échappent aujourd'hui. Enfin, je me comprends, les moeurs de certaines familles. Si l'histoire se passait pendant les années 2000, le personnage principal serait un garçon qui aurait pour hobbie de se masturber en badigeonnant son sexe dans une tarte à la pomme. Ou si c'était une fille, elle serait forcément catégorisée comme la coincée un peu bêta ou la salope qui s'assume ou le garçon-manqué asexué. Des cases, toujours, qui s'emboîtent comme des poupées russes.Jamais d'entre deux. Jamais Ô grand jamais de débats trop gênants. Juste ce que la société veut entendre. C'est aussi pour cette raison que ce film est important. On fonce dans le lard, on se pose pas de questions, on explose le tabou. Et si on arrêtait de tourner autour du pot?

2) Première réplique qui m'a fouettée : 4:56, Monroe, le beau-père du personnage principal Minnie, lui effleure un sein sans le faire exprès. "I wonder if my breast felt small." qu'elle se demande.

3) L'utilisation délicate et parfaite du dessin, rappelant le livre graphique de base et la passion pour le dessin de Minnie. Ca donne des pointes de couleur, ça raconte encore plein de choses non-dites, ça rappelle le côté poétique de son caractère et toujours ce côté 70's irresistible.

4) Premier moment qui m'a fouettée : 7:07. La scène du bar, qui je crois est entrée dans mon palmarès des meilleures scènes de cinéma. Rien que ça. Ils sont complices, doux, et pourtant la tension sexuelle est très présente, c'est le début de tout. Et moi qui suis très facilement gênée par des scènes qui pourraient paraître malsaines... J'ai été attendrie à "You just gave me a hard-on" que lui balance Monroe. La magie opère. Elle va même vérifier si il ne ment pas. Après tout, elle a 15 ans. Elle apprend. C'est sûrement cet aspect juvénile et curieux qui fut attendrissant.

5) La relation entre Minnie et Monroe. 15 ans VS 35 ans. Le tabou extrême. Lolita, Un moment d'égarement etc etc etc. Déjà vu au cinéma, oui mais non. Encore un détail qui change. Monroe n'abuse jamais d'elle. "He's a good guy", c'est un bon gars, elle le dit elle-même.
La première fois qu'ils font l'amour, elle lui fait une petite croix sur sa jambe avec du sang. Cette image qui pourrait paraître glauque m'est restée en tête comme une image gigantesque de la sexualité féminine. Juste cette image raconte beaucoup. Elle demande qu'il prenne une photo d'elle à ce moment-là, pour voir si elle a l'air heureuse. Ils se voient souvent, il est gêné car ce qu'ils font ne rentre pas dans le cadre. Chien et chat. Mais contre toute attente, c'est elle qui a une emprise sur Monroe et non le contraire.

6) Kristen Wiig joue la mère. C'est la première fois que je la vois dans un rôle plus sombre, elle que j'estime être une reine de la comédie comme elle a pu le prouver maintes fois en officiant dans le Saturday Night Live. Ici, elle tient un rôle complexe qu'elle gère à la perfection. Le rôle d'une mère qui se voit cocufiée par sa propre fille. On peut penser qu'elle ne se doute de rien, moi je pense sincèrement qu'elle nie tout. Ça fait trop mal.

7) Deuxième moment qui m'a fouettée : 18:48. Devant son miroir, Minnie se contemple nue. Elle se touche le ventre. Elle se redécouvre. C'est une ado.

8) Deuxième réplique qui m'a fouettée : 21:14 "Monroe says I exude sexuality. Sometimes I look in the mirror and I can't believe what I see."

9) Bel Powley joue Minnie. Bel Powley. Bel Powley. Ces yeux qui me rappellent Emma Stone. Cet air concentré qui me rappelle un peu Odile Vuillemin. Pourquoi m'était-elle inconnue si longtemps? Je découvre Bel Powley. Actrice gigantesque qui nous délivre une performance rare, à mon sens. Elle incarne une jeune adolescente comme n'importe quelle autre (s'ennuie en cours, veut devenir une artiste...) qui découvre le sexe quand elle l'a désiré avec qui elle le désirait. Je repense à cette scène dans le bus où elle enregistre son journal sur une cassette et elle raconte haut et fort devant tous les passagers que Monroe l'a baisée 7 fois pour l'instant, et qu'elle ne pense qu'au sexe. "Monroe was a good lay from what I know in my limited knowledge." Elle n'a peur de rien. Elle le dit plus tard d'ailleurs. Elle ne se trouve pas belle, elle l'assume. Mais elle se voit changer. Au fur et à mesure de l'histoire, elle s'affirme et pour découvrir encore plus elle n'hésite pas à prouver à son amie Kimmie qu'elle peut se faire passer pour une prostituée auprès de deux jeunes garçons et se faire payer 5 dollars la pipe. Mauvaise idée. Ça va loin. Elle recherche. Le plan à trois. Mauvaise idée. "What we did makes me sick, it was so pornographic." La recherche de l'adulte qu'elle pourrait devenir. Le propre de l'adolescence, chacun sa façon de faire.

10) Troisième moment qui m'a fouettée : 22:20, Minnie reçoit des petits mots d'un camarade en classe. Il lui écrit "Write me a note". Elle lui répond la recette des pancakes.

11) Troisième réplique qui m'a fouettée : 29:10 " I wish I knew someone who was happy".

12) Quatrième réplique qui m'a fouettée : 35:03 "I wonder if anybody loves me that I don't know about."

13) Quatrième moment qui m'a fouettée : 50:10. Minnie et sa meilleure amie Kimmie vont assister à une séance du Rocky Horror Picture Show. C'est discret mais nécessaire dans mon coeur. Je suis facilement fouettable.

14) Cinquième moment qui m'a fouettée : 1:12:43. Minnie et Monroe se réconcilient en prenant de l'acide. Scène forte, très bien jouée, qui change absolument tout. Tout s'inverse. Très malin.

Je m'arrête là car je pense avoir écrit la critique la plus chiante de l'univers. C'est même pas une critique. Juste des petites notes. Ça fait déjà beaucoup de bien.

Comme le dit Minnie à la fin, "This is for all the girls when they have grown". C'est pour toutes les filles quand elles ont grandi. Soupir.

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