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The Human Centipede II (Full Sequence)

Avatar Miloon
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En lançant le premier, j'avais eu un doute. Est-ce que je n'avais pas fait l'acquisition d'un épisode de "Derrick" repiqué d'une vieille cassette au lieu de "The Human Centipede" ? Dans le doute (et parce que j'avais la flemme de me relever de mon canapé), j'ai laissé tourner la bande (spéciale dédicace aux jeunes qui n'ont pas connu les VHS, mes pauvres).

"The Human Centipede" avait d'intéressant que jamais on n'avait à faire à des images trop choquantes. On comprend que le Dr Heiter fait des expériences qui vont au-delà de l'insertion d'un Mentos dans une bouteille de Coca en voyant la photographie de son/ses chien/s. Pour ce qui est de l'opération dont on voit le résultat sur l'affiche du film, c'est la même chose. Le Dr Heiter fait un petit exposé avec des diapositives pour expliquer à ses trois invités, mais aussi aux spectateurs, ce qui va se passer. A aucun moment on ne voit l'opération en elle-même. Et lorsque les trois touristes sont reliés les uns aux autres, d'habiles tissus blancs, servant à maintenir les wagons du petit train, sont à la fois utiles pour montrer le caractère chirurgical et propre de l'artiste mais aussi pour subtiliser ce que nous, on serait bien curieux de voir (avoue que t'as eu envie une petite seconde se savoir comment c'était fait).

Evidemment, il y a cette fameuse scène, qui rend fou de bonheur le chirurgien, où la tête de train va faire caca dans la bouche du wagon du milieu. Tout est suggéré. L'acteur joue bien son rôle en mimant à la perfection quelqu'un qui fait caca (un vrai travail d'acteur qui nécessitait sûrement des années de préparation. Autant dire qu'Akihiro Kitamura était né pour jouer ce rôle).

Malheureusement, dans le second, je n'allais pas retrouver ce qui m'avait convaincu dans le premier.

[Cette introduction répond donc à Guilhem qui se demandait si le premier était vraiment à chier. D'après moi, le premier est mieux que le second. Maintenant, passons aux choses sérieuses...]

Même doute en lançant "The Human Centipede II", est-ce qu'on ne se serait pas fait pigeonner avec un trailer du premier en boucle et en noir et blanc ? Papa Noël bénisse nos âmes de feignasses car c'est au bout de 2min40 (c'est long) qu'apparaît Martin dans la véritable première scène du second chapitre.

Martin est encore mieux (ou pire) que le Dr Heiter ; en plus d'avoir une gueule, il a un corps, un physique, des mimiques qui suintent le grotesque, le laid et le malsain. Très rapidement, on comprend qu'il n'est pas là pour être mignon (en effet, c'est foutu) et qu'il se sert de son emploi de gardien de parking pour recruter ses nouveaux amis qui l'aideront à réaliser son rêve : réaliser un mille-pattes humain composé de 12 personnes.

Mais alors, on n'en est même pas à la cinquième minute du film que déjà, c'est le bordel. Martin vient juste de finir de mater le premier opus sur son ordinateur portable et déjà, il tire dans un parking sur un couple, personne ne semble s'en inquiéter, le parking est bien sur désert, tout va bien. Dans le même temps, alors que la jeune femme est toujours consciente après s'être pris une balle dans la jambe, Martin l'anesthésie en lui collant un pied de biche dans la tronche. Il y a du sang partout, la nana survit. Tout est crédible. Tout va bien. Ca annonce de belles scènes de boucherie.

Après cette scène magique, on constate que Martin, en plus d'être minuscule, gros, pas très beau et fâché avec la parole, est asthmatique. Décidément, il ne part pas gagnant dans la vie. Mais déjà, on est rassuré sur une chose. Défoncer la tronche de son prochain ne lui est pas venu comme une envie de pisser car visiblement, c'est un grand fan du film. Ce n'est donc pas la première fois qu'il le voit. Pour ma défense, relisez le paragraphe précédent, à mon sens, ça n'aurait pas été plus choquant que ça.

Voilà ensuite la scène où Martin va prendre possession d'une sorte d'entrepôt en tuant le propriétaire (vilain monsieur qui l'avait insulté, il l'avait mérité !). On sent que c'est la totale improvisation, le mec kidnappe les gens et cherchent ensuite un local pour les séquestrer. On est en présence du plus grand génie du mal de notre temps.

Après avoir déchargé sa camionnette de ses nouveaux copains, Martin les met à l'aise en leur découpant les vêtements, leur remettant un petit coup de pied de biche dans la tête, tout en écoutant son répondeur. Pour appâter les stars du film, il a fait croire à leurs agents que Tarantino voulait les rencontrer. Bon, apparemment, il essuie un premier refus mais cela ne semble pas le décourager puisqu'il continue de s'occuper de ses convives. Quel hôte charmant !

Allez, après une journée aussi productive que celle-ci, on file à la maison ! Et Martin ne vit pas seul ! Il vit avec Maman. Celle-ci en a visiblement plein son cul de le voir traîner à la maison. Elle s'inquiète aussi parce que Martin est un peu limité dans sa tête. Heureusement, elle a pris l'initiative de demander au médecin de famille (et fin psychologue, quelle chance !) de venir à la maison pour parler un peu avec Martin. Et pour lui parler de son enfance violée par son papa, rien de mieux qu'un médecin pédophile, c'est bien connu ! Devant Maman, les larmes aux yeux, le médecin tripote la cuisse du petit Martin qui ne semble pas trop apprécier les élans de familiarité du vieux barbu. Après une analyse complètement moisie de la fascination de Martin pour les mille-pattes, Docteur Pedophile s'en va, laissant tout le loisir à Maman et Martin de passer à table.

Martin n'a vraiment pas de bol. En plus d'avoir eu un père trop aimant, une mère chiante et un médecin aux fantasmes visiblement assumés, il doit se farcir un voisin hyper bourrin qui écoute de la mauvaise musique avec les basses à fond. Enfin lui, visiblement, il s'en fout, mais ça rend sa mère encore plus de mauvaise humeur. Avec ses bigoudis sur la tête (si on tape pas dans le stéréotype de la vieille chouette avec ça), elle empoigne son balais et tambourine au plafond. Le voisin bourrin, plutôt que de s'en foutre et de mettre la musique très fort, va jusque descendre, sonner et demander qui a quelque chose à redire au volume de sa musique. Maman (qui est son nom dans la vie civile mais en réalité, c'est Captain Courage sa véritable identité) pointe du doigt son charmant fiston qui se prend une grosse branlée par le voisin bourrin. Le soutien de Maman, tu peux te le foutre au cul. Elle s'est barré dans la pièce d'à côté pour regarder "Des chiffres et des lettres".
On aurait presque de la sympathie pour le pauvre Martin. S'il avait eu plus de chance, il aurait pu être fan de Slumdog Millionnaire, tout faire pour devenir riche et se barrer de son trou à rats mais non, il a choisi un film où son héros meurt à la fin. Il est vraiment sur la pente de la lose.

De retour dans son parking, Martin tire sur une voiture. Il agit en vrai ninja. Y'a du sang partout dans l'allée mais tout le monde s'en fout. Lui, en tous cas, il s'en fout, il a décroché le jackpot ! Une femme enceinte, son mari et un gamin. Martin a visiblement hérité du sens moral et du courage de sa mère. Vous allez sans doute être déçu mais le gamin, il va le laisser tout seul dans la bagnole, comme un chien qu'on attache à un poteau avant de se barrer en vacances.

D'ailleurs, il est temps de s'accorder un peu de réconfort. Avec du papier de verre, il va copieusement s'astiquer en rematant les scènes où le petit train fait tchou-tchou pour la première fois dans le salon du Dr Heiter. Pas de bol pour les deux greluches de service qui le surprennent en pleine action en ricanant comme des connes, c'est un rapide. Et hop ! Embarquées les deux connasses !
En parlant de connasse, une des actrices du premier film aurait du engager meilleur agent. Martin reçoit un coup de fil qui confirme la venue d'Ashlynn Yennie à Londres pour le tournage du nouveau Tarantino. Elle en a de la chance la petite Ashlynn !

De retour chez lui, Martin surprend sa mère en train de poignarder son lit. Ca, c'est vraiment pas de bol. Martin n'a pas l'air plus surpris que ça et allait se repieuter quand sa mère se met à se mutiler, bousillant la moquette de la piaule. Là, on ne sait pas trop pourquoi, elle se dit qu'elle fouillerait bien entre les matelas de son fils, c'est vraiment le moment. Elle y découvre l'album panini de "The Human Centipede" que son fils s'évertue de compléter (mais c'est dur, ses amis sont tous dans un entrepôt avec la tête défoncée) et est choquée. Elle le détruit sous les yeux de Martin qui en a le coeur brisé. Heureusement qu'elle n'a pas déchiré la sublime photo du Dr Heiter. Le retrouvant parmi les nombreuses pages arrachées lui redonne du courage. Après un câlin avec la photo, Martin s'habille. Il est prêt. Là, ça va chier.

Il suit sa mère, prend son mille-patte de compagnie (un vrai qui est dans le salon, pas celui qui est dans l'entrepôt) et le jette au visage de sa mère (t'imagine le mec jeter 12 mecs attachés entre eux à la tête d'une vieille ?). La mère subit la piqûre de la bestiole et nous offre une scène de douleur aussi crédible que Christophe Lambert dans une scène d'intense réflexion. Martin en a plein le cul de son jeu de merde et lui défonce le crâne avec son pied de biche. Bien élevé, il l'emmène ensuite à table avec lui pour prendre son repas. Confronté de nouveau à la musique de sauvage du voisin bourrin, il décide de remplacer sa mère, désormais incapable de jouer de son balais pour provoquer le voisin, et se met à frapper au plafond. Comme on s'en doutait, le voisin débarque, tombe nez à vide (parce qu'elle n'a plus de nez en fait) avec la Maman de Martin et ne trouve d'autre mot qu'un "fuck" pour exprimer sa surprise. Martin en profite pour lui tirer dessus (Là non plus, ça n'alerte personne. Ni le voisinage, ni les passants, non non, personne n'a rien entendu.) pour ensuite l'anesthésier avec son outil préféré.

Cette fois-ci, libéré de sa mère, de son voisin, de son album panini (il se rend compte que c'est fichu, jamais il n'arrivera à le terminer), il prend ses outils pour passer à la phase confection de son travail.

Mais avant toute chose, il repasse quand même au parking (cet homme a une conscience professionnelle à toute épreuve, ça fait plaisir à voir). Là-bas, il va retrouver Docteur Pedophile qui se fait joyeusement sucer par une pute dans une bagnole pendant qu'un mec leur tape la conversation à l'avant (le sommet de la classe). On se réjouissait en se demandant où Martin allait placer le docteur dans son petit train mais pas de chance, le docteur l'a trop énervé, il est puni, il ne jouera pas à "bouffe-moi le cul".

Avant de retourner à l'entrepôt, il reçoit un coup de fil le prévenant de l'arrivée de l'actrice du film à Londres. Couvert de sang, les copains dans le coffre, sans pitié, il passe la chercher. Pas un seul moment la nana se dit "ça pue, j'y vais pas". Elle va même jusqu'à se dire "tiens, la mercedes toute pourrie des années get'up, garée devant l'entrepôt, c'est sûrement la bagnole de Tarantino". Tu te trompes jeune fille, en réalité, Tarantino conduit une voiturette sans permis.

Maintenant que l'invitée d'honneur est arrivée, il ne reste plus qu'à lancer les festivités. Tous les convives ont été sage pendant l'absence de Martin et sont restés à la queue leu leu. Même la femme enceinte qui n'est même pas attachée. Martin se décide à sortir ses outils de travail (sûrement les outils de bricolage de son père). Avant de commencer, il va encore administrer des coups de pied de biche dans la gueule de tout le monde pour les endormir. Il va commencer par enlever les dents avec un marteau. Manque de bol, pendant qu'il bosse, il se rend compte que la femme enceinte n'est plus opérationnelle. Il la fout donc dans un coin avec les autres personnes qu'il a tué et il la recouvre d'une bâche. Pour se changer les idées, il passe à l'intervention au niveau des genoux. Là, c'est crade. Le mec va chercher un tendon sous le genou, le chope avec les doigt, tire fort pour couper et relâche tout. Il passe ensuite aux fesses mais là encore, il n'a pas de chance, y'en a un autre qui rend l'âme. Pas découragé pour autant, il poursuit en agrafant des lèvres à des fesses avant de scotcher le tout comme un barbare pour que ça tienne bien. On est loin du linge blanc immaculé du Dr Heiter.

Maintenant qu'il a fini d'assembler les pièces de son puzzle, Martin s'amuse un peu avec son petit train. Il le fait avancer autour de lui, le menaçant avec son pied de biche. Il sourit, il est heureux, il est comblé. Mais ce qu'il y a de bien avec ce petit train, c'est que c'est comme un animal de compagnie, on peut lui donner à manger. Manque de bol, Ashlynn Yennie est assez contrariée après avoir réalisé que la vieille mercedes n'était pas à Tarantino et se lance dans une grève de la faim. Martin n'est pas content. Heureusement, il avait été très inspiré, un soir de décembre, en regardant un documentaire sur le gavage d'oie. De ce fait, il avait pensé à prendre un gros tube et un entonnoir ! Quelle chance ! L'actrice n'allait pas mourir de faim et il allait bien prendre soin d'elle.

Par contre, y'a quand même un truc qui est très con. Martin arrache la langue d'Ashlynn mais il ne vient qu'un tout petit bout de langue. Or, le morceau est aussi gros que celui que Kakihara se coupe dans Koroshya Ichi. Et pis merde, quand on va chez Carrefour, au rayon boucherie, les langues qu'il y a sous cellophane, elles sont entières et énormes. Rien à voir avec le petit morceau supposément arraché. Moi, il m'aurait semblé que tout serait venu avec... M'enfin bon, on n'est plus à un truc curieux près.

En plus de pouvoir nourrir son petit train, on peut lui faire faire des pets ou faire faire caca. Pour accélérer le processus, Martin va faire des chatouilles à chacun. Visiblement pas très motivés, Martin, qui a vraiment pensé à tout, leur injecte une dose de laxatif dans les fesses. S'en suit un festival de pets, de jets de chiasse, de projection de morceaux de caca. Mais, forcément, ça ne sent pas très bon. Tel un Simon Jeremy envahi par le bonheur, la joie, l'accomplissement, Martin s'en va gerber contre un mur. Il va trouver du réconfort en allant faire un câlin au dernier cul de son mille-pattes et c'est pile à ce moment-là que TATAM ! la femme enceinte se relève ! Parce qu'en fait, elle n'était pas morte ! Donc elle se lève après une grosse sieste, se dirige à poil jusque la voiture de Tarantino qui avait laissé les clefs sur le contact, accouche dans la bagnole sous les yeux de Martin (qui l'avait suivi mais qui n'avait pas pris son pied de biche pour défoncer la vitre et le crâne de la dame).

L'instant le plus magique du film restera quand même le moment où la mère éclate la tronche de son nouveau né avec la pédale de l'accélérateur en hurlant comme une barbare et s'enfuit.
C'est à dire qu'à aucun moment, elle aurait pu faire un truc pareil... Ca doit être l'adrénaline de la mise à bas je pense.

En plus d'avoir perdu la femme enceinte, quand il regagne l'entrepôt, Martin constate avec effroi (oui, avec effroi) que son mille-pattes s'est scindé en deux. Ouh là là, la colère est grande et il décide d'euthanasier l'animal. Il s'en prend d'abord à l'arrière pendant qu'Ashlynn, chef de la partie avant, se dirige vers la lumière de la pièce et l'éteint. Mais pour quoi faire ? Pourquoi tu t'es cassé le cul, les genoux, le dos et les bras pour éteindre cette putain de lampe ?
Pour faire un effet de surprise et balancer le bocal du mille-pattes (la bestiole) dans la tronche de Martin (genre, ils sont incapables de se déplacer plus rapidement qu'un escargot, sauf ici). Manque de bol, elle ne sait pas viser (c'est très con, en effet). Elle est mignonne, elle essaie quand même de s'enfuir. Mais Martin vide le chargeur de son flingue (il lui restait deux balles) sur les parties arrières et utilise son couteau pour découper la gorge des autres (ça, c'est vraiment ballot).
Reste encore à faire ses adieux à Ashlynn, sans qui rien de tout ceci n'aurait été possible, admettons-le. C'est dur pour lui, il a envie de lui faire un câlin mais elle, elle est un peu garce, elle lui fout ses poings dans son pénis. Il s'étale par terre comme une merde et par chance ("oh bah ça, ça tombe bien alors !"), il lui offre une vision directe sur son trou de balle. Par chance ("oh bah ça...", bon ok), y'avait l'entonnoir à portée de main (l'entrepôt est immense, c'est tout à fait probable). Par chance (vous connaissez la musique), le mille-pattes passait par là (même remarque sur les dimensions de l'entrepôt que précédemment) et là, Martin devient le premier homme à avoir un mille-pattes dans le cul.

Fin du film : il se tort de douleur et se casse de l'entrepôt en laissant l'actrice comme une merde. Scène finale : on revoit la première scène où apparaît Martin au début du film, lorsqu'il a fini de regarder "The Human Centipede" dans son local de surveillance.

Comme dirait le Docteur Zoidberg :

Franchement, tous, ils méritent ce qui leur arrive. A aucun moment ils essaient de s'échapper. Ils bougent même pas. Le mec s'absente pendant des heures et quand il revient, ils sont toujours en file indienne à l'endroit exact où il les a positionné avant de se barrer...

--- vers blog avec de chouettes photos pour illustrer et tout <3

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