Et n’oubliez pas de tirer la chasse.

Avis sur The Human Centipede

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Ayant récemment écrit une critique sur le film m’ayant le plus marqué dans le bon sens du terme, à savoir le mythique et irremplaçable Salò de Pier Paolo Pasolini, il me tenait à cœur d’en écrire une sur celui qui m’avait le plus marqué dans le MAUVAIS sens du terme. Et ça tombe bien, il y a des histoires de cacas dans les deux.

The Human Centipede, c’est une trilogie de films (Volumes 1, 2 et 3) où les protagonistes créent des mille-pattes humains géants, en reliant de pauvres bougres anus à bouches, et ce uniquement par fantasme, voir par punition dans le volume 3. Le tout avec quelques actes sexuels sadistico-whadefuck ici et là, histoire de.
C’est tout.

Pour être claire : c’est bien la trilogie toute entière à laquelle j’attribue une note, sinon je mettrais volontiers des notes en dessous de 0 aux volumes 2 et 3.

Si encore les films avaient un certain esthétisme… si encore ils étaient distrayants… pourquoi pas ? Chaque cinéphile digne de ce nom sait qu’un « bon » nanar avec un concept bien barré, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval.
Mais la réalisation est absolument quelconque, le jeu est nul, le fond (!) est porté disparu. Il n'y a absolument aucune vraie folie, ni sur le fond ni sur la forme, et même le pitch n’est pas si dingue que ça. L’attrait pourrait éventuellement résider dans le personnage du Dr Heiter, ou même celui de Martin. L’un exultant un certain charisme farfelu, et l’autre une no-life-ittude dégueulasse (Celui-là, je suis bien obligée d’avouer que si je le croise un jour dans un parking sous-terrain, je fais une crise cardiaque).

Tom Six, c’est un pauvre type qui a rempli sa piscine gonflable minable à 9,99€ avec un mélange de sang, de sperme et de merde… qui a joyeusement barbotté dedans à coup de « areuh areuh », ET qui a en plus le toupet de braquer la caméra sur lui pour nous expliquer avec une arrogance inouïe que ses films à lui, ce sont les « plus mieux » de toute l’histoire du Cinéma. Comprenez par-là, les plus trash, les plus "choquants", etc.

Sauf que je ne vois pas qui pourrait être choqué, ni même pourquoi.

Autant j’affectionne beaucoup l’Art subversif sous toutes ses formes, autant l’Art transgressif devrait vraiment aller se cacher au fond de ces cuvettes de chiottes qu’il semble tant affectionner. La surenchère gratuite de trash n’apportera jamais rien à une quelconque forme d’expression artistique, que ce soit au Cinéma ou ailleurs, que soit aujourd’hui ou dans 3000 ans. C’est bien dans des cas comme celui de Human Centipede qu’on a envie de détourner la fameuse citation de Rabelais : « Cinéma sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

Un petit détour du côté de notre ami le Dictionnaire s’impose.
Transgressif : Ne se conforme pas à une attitude courante/naturelle, progresse aux dépens d'autre chose, dépasse une limite
Subversif : Qui est de nature à troubler ou à renverser l'ordre social ou politique, qui soutient des idées menaçant l'ordre social

Exemples :
Un homme A qui aime collectionner ses étrons dans des petites boîtes en verre pour les exposer dans un musée, tout en expliquant aux badauds que tout ça est une interprétation de la décadence de la matière organique ou que sais-je… c’est un transgressif.
Un homme B (qui déteste l’Art de monsieur A, au passage) qui exige que toute modification de la constitution soit systématiquement soumise à un référendum… c’est un subversif.

Traduction :
L’un des deux hommes fait chier les institutions politiques et le Medef. Tandis que l’autre les amuse… quand il ne leur pond pas (au sens premier du terme), tout chauds sortis du four, des outils d’investissement non imposables. Saurez-vous deviner lequel est qui?

D’après Wikipédia, Tom Six aurait été profondément marqué par Salò de Pasolini, durant sa jeunesse.
Et bien the Human Centipede, c’est précisément l’anti-Salò.
C’est une injure aux véritables artistes qui se sont servi de la violence et de l’horreur pour véhiculer une sensibilité particulière, une conviction, voir même une idéologie sociale ou politique.
The Human Centipede, c’est de l’anti-Cinéma.
The Human Centipede, c’est surtout un outrage à l’Humanité.

Tom Six veut être un des « grands » du monde cinématographique, celui dont on se souviendra car il aura réalisé les films « les plus mieux bla bla bla » ? Je lui conseille vivement de se reconvertir d’urgence dans la pornographie Japonaise, où il pourrait éventuellement y avoir un marché pour lui.
Sinon, lui et ses films finiront bien vite là où ils le méritent : dans les égouts du Cinéma.

Et n’oubliez pas de tirer la chasse.

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