Génération paumés

Avis sur The Great Ecstasy of Robert Carmichael

Avatar Fatpooper
Critique publiée par le

C'est quand même marrant de faire des films anti-drogue aujourd'hui. Enfin en même temps j'imagine que c'est normal que ça existe, toutes les opinions sont possibles. Mais je ne sais pas, à voir ce film, j'ai eu l'impression de revenir 60 ans en arrière à l'époque de "Reefer Madness".

Ce n'est pas tellement le message qui m'embête. Chacun est libre de raconter ce qu'il veut. Certains films peuvent s'avérer un peu racistes, ça peut être bien foutu quand même. Je ne sais même pas si c'est un problème d'argument : c'est un film, pas un essai. Même si l'un n'empêche pas l'autre, il n'y a aucun appui scientifique, c'est juste une histoire qui nous montre que la prise de drogue peut avoir de fâcheuses conséquences.

Ce qui me gêne, c'est que l'histoire soit si mince, qu'il n'y ait pas vraiment de développement des personnages. Du coup, cette scène trash à la fin paraît juste inappropriée car gratuite. Je n'ai rien contre la violence ni même la gratuité, mais vu qu'il ne se passe absolument rien d'autre du film... Ce qui gêne aussi, c'est que Thomas Clay pense naïvement être choquant en montrant les choses. S'il est vrai que j'ai ressenti un certain malaise, on est loin d'égaler la suggestion de "Funny games" ou le ton décalé de "Clockwork orange". Ici c'est lourd, ça se veut sérieux et choquant sans qu'il n'y ait aucune réflexion graphique.

Je reproche d'ailleurs les choix de caméra qui sont tous les mêmes (le léger travelling de gauche vers droite), ce qui signifie bien que ça ne veut rien dire, que le réalisateur n'a pas réellement pensé à un point de vue, qu'il se contente d'appliquer une idée pour tout le film. Ce qui résume le problème du scénario d'ailleurs : une seule idée, le reste tant plutôt vide.

Le pire, c'est que Thomas Clay avait la matière pour raconter quelque chose d'un peu plus passionnant. Des personnages intéressants (le professeur un peu pédophile, ces jeunes filles toutes allumeuses, ces ado paumés), un contexte plutôt sympa (ce village paumé, cette fête scolaire, ce romancier qui célèbre son succès en achetant un super poisson) ; d'ailleurs, force est d'admettre qu'il y a des scènes qui donnent envie de poursuivre le film, où on se dit qu'il y a des choses qui peuvent être développée à partir d'un dialogue presque malin.

Mais non, malheureusement, Thomas Clay est obnubilé par son histoire sordide qu'il pense intéressante en soi sans rien développer. Au final, il aurait juste dû réaliser un court-métrage montrant uniquement la scène trash, comme ça il aurait été content et les spectateurs aussi car ils n'auraient pas perdu une heure de temps.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 266 fois
Aucun vote pour le moment

Autres actions de Fatpooper The Great Ecstasy of Robert Carmichael