THE HATE U GIVE : Quel raciste ?

Avis sur The Hate U Give – La Haine qu’on donne

Avatar Pierre de La Forest
Critique publiée par le

Le titre du nouveau film de George Tillman Jr (Notorious B.I.G.) exprime une idée simple sur la violence raciale : la haine que l’on donne, l’autre nous la rend toujours. Contrairement à de nombreux films sur le racisme aux Etats-Unis, celui-ci ne s’inspire pas d’un fait divers en particulier.

L’histoire nous raconte les liens et relations entre la banlieue afro-américaine et la métropole « blanche ». Tout explose lorsqu’un jeune noir se fait tuer par un policier blanc : une histoire vraie à de multiples reprises, pas un fait divers en particulier. Avec cette histoire, toute la question du racisme est étudiée. En effet, le cinéaste nous fait voir les événements par le biais de Starr, une jeune afro-américaine qui habite dans le « ghetto » mais étudie dans un « lycée de blancs ».
À l’ouverture du film, Starr nous explique qu’il y deux « Starrs ». Celle de l’école, et celle du ghetto. Immédiatement, G. Tillman place son film sous l’égide de l’ambiguïté, du doute, du questionnement, et surtout, de la dualité. Il n’y a pas de bons noirs et de mauvais blancs. Pas de mauvais flics et de bons manifestants. Il y a des afro-américains mafieux et d’autres flics vertueux. Et l’inverse.

The Hate U Give est un véritable tour de force qui parvient à ne pas individualiser le racisme. Même si le flic responsable du meurtre est visible, ce personnage est toujours en retrait, et d’ailleurs jamais condamné dans la narration. Ce qui est dénoncé c’est la réaction d’une ado blanche qui profite de la situation pour sécher un contrôle de maths (« because White Lives Matter… »). Ou bien la méfiance extrême du père de Starr à l’égard du blanc. Ou encore la rupture entre deux mondes où « being black » ne signifie pas la même chose. Enfin, l’État, mis face à ses responsabilités dans une scène de manifestation particulièrement saisissante. Les policiers qui repoussent les manifestants pacifiques à l’aide de lacrymogène, le policier qui tire, le noir qui a peur, ne sont pas responsables de ce fléau qu’est le racisme. Il n’est pas question de déresponsabiliser les criminels ni les meurtriers, mais plutôt de souligner qu’ils sont les conséquences et non la cause du problème racial. Problème social dont l’État est le premier responsable.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 242 fois
Aucun vote pour le moment

Autres actions de Pierre de La Forest The Hate U Give – La Haine qu’on donne