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Orange mécanique du bourrin jeune et dynamique mais celui qu'a pas peur qui dénonce

Avis sur The Great Ecstasy of Robert Carmichael

Avatar Zogarok
Critique publiée par le

Complètement con mais sait appâter et retenir l'attention, fût-ce à ses dépens. Soutient une vision bien clichée, apocalyptique et paresseuse de la société : voyez cette jeunesse désœuvrée, voyez ces médias (télévision, même les jeux vidéos qui absorbent leur attention !), voyez la drogue, la vulgarité. Il faut montrer les déterminismes, les familles prolétaires. Et bien sûr la propagande et la sévérité politique sont partout – la télé crache du Bush contre l'Iraq.

Par ses façons, le film veut commenter et accuser le monde entier. Mais absorbé par son style et des certitudes floues, il tire aussi brutalement qu'en vain. C'est un essai glauque de nouvel auteur soucieux de cogner, avec une marque certaine quoique voyante plutôt que neuve. Son style est un genre de glaciation à la Haneke (ou certains Chabrol comme La cérémonie) fusionnant avec Larry Clark, ou du Lanthimos (Canine) vivant et engagé, mais aussi simpliste.

En même temps il faut sonner dénonciateur lucide et pas simplement militant borné – ce serait basique ! Alors Great Ecstasy s'applique à esthétiser sans participer, mais quand même en laissant le point de vue des coupables être alimenté, sans soutenir celui éventuel des autres (antagonistes ou voisins). Air connu : réhabilitez ces coupables qui sont des victimes ; les victimes, elles, sont des cyniques qui ont réussi (ou alors mettons tout le monde à égalité sous le règne de la fatalité, surtout si ça essuie les crasses des turbulents) ! Les vingt dernières minutes de violence avec la maison assiégée ne font que traduire et valider en sourdine le ressentiment envers les riches blaireaux de ces petits crétins. On sent bien ces motifs d'agacement (mais l'envie, l'ignominie et la méchanceté sont massivement plus développées) que peuvent inspirer cet environnement ou la starlette en particulier – son discours d'optimiste de l'épanouissement, en mode rêve américain petit format en un contexte [et à une époque] où c'est ouvertement aberrant, mérite probablement une méchante fessée pour le réveiller ; la sanction qu'il récolte en fin de parcours reste délirante en plus de laisser le malaise se proliférer. On nous suggère de trouver des raisons à des crasses dont les cibles n'ont pour tort que d'être plus élégantes jusque dans leurs vices équivalents (égoisme et mauvaise foi).

Naturellement on s'attarde sur le viol [pardonnez, j'ai spoilé le 'grand moment' utile à 'tout remettre en perspective'] en musique (classique) – en bon héritier de Kubrick. Puis on enchaîne avec des images de guerre en archives – car chaque bêtise trouve sa source dans le Mal et la société, les responsabilités n'existent que du côté des plus grands ou des poseurs de limites, ne l'oublions jamais (les autres vivent aussi dans cet espace de semi-décrépitude mais peu importe, apprécions la complexité par le petit bout exclusif brandi par notre malin génie). Ou alors, Loach est rendu à un étage inaccessible, alors tant qu'à faire les auteurs de cette chose se sont fixés pour objectif un reboot d'Orange mécanique – il vaut mieux se crasher de très haut, ça produit davantage de dégâts et comme la digestion est plus lourde, par perplexité ou sur un malentendu on pourrait crier au chef-d’œuvre.

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