The Host, c'est Bong comme le Bong paing !

Avis sur The Host

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Troisième et dernier film de cette petite soirée consacrée (sans préméditation pourtant) à la Corée du Sud.
Deuxième d'affilée réalisé par Bong Joon-ho, troisième en tout, il conclut de manière fort agréable, sinon magistrale, un début en demi-teinte avec Poetry.

Changement de décor, même si on reste dans un mélange des genres visiblement cher au monsieur.
Ici, ce sera donc le film "de monstre" conjugué à une sorte de road-movie à la Little Miss Sunshine.
On suit en effet une famille bien barrée, dont le cheminement sera tant physique que spirituel.

Pour être un excellent opus, The Host est le Joon-ho que j'ai le moins apprécié, et je pense que l'une des raisons en est assez simple.
Là où les deux autres se concentrent sur l'aspect humain uniquement, celui-ci doit composer avec les effets spéciaux inhérents au genre, surtout que le parti pris de montrer la bête dès le début, et sans le moindre artifice, ne permet pas de masquer les imperfections techniques.
Du coup le moindre défaut saute aux yeux et, si on le pardonne largement en raison de la qualité ambiante, ça ne peut qu'influer sur l'impression finale.

Toujours est-il que l'humour reste omniprésent, mêlé, comme souvent dans le cinéma sud-coréen semble-t-il, à des thématiques bien plus sombres et profondes.
J'espère qu'on retrouvera un jour chez nous cette capacité au burlesque sans basculer dans le ridicule.

Dynamique, le film montre, comme je le disais plus haut, le fameux monstre dès les premières minutes, et la classique scène d'hystérie collective incontournable dans le genre, fort bien menée, un peu comme si on voulait s'en débarrasser malgré tout.
Une fois ceci passé, se monte un jeu de piste angoissant (je passe volontairement sous silence l'objet de cette recherche bien sûr), entrecoupé de quelques situations humoristiques, avec en toile de fond la reconstruction émotionnelle de la famille que l'on suit.
Rien n'est jamais simple chez Joon-ho et en parallèle de ces retrouvailles, vont se greffer des pertes tragiques.
Là non plus je n'en dis pas davantage.

Ce qui frappe c'est le côté très "fuite en avant", on n'a jamais réellement le temps de s'arrêter sur les évènements importants et on retient son souffle jusqu'à la conclusion du film, elle aussi un peu en contrepied de nos canons habituels occidentaux.
Je ne peux que vous renvoyer vers l'excellente critique de @Before-Sunrise pour une analyse du film en seconde lecture, qui recèle je pense des éléments tout à fait pertinents et dont je partage une grande partie des hypothèses.

Pas d'hésitation donc, une très bonne bobine.

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